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Décès de la dessinatrice Claire Bretécher, mère d'"Agrippine" et des "Frustrés"

Claire Bretécher, le 26 janvier 2002, au festival international de la bande dessinée d'Angoulême.
Claire Bretécher, le 26 janvier 2002, au festival international de la bande dessinée d'Angoulême. AFP - DERRICK CEYRAC

Autrice et dessinatrice, créatrice des personnages d'"Agrippine" et des "Frustrés", Claire Bretécher est morte à l'âge de 79 ans. L'écrivain Roland Barthes l'avait baptisée la "sociologue de l'année", pour son observation acérée des petites angoisses et des grands travers de la société.

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Adolescentes geignardes, bourgeois petits intellos, couples lessivés de fatigue et parents faussement cool, les anti-héros de Claire Bretécher ont perdu leur créatrice. L'illustratrice, autrice de dessins humoristiques et de bande dessinée est décédée, annoncent mardi 11 février les éditions Dargaud et le journal L’Obs, qui a publié ses personnages les plus célèbres, "Les Frustrés" et "Agrippine".

Claire Bretécher a reçu la reconnaissance de ses pairs dès 1982, avec le Grand prix d'Angoulême pour l'ensemble de son œuvre, avant même de connaître le succès avec son personnage "Agrippine", dont le dernier album a paru en 2009. Six ans plus tard, son travail a fait l'objet d'une exposition rétrospective à la Bibliothèque publique d'information du Centre Beaubourg, à Paris. "C'est plus facile de dessiner des femmes, et je ne sais pas faire manœuvrer des hommes", répond-elle alors, quand on lui demande si elle est féministe. Pas donneuse de leçon, pas théoricienne, Claire Bretécher observait avant tout.

Née à Nantes le 17 avril 1940, Claire Bretécher a fait ses débuts professionnels dans la presse jeunesse franco-belge des années 1960, puis dessine "Cellulite" dans la revue Pilote. Elle co-fonde L'Écho des savanes en 1972. C'est dans Le Nouvel Observateur que Claire Bretécher trouve un large public, au-delà des lecteurs de bandes dessinées, avec la série de gags intitulée "Les Frustrés", que l'autrice publie ensuite dans des albums auto-édités. En 1982, elle reçoit le grand prix spécial du festival d’Angoulême, figurant parmi les trois seules femmes à recevoir cette distinction dans l'univers très masculin de la bande dessinée.

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Peuplé de personnages fragiles, en rébellion factice avec le monde, l'univers inventé par Claire Bretécher est alors singulièrement piquant pour la bourgeoisie de gauche. "Claire Bretécher va imposer un style, un ton, un regard décalé d’une originalité totale. Observatrice détachée (vraiment très détachée) de son époque, elle en croque les travers avec une immense autodérision", écrivent les éditions Dargaud dans un communiqué publié ce mardi 11 février. "Au point qu’en 1976, Roland Barthes dira qu’elle est la 'sociologue de l’année'. [...] Son humour et sa liberté d’esprit étaient immenses, ils manqueront à tous ses lecteurs, ils nous manquent déjà."

Elle continue à se faire la sociologue ironique des classes moyennes supérieures urbaines en consacrant des albums à la maternité, à la médecine, au tourisme. Puis vient le succès d'"Agrippine", personnage d'adolescente créé en 1988, et qui concentre les travers d'une lycéenne dans une famille aisée et parisienne.

En 2006, Claire Bretécher finit par céder son catalogue aux éditions Dargaud. Outre la bande dessinée, Claire Bretécher a pratiqué la peinture, surtout des portraits de ses proches, notamment son compagnon Guy Carcassone, professeur de droit constitutionnel. Ces oeuvres sont assemblées dans trois recueils : "Portraits" (Denöel, 1983),  "Moments de lassitude" (Hyphen, 1999), "Portraits sentimentaux" (La Martinière, 2004). 

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