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Macron veut apaiser une majorité éprouvée

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Paris (AFP)

Emmanuel Macron vise l'apaisement en recevant mardi soir les députés de sa majorité, blessés par l'épisode du congé pour deuil d'enfant, et en butte au retour d'une hostilité parfois violente sur le terrain, sur fond de réforme des retraites.

Après le tollé suscité par leur refus d'allonger ce congé à douze jours, les députés LREM tentent de leur côté de reprendre la main: ils proposent mardi de le porter à trois semaines pour tous les actifs, contre cinq jours actuellement, a annoncé le député de Paris Mounir Mahjoubi sur Sud Radio.

Ce sera un "plan global" mêlant aussi "accompagnement" psychologique et financier, bien au-delà de la proposition UDI-Agir initiale d'un simple allongement du congé, qui était jugée "mal ficelée" par la majorité.

Prévue à 20H00, la rencontre des députés LREM, MoDem et Agir avec le président et le ministre chargé des Relations avec le Parlement Marc Fesneau sera "un échange direct". Elle était, selon l'Elysée, programmée bien avant le couac du congé pour deuil d'enfant.

Mais la polémique a cristallisé un ressentiment à l'égard de l'exécutif, d'une ampleur inédite depuis le début du quinquennat, de la part de députés de la majorité déjà éprouvés dans leurs circonscriptions par le climat de tension ravivé par la réforme des retraites.

L'appel d'Emmanuel Macron à faire preuve d'"humanité" a ainsi été perçu comme un reproche injuste par des élus LREM qui n'avaient fait qu'appliquer la consigne gouvernementale de rejeter l'amendement allongeant le congé.

"Il n'y a pas de cassure" entre le chef de l'Etat et sa majorité, veut croire le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), tandis que l'Elysée martèle le mot d'ordre "unité et cohésion".

Selon une élue, l'épisode du congé pour deuil a créé "un précédent dans les relations entre la majorité et l'exécutif" qui va "laisser des traces assez durables dans le groupe".

Un membre du gouvernement reconnaît que les députés "ont eu le sentiment qu'on a sali leur honneur". "Ils avaient cru bien faire et ont donc très mal réagi au message du président", dit-il en soulignant que les reproches à l'encontre du chef de l'Etat sont "une première en deux ans et demi de mandat".

Selon lui, "la réunion de mardi doit être un moment important de réarrimage" entre des élus se sentant souvent délaissés et un président qu'ils jugent trop peu accessible.

- "Ordre de marche" -

C'est la troisième fois seulement depuis le début du quinquennat que le chef de l'Etat les convie à l'Elysée.

"Il y a besoin de rapprocher les points de vue, de discuter, de percer peut-être des abcès qui se sont créés à cause de maladresses de chaque côté", estime la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault.

Les élus Marcheurs recherchent d'autant plus l'appui de leur chef que les municipales s'annoncent difficiles et qu'ils subissent, en première ligne, une opposition souvent féroce en défendant sa politique.

Cibles depuis les "gilets jaunes" d'un sentiment anti-Macron exacerbé par la réforme des retraites, plusieurs d'entre eux ont subi insultes, dégradations de leur permanence, voire agressions.

Mais si l'invitation à l'Elysée aura une part de "câlinothérapie", comme l'anticipe Jacqueline Gourault, elle pourrait aussi s’accompagner d'un rappel à la discipline: le chef de l'Etat n'aime ni les dissensions, ni les reproches, ni les plaintes de ces nouveaux élus qui lui doivent tout, estime un observateur.

Lors d'une réunion similaire en septembre, Emmanuel Macron les avait tancés sans ménagement en leur reprochant de ne pas aller suffisamment sur le terrain. Et sur le fond, il leur avait demandé de regarder le sujet de l'immigration "en face". Un ton durci qui avait mis mal à l'aise des Marcheurs issus de la gauche.

"Le discours peut ne pas être bien reçu. En septembre ça avait été deux minutes de câlinothérapie et trois quarts d'heure à nous houspiller", résume un parlementaire.

Un cadre LREM confirme. Emmanuel Macron "va remettre les choses en ordre de marche", il "aura sans doute un message sur les départs du groupe - dont plusieurs élus ont récemment claqué la porte - et un volet discipline: +n'oubliez pas d'où vous venez, comment vous êtes devenus députés et où la division mène+".

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