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REPORTAGE

Primaires démocrates : au New Hampshire, les candidats montrent les crocs

Joe Biden en meeting à Manchester, dans le New Hampshire, le 10 février 2020.
Joe Biden en meeting à Manchester, dans le New Hampshire, le 10 février 2020. REUTERS - CARLOS BARRIA

Bien qu’ils aient promis de ne pas s’attaquer personnellement, les candidats démocrates sont de plus en plus agressifs à l'approche du verdict des électeurs du New Hampshire, mardi. Joe Biden doit à tout prix remonter la pente, tandis que Pete Buttigieg, la jeune figure qui monte, est attaqué de toutes parts. Bernie Sanders, lui, part favori dans cet État qui lui est traditionnellement acquis.

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Une semaine après le fiasco des caucus de l’Iowa, l’heure est à la première primaire démocrate dans le petit État enneigé du New Hampshire, dans le nord-est des États-Unis. Les habitants y ont tendance à privilégier les candidats élus dans les États voisins. Si bien que Bernie Sanders, sénateur du Vermont, est le favori de ce scrutin, mardi 11 février.

Le socialiste avait déjà remporté cet État avec près de 60 % des voix face à Hillary Clinton en 2016. Cette fois, le vote promet d’être davantage dispersé entre les différents prétendants. "Je serais surpris s’il obtenait plus de 30 % des voix", pronostique Dante Scala, politologue à l’université du New Hampshire.

Sur le parking arrière d’un centre commercial, lundi, dans la petite ville de Hudson, Bernie Sanders semblait confiant. "Nous avons frappé à 20 % des portes du New Hampshire rien que samedi", s’est-il félicité auprès de la foule de supporters venus le soutenir. "Le soutien à sa campagne – des jeunes très progressistes – s’est révélé durable depuis 2016", note l’universitaire Dante Scala. "Sa base est très enthousiaste, contrairement à d’autres candidats comme Joe Biden."

Ce dernier a reçu une claque dans l’Iowa en arrivant à la quatrième place, alors qu’il était donné au coude-à-coude avec Bernie Sanders. "Le moral n’est pas au top, concède Steven Murphy, un supporter de 53 ans venu le voir à Manchester, lundi. La journée de mardi sera importante pour prendre le pouls du reste du pays."

Pour l’universitaire Dante Scala, "les deux dernières semaines de Joe Biden ont été très difficiles. [...] Il avait énormément misé sur l’Iowa, or cela n’a pas payé. Les électeurs ne pensent plus qu’il est le plus à même d’être élu. S’il finit cinquième dans le New Hampshire, cela sera très, très embarrassant."

Publicité négative

Résultat : le septuagénaire montre les crocs. Dépassé dans l’Iowa par le jeune modéré Pete Buttigieg, Joe Biden a diffusé ce week-end une publicité négative à son encontre. "Il avait juré de ne jamais attaquer un autre candidat", rappelle pourtant Dante Scala. Dans la vidéo, Joe Biden compare son expérience de vice-président de Barack Obama à celle de l’ex-maire de South Bend. Réparer l’éclairage des ponts municipaux est certes moins glorieux que rencontrer les grands dirigeants mondiaux.

Chez ses partisans, la réaction est mitigée. "C’est décevant", juge Kate Brogen, 49 ans. Cette mère de famille espère voir une gauche unie derrière celui qui sera investi cet été. 

 

"Les démocrates ne peuvent pas se permettre ce genre de divisions face à Trump", surenchérit Rachel Chase, 44 ans. Toutes les deux sont venues voir Joe Biden à Manchester lundi. Si le candidat s’est montré plus dynamique sur scène que dans l’Iowa, la foule, bien plus âgée que chez Bernie Sanders ou Pete Buttigieg, reste moins enthousiaste.

Pour son dernier meeting avant le jour J, Pete Buttigieg a dégainé un soutien glamour : Kevin Costner. L’acteur est venu chauffer la salle lundi soir, dans la petite ville d’Exeter.

Défiance

Objectif des candidats démocrates : convaincre le plus d’électeurs indécis. "Je vois ici des futurs anciens républicains qui sont les bienvenus chez nous", a lancé Pete Buttigieg. Ces derniers jours, il n’hésite plus à nommer directement ses adversaires. "Contrairement à Bernie Sanders, je crains que certains d’entre nous ne trouvent pas leur place lorsqu’il s’agit de choisir révolution ou statu quo", a-t-il continué. Lui appelle à une troisième voie, plus modérée.

Eileen, venue voir Pete Buttigieg avec sa fille Sophia, apprécie la modernité et le centrisme du candidat. "Il nous faut du sang neuf, mais aussi quelqu’un qui brasse large", explique-t-elle. Si Bernie Sanders venait à remporter l’investiture cet été, la quinquagénaire n’arriverait pas à se résoudre à voter pour lui. Même face à Donald Trump. "Je mettrais quand même le nom de Pete Buttigieg sur mon bulletin", concède-t-elle.

La même défiance se retrouve du côté des partisans de Bernie Sanders. Bailey Finn, 20 ans, assure qu’il votera pour le vainqueur démocrate, quel qu’il soit. Mais il montre déjà des signes d’agacement après l’épisode catastrophique de l’Iowa. "C’est un indicateur des problèmes au Parti démocrate", estime cet étudiant venu du Maryland pour faire campagne pour le socialiste. Les résultats, d’abord retardés, puis donnant l’avantage en délégués à Pete Buttigieg, ne sont pas fiables selon lui. "Au mieux, il y a un conflit d’intérêt. Au pire, et je réalise que cela sonne un peu ‘complot’, il y a une tentative de tricherie."

Ce climat de zizanie semble profiter à un outsider : le milliardaire Michael Bloomberg. Ce dernier est classé troisième dans les intentions de vote au niveau national, selon un nouveau sondage, publié lundi. "Il compte sur le chaos" au Parti démocrate, explique le politologue Dante Scala. "Dans ce scénario, Bernie Sanders continuerait à accumuler des délégués, tandis que le camp modéré continuerait à se chamailler sans faire émerger de vrai leader, ce qui offrirait une ouverture à Michael Bloomberg." L’universitaire note que la course reste ouverte mais que "cette stratégie semble davantage possible aujourd’hui qu’il y a encore une semaine". Entre-temps, l’Iowa est passé par là.

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