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Primaires démocrates : Joe Biden, un favori en état d’alerte

L'ancien vice-président américain, Joe Biden, est mal parti dans la course à l'investiture démocrate.
L'ancien vice-président américain, Joe Biden, est mal parti dans la course à l'investiture démocrate. © Carlos Barria / Reuters

Favori des sondages pour la course à la nomination démocrate, Joe Biden a été éclipsé dans l'Iowa par Pete Buttigieg et Bernie Sanders et a déjà fait une croix sur la primaire du New Hampshire qui se tient mardi. Pour l’ancien vice-président des États-Unis, il y a urgence à réagir.

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Depuis plusieurs mois, l’idée semblait installée : en tête dans la plupart des sondages nationaux, Joe Biden, 77 ans, serait le candidat démocrate à l’élection présidentielle de novembre 2020. La première semaine du processus de désignation du futur adversaire de Donald Trump vient de balayer cette certitude. Avec Pete Buttigieg, Bernie Sanders et Elizabeth Warren face à lui, Joe Biden va devoir se battre pour convaincre les électeurs de voter pour lui.

Pour un candidat dont l’argument numéro un consiste à mettre en avant son "électabilité", selon son propre néologisme, face à Donald Trump, les caucus de l’Iowa ont eu l’effet d’une claque : l’ancien vice-président de Barack Obama (2009-2017) n’est arrivé qu’en quatrième position derrière ses trois principaux adversaires.

Pis, Joe Biden, largement distancé par Bernie Sanders et Pete Buttigieg dans les sondages, a déjà fait une croix sur la primaire du New Hampshire du 11 février. "J'ai pris un coup à l'estomac dans l'Iowa, et j'en prendrai probablement un autre ici", a-t-il déclaré, curieusement fataliste, vendredi, en ouverture d'un débat télévisé entre les principaux candidats.

>> Débat démocrate : Bernie Sanders ou Pete Buttigieg, deux visions pour battre Donald Trump

Pour mettre fin à cette dynamique, Joe Biden a décidé de réorganiser son équipe de campagne. Même si la démographie de l’électorat de l’Iowa – des blancs ruraux – y explique en partie son échec, les électeurs ont mis en évidence les limites d’une stratégie trop axée sur la critique de l’actuel président américain. Pour obtenir l’investiture démocrate, encore faut-il convaincre d'abord sa propre famille politique.

Pete Buttigieg, l’homme à abattre pour Joe Biden

"En se focalisant quasi exclusivement sur Donald Trump, Joe Biden a commis la même erreur que le parti démocrate, qui vient de perdre sur toute la ligne avec la procédure de destitution. Or, on a vu que les candidats arrivés en tête dans l’Iowa sont ceux qui ont mis en avant leurs propositions", analyse Jean-Éric Branaa, enseignant-chercheur à l’université Paris-2 et spécialiste des États-Unis, contacté par France 24.

Sur le plan électoral, Pete Buttigieg est devenu l’homme à abattre pour Joe Biden. Car si les programmes de Bernie Sanders et d’Elizabeth Warren sont jugés radicaux, celui de l’ancien maire de South Bend, une ville de 100 000 habitants de l’Indiana, est à l’image de ce que propose Joe Biden : modéré et dans la continuité du bilan de Barack Obama à la Maison Blanche.

>> À lire : Pete Buttigieg, la surprise venue du Midwest

"À 38 ans, Buttigieg, c’est un mini-Biden, son double en plus jeune, estime Jean-Éric Branaa. Il est exactement sur le même créneau, il essaie de lui voler sa proximité avec Barack Obama et lui a siphonné ses voix chez les plus de 45 ans."

L’ancien sénateur du Delaware (1973-2009) prend désormais au sérieux son jeune concurrent et a donc entrepris de le démolir. Lors du débat télévisé de vendredi soir, il lui a ainsi fait remarquer de façon assez sèche qu’il n’était pas Barack Obama. Mais surtout, pour valoriser son expérience, son équipe de campagne a lancé une publicité comparant les bilans respectifs des deux candidats.

Populaire chez les Afro-Américains

Sur un ton moqueur, celle-ci dresse un parallèle entre les actions de l’ancien vice-président – sur la couverture santé, la diplomatie américaine, etc. – et celles de l’ex-maire de South Bend. Le résultat est à la fois cruel et particulièrement efficace.
 


À 77 ans et avec deux campagnes pour l’investiture démocrate à son actif, Joe Biden sait que les primaires sont une course de fond et reste convaincu de sa victoire finale. Son entourage rappelle que les prochains États à voter, en particulier la Caroline du Sud, le 29 février, lui seront plus favorables en raison de la présence plus importante de la communauté afro-américaine.

"Au contraire de Pete Buttigieg, qui a réussi à faire un coup dans un État majoritairement blanc, Joe Biden jouit d’une grande popularité auprès des Afro-Américains, confirme le spécialiste des États-Unis interrogé par France 24. Les prochains scrutins dans les États du Sud devraient donc lui permettre de se refaire une santé, d’autant que Joe Biden peut aussi compter sur une meilleure implantation sur l’ensemble des États-Unis."

Attention toutefois à ne pas subir un revers trop important mardi dans le New Hampshire. Finir à nouveau quatrième en étant largement distancé risquerait de démobiliser ses troupes et d’entraîner de nouvelles défaites. Il serait alors très difficile de remonter la pente.

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