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Les César : manque de démocratie, cooptation... le monde du cinéma monte au créneau

Omar Sy, l'un des signataires de la tribune appelant à une réforme de l'académie, avait remporté un César en 2011 pour "Intouchables".
Omar Sy, l'un des signataires de la tribune appelant à une réforme de l'académie, avait remporté un César en 2011 pour "Intouchables". © Eric Feferberg, AFP

Dans une tribune publiée lundi soir, près de 400 personnalités du cinéma français ont dénoncé l'opacité et le manque de démocratie au sein de l'Académie des César, dont ils ont exigé une réforme profonde. Cette dernière a réclamé une médiation du Centre national du cinéma.

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Il n'y a pas qu'à 'Hollywood que le milieu du cinéma se remet en cause. En France, la crise fait rage aux César, déjà affaiblis par la polémique Polanski : Dans une tribune publiée lundi 10 février, près de 400 personnalités du cinéma français dont Omar Sy, Bertrand Tavernier, Michel Hazanavicius, Jacques Audiard, Céline Sciamma, Marina Foïs ou Agnès Jaoui ont réclamé une "réforme en profondeur" de l'Académie des César.

Parmi leurs reproches principaux, des "dysfonctionnements", une "opacité des comptes" ou des statuts qui "n'ont pas évolué depuis très longtemps" et reposent encore et toujours sur "la cooptation".  Ils se plaignent aussi que les membres de l'Académie des César n'aient "aucune voix au chapitre, ni dans les fonctionnements" de l'Académie et de la structure qui la régit, l'Association pour la promotion du cinéma (APC), "ni dans le déroulé de la cérémonie".

"Ca peut paraître un peu anecdotique, mais c'est un peu notre vitrine en fait", a souligné, mardi soir, sur BFMTV le réalisateur Michel Hazanavicius. 

Prenant acte de ces critiques, le conseil d'administration de l'Académie des César a indiqué qu'il allait saisir le CNC "afin de nommer un médiateur en charge d'une profonde réforme des statuts et de la gouvernance de l'Académie".

Une crise profonde

Il a aussi appelé à "un apaisement", alors que les César sont aussi secoués cette année par la polémique sur Roman Polanski, visé par des accusations de viol et arrivé en tête des nominations pour la cérémonie du 28 février avec "J'accuse", suscitant l'indignation d'une partie de l'opinion publique et des féministes.

La crise est profonde dans cette institution, créée en 1975 par le journaliste et producteur Georges Cravenne et présidée depuis 2003 par le producteur Alain Terzian.  La liste des membres de l'Académie, constituée de 4 700 professionnels du cinéma, est confidentielle. Pour en faire partie, il faut avoir au moins deux parrainages et avoir participé à au moins trois longs métrages en cinq ans.

L'Académie est elle-même régie par l'APC, dont les membres sont les professionnels ayant reçu un Oscar, les anciens présidents et plusieurs personnalités, soit 47 membres.

Elle est chapeautée par un conseil d'administration composé des membres fondateurs, d'anciens présidents ou de membres de l'Association, 21 personnes au total, parmi lesquelles les cinéastes Costa Gavras, Claude Lelouch ou Tonie Marshall.

Mais, regrette la tribune, "les statuts ne permettent pas qu'un nouveau membre de l'association soit élu par l'intégralité des 4 700 membres".

Les premiers signes de la crise étaient apparus mi-janvier, à l'occasion du dîner des candidats aux nominations pour les César du meilleur espoir. La Société des Réalisateurs de Films (SRF) s'était indignée que l'Académie ait refusé deux marraines pour des espoirs, la romancière Virginie Despentes et la réalisatrice Claire Denis. Elle avait dénoncé "des agissements opaques et discriminatoires indignes", soutenue par plusieurs réalisateurs et acteurs.

Des réformes insuffisantes

L'Académie des César avait alors présenté ses excuses puis promis une réforme. Son président Alain Terzian avait annoncé une "modernisation essentielle", passant par l'instauration de la parité.

Dimanche, il avait précisé ces promesses dans le Journal du dimanche, annonçant des mesures en vue d'instaurer la parité au sein du collège des votants (35 % de femmes), au sein du conseil d'administration (28,5 % de femmes) et de l'APC (17 % de femmes).

"Insuffisant" aux yeux des signataires de la pétition. Ils ont estimé qu'"il s'agirait de nouveau d'un système de cooptation, vestige d'une époque que l'on voudrait révolue, celle d'un système élitiste et fermé". "Pourquoi les 4 700 membres de l'Académie ne peuvent-ils pas voter pour élire leurs représentants comme c'est le cas aux Oscars, aux Baftas"?, s'interrogent-ils.

"Une poignée d'hommes pose problème dans le cinéma français en se cooptant mutuellement depuis 30 ans à la tête de toutes les commissions, toutes les organisations", a fustigé sur Twitter le producteur Vincent Maraval. "Outre d'être illégitimes, ils empêchent le renouvellement".

Avec AFP
 

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