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Au procès Balkany, plaidoyer pour sortir de prison un homme "à terre"

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Paris (AFP)

C'est le dernier de ses procès pour fraude et blanchiment, et c'est peut-être le dernier jour en prison de Patrick Balkany: devant la cour d'appel de Paris, la défense a demandé mercredi "la justice" pour un homme malade, "déjà un genou à terre".

Le puissant maire LR de Levallois-Perret, commune cossue de l'ouest parisien ravie il y a plus de 30 ans aux communistes, n'est déjà plus selon sa famille qu'un futur retraité, un septuagénaire fragile, qui "a perdu près de 30 kg en cinq mois".

Le parquet général a requis contre lui prison ferme et inéligibilité pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et prise illégale d'intérêts, parmi les "plus graves atteintes à la probité".

Pour cela, et en dépit d'une fraude "malicieuse" dissimulée par un chapelet de sociétés offshore, le parquet général a pris des réquisitions moins sévères qu'en première instance, demandant quatre ans ferme contre le maire, sans incarcération immédiate, et deux ans ferme contre son épouse, ainsi que la confiscation du moulin de Giverny (Eure) dont ils ont l'usufruit.

"J'aurais préféré que mon client pèse encore 100 kg, qu'il soit dans le box", a plaidé son avocat Romain Dieudonné. Il a appelé la cour à rendre une décision "adaptée" à l'état de santé d'un homme "déjà un genou à terre".

Isabelle Balkany, 72 ans, première adjointe devenue maire par intérim depuis l'incarcération de son époux le 13 septembre, a demandé, émue, dans ses derniers mots à la cour: "Libérez mon époux, c'est tout ce que je demande."

- "Dégradation manifeste" -

La question de sa remise en liberté sera examinée dès l'après-midi. Une urgence motivée par une expertise médicale alarmante sur la "dégradation manifeste" de l'état général de Patrick Balkany. Le rapport décrit une grave pathologie digestive et un "état dépressif marqué" qui "ne paraît pas compatible avec une détention ordinaire".

Après six audiences successives consacrées à des demandes de libération ou d'aménagement d'un sévère contrôle judiciaire, la question du maintien en détention de Patrick Balkany promet d'être vite débattue: l'accusation ne devrait pas s'opposer à sa sortie pour raisons de santé et la cour devrait rendre sa décision dans la foulée de l'audience.

L'ancien baron des Hauts-de-Seine pourrait donc, si la cour fait droit à ses demandes, sortir de la maison d'arrêt parisienne de la Santé dès mercredi soir.

Epilogue d'un marathon judiciaire, cette sortie devrait être strictement encadrée, en attendant les décisions de la justice dans les affaires impliquant le couple, le 4 mars dans le volet fraude fiscale et le 22 avril dans le volet blanchiment.

Les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse à Saint-Martin et Dar Guycy à Marrakech.

S'ils ont reconnu quelques "fautes" et la propriété de la villa antillaise, ils contestent vigoureusement le montant des avoirs en cause et se targuent de n'avoir jamais détourné "un centime d'argent public".

Le couple continue de nier la possession d'un riad à Marrakech en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany retrouvés dans la villa saharienne.

En première instance, le tribunal avait condamné Patrick Balkany à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé, avec incarcération immédiate, et son épouse à quatre ans d'emprisonnement mais sans mandat de dépôt, eu égard à sa santé fragile. Tous deux avaient été condamnés à dix ans d'inéligibilité et la saisie de leurs biens avait été ordonnée.

Cette lourde condamnation venait s'ajouter aux peines de prison ferme infligées pour fraude fiscale: quatre ans pour lui et trois ans pour elle.

S'ils étaient condamnés, les Balkany pourraient se pourvoir en cassation. Ce recours serait suspensif, sauf si la cour d'appel délivrait des mandats de dépôt à l'audience et si l'exécution provisoire était prononcée.

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