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Coronavirus : à Wuhan, les conditions de travail dramatiques du personnel hospitalier

Lieu transformé en hôpital de fortune à Wuhan, en Chine, le 4 février 2020.
Lieu transformé en hôpital de fortune à Wuhan, en Chine, le 4 février 2020. © STR, AFP

Masques insuffisants, combinaisons réutilisées... Faute de protection adéquate, le personnel hospitalier de Wuhan, la ville chinoise à l'épicentre de l'épidémie, travaille sous la menace d'une contamination par le coronavirus.

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Les conditions dramatiques de travail du personnel médical qui soigne les malades du coronavirus Covid-19 à Wuhan commencent à être connues. Dans cette ville chinoise à l'épicentre de l'épidémie, c'est surtout la pénurie de fournitures médicales qui inquiète.

La mort vendredi dernier du docteur Li Wenliang, infecté par le virus et qui avait été réprimandé pour avoir été l'un des premiers fin décembre à donner l'alerte, illustre les difficiles conditions de travail des médecins en première ligne. "Au moins 500 médecins et infirmiers" ont été infectés par le nouveau coronavirus à Wuhan, rapporte le South China Morning Post.

Wuhan, où est apparu le coronavirus en décembre, affiche le plus lourd bilan humain : 74 % des quelque 1 100 morts recensés dans le monde, et 43 % de tous les patients contaminés. En raison de la pénurie, le personnel doit y désinfecter les masques, voire porter... des blouses d'ouvriers.

"Ceux d'entre nous qui ont de la fièvre sont placés en quarantaine. Mais on n'est pas assez à travailler. Donc si après sept jours, tu n'as plus de fièvre, l'hôpital va te pousser à reprendre le travail", assure sous couvert d'anonymat un médecin d'un petit hôpital de quartier.

 L'industrie ne suit pas encore. La production nationale de masques n'est qu'à 73 % de sa capacité normale, a avoué dimanche devant la presse Chen Da, haut responsable de l'agence nationale de planification.

Des conditions de travail évoquées sous surveillance du Parti communiste chinois

"Pour économiser les combinaisons intégrales, des collègues n'en changent qu'une fois tous les quatre, six, voire huit heures", explique une médecin à l'AFP. Elle travaille pour un grand hôpital chargé d'accueillir les malades gravement atteints par la pneumonie, dans la ville placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier. "Pendant tout ce temps, les collègues ne peuvent ni manger, ni boire, ni aller aux toilettes", souligne-t-elle, préférant garder l'anonymat par peur d'éventuelles représailles.

Certains portent ainsi des couches pour adultes pendant leurs longues heures de garde, a reconnu la Commission nationale de la santé. Sur 59 900 combinaisons nécessaires chaque jour, les médecins et infirmières de Wuhan n'en ont que... 18 500, a détaillé le maire adjoint, Hu Yabo. Même constat pour les masques N95, qui protègent du virus : il en faudrait 119 000 par jour, ils n'en ont que 62 200.

Wuhan compte officiellement 19 558 personnes contaminées jusqu'à présent. Mais bien davantage sont venues consulter dans les hôpitaux. "Des médecins de toutes les spécialités sont appelés en renfort. Dans un service, ils reçoivent 400 patients en huit heures", raconte la même médecin de Wuhan, qui n'est pas encore sur le terrain mais se prépare à être mobilisée.

"Beaucoup de confrères sont face à des patients extrêmement contagieux, ou dont l'état dégénère et qui meurent très vite", explique-t-elle, soulignant que son hôpital assure un suivi psychologique pour éviter que le "personnel exténué" ne craque. Certains soignants évoquent leurs conditions de travail via les réseaux sociaux ou les médias. Mais beaucoup ont peur de s'exprimer, car le Parti communiste chinois (PCC) veille et censure tout contenu susceptible d'alimenter le mécontentement.

Les failles du système de santé dans la région de Hubei avaient été dénoncées dès le 30 janvier par Chen Qiushi, un journaliste citoyen qui ne donne plus de nouvelles depuis le 6 février – sa disparition inquiète jusqu'à la commission du Congrès américain sur les droits humains en Chine

Avec AFP

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