Accéder au contenu principal

Dans Wuhan fantôme, le consulat de France "solidaire" des Chinois

Publicité

Pékin (AFP)

Les neuf dixièmes du personnel sont partis, les familles aussi, et le virus menace. A l'épicentre de l'épidémie de pneumonie virale, le consulat de France à Wuhan reste fidèle au poste et affiche sa solidarité avec la Chine.

"On ne nous a pas obligés à rester mais on a tous voulu", témoigne le consul général Olivier Guyonvarch, seul en poste avec trois fonctionnaires dans la métropole en quarantaine depuis le 23 janvier.

"Quoi qu'il arrive, à moins que Paris nous donne l'ordre de rentrer, on va rester tous les quatre. De toute façon, aujourd'hui, on n'a plus de moyen de quitter Wuhan", observe le diplomate, interrogé par l'AFP depuis Pékin.

En temps normal, quelque 500 Français sont enregistrés au consulat de Wuhan, une ville qui entretient des relations industrielles et universitaires étroites avec la France.

Mais 279 d'entre eux sont partis depuis fin janvier à bord de trois avions, dont un britannique, affrétés spécialement pour des "départs volontaires".

Il seraient encore une quarantaine -- entrepreneurs ou conjoints de Chinois qui ne veulent pas quitter la ville, ou encore des personnes qui ont raté les avions précédents en raison des barrages routiers installés par les autorités pour éviter la propagation du virus.

Profitant des congés du Nouvel an chinois, beaucoup étaient déjà partis avant même le bouclage de la métropole aux 11 millions d'habitants.

- 'Vrais amis' -

Dans une ville coupée du monde, avec des citoyens terrés chez eux, les évacuations se sont avérées "très très complexes", témoigne le consul, fier d'avoir été le premier à obtenir que les conjoints et enfants chinois de ressortissants étrangers puissent aussi monter dans les avions.

A l'aéroport, qui fonctionnait avec une poignée d'employés, "l'enregistrement des vols, on l'a fait à la main, on a distribué nous-mêmes les cartes d'embarquement", se souvient-il.

A présent, les représentations américaine et britannique ont plié bagage mais son consulat, quoiqu'en "fonctionnement allégé", entend continuer à "assurer la présence de la France et manifester sa solidarité vis-à-vis de nos amis chinois".

"C'est quand les gens sont en difficulté qu'on voit qui sont vos vrais amis", assure-t-il.

- Masques en soute -

Les deux avions envoyés par Paris pour rapatrier les ressortissants français avaient dans leurs soutes des dizaines de milliers de masques, de gants et de combinaisons intégrales destinés à Wuhan.

"Ce qui manque cruellement ici, c'est du matériel de protection, notamment pour les médecins, puisque les premiers qui sont tombés sur le front de l'épidémie, ce sont les médecins", rappelle M. Guyonvarch.

Ces fournitures ont été offertes à l'hôpital Zhongnan, "avec lequel la France a une coopération de plus de 20 ans": l'établissement accueille chaque année une quinzaine de stagiaires français. Dans l'autre sens, une vingtaine de ses étudiants chinois sont envoyés en stage à l'hôpital de Nancy.

Dans les hôpitaux, "la situation est très tendue, notamment à cause du manque de matériel, du manque de lits et l'énervement des patients, parce qu'il faut parfois plusieurs jours pour pouvoir être ausculté", ont confié des médecins au consul.

Les personnes qui auraient besoin d'être soignées pour d'autres maladies "n'osent plus aller à l'hôpital parce qu'elles ont peur d'être contaminées", rapporte-t-il.

- Confinement forcé -

Dans cette "ville fantôme", "les gens sont claquemurés chez eux pour éviter la contagion", explique M. Guyonvarch.

"Il ne faut pas être attrapé dans la rue avec de la température. Désormais, il y a des mesures de confinement forcé", ajoute-t-il.

Dans ces conditions, le consulat, qui emploie normalement une quarantaine de fonctionnaires et délivre quelque 40.000 visas par an, a dû adapter son fonctionnement: les employés locaux restent chez eux.

"Je ne veux pas mettre mes agents chinois en danger en les obligeant à ne pas respecter les mesures de confinement et en les exposant au risque d'être contaminés", explique le consul, qui assure faire lui-même "très attention" à se protéger.

Pour le moment, M. Guyonvarch, dont l'épouse a regagné la France dans le troisième appareil, n'a "pas d'information sur un quatrième avion" qui viendrait chercher les derniers Français.

"On a des demandes de rapatriement de gens qui commencent à s'impatienter", témoigne-t-il. "On leur dit: on n'a pas de moyen aujourd'hui de vous faire partir".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.