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Macron en haut des Alpes pour marquer un tournant vert

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Paris (AFP)

Avec un Conseil de défense écologique mercredi puis une excursion jeudi sur la mer de Glace, Emmanuel Macron veut marquer les esprits pour annoncer des mesures en faveur de l'écologie et de la biodiversité, enjeux des prochaines échéances électorales.

"Je vous le dis, la fin du quinquennat, après les retraites, c’est le régalien et l’écologie", a-t-il résumé mercredi soir devant des députés de la majorité, sous forte pression avec l'examen de la réforme des retraites.

La commission spéciale de l'Assemblée a dû mettre fin à ses travaux mardi soir, sans être parvenue à balayer l'ensemble du texte - une situation inédite.

Désireux de tourner la page, le chef de l'Etat commencera par réunir mercredi son quatrième "Conseil de défense écologique", qui doit confirmer l'objectif d'une augmentation des aires protégées à 30% du territoire, contre un peu plus de 20% actuellement.

"Le conseil de défense écologique va augmenter les aires protégées pour couvrir 30% de notre territoire par des classements en réserves naturelles, en parcs nationaux, en parcs naturels régionaux", a précisé le chef de l'Etat dans une interview au Dauphiné Libéré et aux quotidiens du groupe Ebra.

Il se rendra ensuite à Chamonix, où il arrivera vers 19 heures pour emprunter le petit train qui monte au Refuge du Montenvers, un hôtel situé à 1.913 mètres d'altitude, en surplomb de la mer de Glace.

Accompagné de sa ministre Elisabeth Borne (Transition écologique) et de sa secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon, il discutera réchauffement climatique et biodiversité alpine au cours d'un dîner avec des experts comme Jean Jouzel, Bernard Chevassus-au-Louis ou Camille Parmesan.

Jeudi matin, il descendra l'escalier de 500 marches qui permet de visiter le célèbre glacier. Son spectaculaire recul ces dernières années offre une image frappante de l'impact du réchauffement en France.

le chef de l'Etat rentrera ensuite à Chamonix, où il doit annoncer des mesures de protection du massif du Mont-Blanc et de son écosystème, menacés par la surfréquentation et les incivilités des visiteurs.

Le Mont-Blanc, qui culmine à 4.809 m, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle, qui renforcera les règles sur la fréquentation, notamment l'été.

Emmanuel Macron avait été alerté en septembre par une lettre ouverte du maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex. "Monsieur le Président, s'occuper des forêts en Amazonie, c'est très bien. Ignorer ce qui se passe sur le Mont-Blanc et laisser perdurer l'irrespect, ce n'est pas tolérable", lui écrivait-il.

- "Petits pas" -

Ces derniers étés, plusieurs incongruités ou dégradations ont émaillé les ascensions du mont Blanc: l'atterrissage d'un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes Suisses n'aient plus qu'à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais pas réussi à le redescendre, des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau...

Mais ces quelques cas, médiatisés grâce aux réseaux sociaux, ne concernent qu'une poignée des quelque 20.000 personnes qui tentent l'ascension.

Les autorités ont également décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits sur ce site classé.

Emmanuel Macron est également attendu par les associations locales sur les problèmes de qualité de l'air dans la vallée de l'Arve, lieu de passage de très nombreux poids lourds.

"Je ne peux pas interdire aux camions de passer", a-t-il lancé dans son interview au Dauphiné Libéré, en préconisant une politique européenne de renouvellement du parc de camions. "Si j’impose ce renouvellement seulement aux camions de la région, je les tue, car des camions viendront d’Espagne ou de Roumanie. La question est comment on oblige tous les roulants en Europe à renouveler leur parc", a-t-il plaidé.

En janvier, les ONG de défense de l'environnement ont dénoncé, à l'instar de Nicolas Hulot avant de claquer la porte du gouvernement en 2018, le "grand écart" entre les "petits pas" du gouvernement pour le climat et les discours d'Emmanuel Macron.

Greenpeace a dit soupçonner l'exécutif de mettre "plus d'énergie à protéger les intérêts de certains industriels qu'à défendre l'intérêt général".

"Emmanuel Macron s’est posé en champion du climat sur la scène internationale. Néanmoins, les mauvais résultats au niveau national mettent en péril sa crédibilité et celle de la France", ont regretté les ONG membres du Réseau Action Climat (RAC).

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