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Poursuivi en justice par l'UE, Google montre ses muscles et se défend

Le logo de Google dans les bureaux du géant américain à Bruxelles.
Le logo de Google dans les bureaux du géant américain à Bruxelles. Georges Gobet, AFP

Google, accusé par Bruxelles d'abuser de sa position ultradominante dans la recherche en ligne, s'est défendu mercredi devant la justice européenne, affirmant que les poursuites engagées par la Commission européenne menaçaient l'innovation sur Internet.

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Google ne se laisse pas faire. Accusé par l'Union européenne d'abuser de sa position ultra dominante dans la recherche en ligne, le géant du web s'est défendu devant la justice, mercredi 12 février. Selon l'entreprise, les poursuites engagées par Bruxelles pourraient menacer l'innovation sur Internet.

La bataille entre la Commission européenne, le gardien de la concurrence dans l'UE, et le géant américain dure depuis dix ans. Google a été mis trois fois à l'amende par Bruxelles, pour un montant total de 8,25 milliards d'euros, dans le cadre de trois affaires anti-trust différentes.

De mercredi à vendredi, c'est la première des trois affaires, dite "Google Shopping", qui fait l'objet de plaidoiries devant le tribunal de l'UE à Luxembourg.

Colosse incontesté

En juin 2017, Bruxelles a infligé une amende de 2,42 milliards d'euros à Google pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser son comparateur de prix Google Shopping au détriment de ses rivaux, tels le français Kelkoo. Deux mois et demi plus tard, l'américain déposait un recours à Luxembourg.

"Si Google avait dû faire face à la décision de la Commission en 2008, il n'aurait pas eu d'autres options que d'abandonner ses technologies innovantes", a déclaré l'avocat de la firme américaine, Thomas Graf, au premier jour des plaidoiries.

James Killick, l'avocat du CCIA Europe, soutien de Google et représentant du lobby de l'industrie numérique à Bruxelles, a lui fait valoir que les exigences de la Commission "pouvaient au final nuire aux consommateurs et utilisateurs d'Internet".

L'avocat de la Commission, Nicholas Khan, a souligné la puissance du mastodonte de Mountain View. Son "statut de colosse de l'ère numérique est incontesté et jusqu'à il y a peu de temps incontestable", a-t-il dit, l'accusant d'être à l'origine d'"un grave préjudice pour la concurrence".

Pour Bruxelles, Google a relégué au fond du classement des résultats de recherches les concurrents de son comparateur de prix Google Shopping, les rendant moins visibles pour les consommateurs.

Test pour Margrethe Vestager

La décision des juges européens - susceptible d'appel -  pourrait intervenir dès l'été, selon une source à Luxembourg. Au-delà du cas Google, elle aura valeur de test pour la commissaire européenne à la Concurrence et au Numérique, Margrethe Vestager, qui mène une politique intransigeante vis-à-vis des géants de la Silicon Valley.

Une défaite devant les juges pourrait l'affaiblir, alors qu'elle compte légiférer sur la high-tech, un secteur où les entreprises américaines sont largement dominantes.

À son tableau de chasse, la Danoise a non seulement accroché Google, mais aussi Apple. Sommé de rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux jugés indus, l'entreprise à la pomme conteste également sa décision devant les juges européens.

Détruire la concurrence

Le cas Google Shopping est suivi avec beaucoup d'attention par ses concurrents dans d'autres domaines, tels les sites spécialisés dans les recherches d'emplois ou de voyages, ou encore la Fédération des éditeurs de presse allemands, plaignante dans cette affaire.

Deux jours avant les plaidoiries, de grandes plateformes comme Expedia et Tripadvisor et des fédérations d'entreprises touristiques ont dénoncé ce comportement dans une lettre à la Commission européenne.

Après le cas Google Shopping, les juges européens doivent trancher sur les litiges en cours liés au système d'exploitation pour smartphones Android et à la régie publicitaire de Google. Dans ces deux affaires, l'américain a déposé un recours contre l'amende infligée par Bruxelles.

Avec AFP

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