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Cédric Villani, successeur naturel de Benjamin Griveaux à Paris ? Pas si évident

Cédric Villani, le 29 janvier 2020, lors du "Grand Oral Vélo" à Paris.
Cédric Villani, le 29 janvier 2020, lors du "Grand Oral Vélo" à Paris. © Christophe Archambault, AFP

En théorie, le candidat dissident ex-LREM Cédric Villani devrait être le candidat naturel pour remplacer Benjamin Griveaux, mais en pratique, le rassemblement prôné par certains au sein des deux camps apparaît incertain.

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La question est dans toutes les têtes depuis vendredi matin : qui pour remplacer Benjamin Griveaux comme chef de file de La République en marche (LREM) aux élections municipales à Paris ? Si plusieurs noms ont été cités depuis vingt-quatre heures, celui de Cédric Villani apparaît comme le choix le plus susceptible d’aboutir à une victoire dans les urnes le 22 mars.

À écouter les déclarations des uns et des autres, l’affaire devrait être entendue. "Les marcheurs sont plus déterminés que jamais à porter un projet de changement pour Paris", a déclaré le patron de LREM, Stanislas Guerini, samedi 15 février, avant des réunions visant à trouver un successeur à Benjamin Griveaux, contraint de jeter l’éponge la veille en raison de la diffusion de vidéos intimes.

Le parti s'est fixé l'objectif d'avoir un candidat d’ici lundi. Celui-ci devra cocher trois cases, a précisé Marie-Laure Harel, l'une des porte-parole de la campagne LREM pour Paris, sur BFMTV : "Avoir envie d'être maire de Paris", "pouvoir être opérationnel, c'est-à-dire connaître Paris et être capable de reprendre la campagne dans une situation de crise", et enfin "réussir à faire consensus".

>> À lire : "Retrait de Benjamin Griveaux : dans la course à la Mairie de Paris, à qui profite 'le crime' ?"

Un portrait-robot qui ressemble en tout point au candidat dissident Cédric Villani, que certains aimeraient voir prendre le relais après le retrait de l’ancien porte-parole du gouvernement. "La main est toujours tendue, il est maintenant temps qu'il vienne nous rejoindre, parce que Les Parisiens veulent une alternance à Paris", a ainsi lancé, samedi matin sur Europe 1, le député LREM de Paris Sylvain Maillard, soutien de la première heure de Benjamin Griveaux.

Cette ligne sera-t-elle majoritaire lors des discussions au siège de LREM ce week-end ? Le député de Paris Mounir Mahjoubi, ancien candidat à l’investiture, et le sénateur de Paris Julien Bargeton ont officiellement fait acte de candidature. Mais à un mois du premier tour du scrutin et alors qu’Anne Hidalgo (Parti socialiste) et Rachida Dati (Les Républicains) distançaient largement Benjamin Griveaux dans un sondage Ifop publié le 19 janvier dans le Journal du dimanche, ni l’un, ni l’autre ne semble en capacité de renverser la tendance pour l’emporter.

"Notre responsabilité, c’était de montrer notre ouverture"

L’option Cédric Villani, pourtant exclu de La République en marche le 29 janvier mais après plusieurs mois de tergiversations au sein du parti, pourrait donc être considérée sérieusement. Le mathématicien et député de l’Essonne a conscience que la campagne des municipales vient de prendre un tournant majeur. En réponse à une question sur une éventuelle fusion de ses listes avec celles de LREM, il a déclaré, vendredi, que son projet restait "ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent l'alternance à Paris sur la base des valeurs progressistes, écologiques, que je défends depuis le début".

Pour un membre de son équipe de campagne ayant souhaité garder l’anonymat, "cette phrase n’est pas anodine". "Un choix aurait pu être de dire que rien ne change, qu’il s’agit d’une histoire qui concerne La République en marche et qu’il n’y avait rien à dire, mais ce n’est pas ce qu’a fait Cédric Villani. Notre responsabilité, au-delà du choix de soutenir très clairement Benjamin Griveaux dans cette affaire, c’était de montrer notre ouverture", souligne cette source à France 24.

>> À lire : "Benjamin Griveaux, candidat LREM à Paris, retire sa candidature après des 'attaques ignobles'"

L’équipe de Cédric Villani met en avant la compatibilité des deux projets. Malgré quelques divergences, les propositions de Benjamin Griveaux et de Cédric Villani sur la propreté, la sécurité, le logement et l’écologie sont en effet très proches.

Reste à savoir comment pourrait se concrétiser en pratique le rassemblement des deux camps. Car il va de soi que Cédric Villani n’abandonnera pas ses troupes, comme lui suggère Sylvain Maillard, pour devenir lundi le nouveau candidat de LREM à Paris. Il apparaît également peu probable que Stanislas Guérini annonce le soutien de La République en marche à la candidature Villani, balayant par la même occasion les têtes de liste en campagne depuis des mois au côté de Benjamin Griveaux.

La troisième voie consisterait à négocier une fusion des listes, ce qui changerait alors la donne électoralement. Mais de telles tractations prennent généralement du temps et à moins de deux semaines de la date limite du dépôt des candidatures, fixée au 27 février, et avec une campagne à mener sur le terrain, il y a urgence.

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