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Les saisonniers des stations de ski en piste contre la précarité

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Moûtiers (France) (AFP)

Tractage, chants au pied des télésièges, fermeture partielle des domaines: les saisonniers des remontées mécaniques ont choisi ce jour symbolique de grand chassé-croisé sur les routes des stations pour exprimer leurs inquiétudes face à la réforme de l'assurance-chômage.

Partout en France, des Alpes aux Pyrénées, une cinquantaine d'actions ont été recensées par la CGT, à l’origine de cette mobilisation avec FO.

Ce qui les inquiètent ? Les répercussions du nouveau mode de calcul de l'indemnité qui entre en vigueur au 1er avril.

"On va être encore plus précarisés avec ces réformes. Faudra six mois au lieu de quatre pour prétendre à une allocation chômage", estime Christophe Dupuis, qui travaille à La Plagne comme pisteur-secouriste l'hiver et maître-nageur l'été.

"Cette réforme est très lourde pour nous. (...) Des saisons de six mois ça n'existe pas, d'autant que les saisons d'hiver ont plutôt tendance à raccourcir qu'à rallonger", insiste Maud Goret, saisonnière et délégué CGT à Font-Romeu-Pyrénées où la moitié des effectifs est en grève.

Ces vacances d'hiver se déroulent avec un manque criant de neige pour des stations de basse-altitude, dans un contexte de réchauffement climatique qui affecte particulièrement la montagne.

"Cela va globalement inciter les saisonniers qui avaient la chance de voir leur contrats reconduits au même endroit à bouger plus systématiquement pour trouver du travail d’appoint pendant les périodes creuses" avec un autre logement à payer, redoute aussi Marie, 37 ans, qui gère un téléski aux Arcs.

- sans saisonnier, pas de station -

La réforme vise à mettre fin à une situation actuellement plus favorable, pour la même quantité de travail, aux personnes alternant contrats courts et inactivité (comme peut l'être un saisonnier) qu'à celles travaillant en continu.

"Le risque c'est qu'on ait une pénurie de ressource de contrats de travail et on sait l'impact que ça aurait sur l’économie des stations", insiste Fabrice Michaud, secrétaire général de la Fédération des Transports de la CGT.

"Nous avons un enjeu à pérenniser ce statut de saisonnier qui est intrinsèquement lié à notre activité et sans lequel ça ne fonctionnera plus pour nous non plus", en tant que direction, confirme Blandine Vernardet, directrice du Grand Tourmalet, l'une des plus importantes stations des Pyrénées françaises.

Dans sa station, les 2/3 du personnel est absent samedi. Résultat: 40% seulement du domaine est ouvert, contre 85% en ce moment.

A Moûtiers, porte d'entrée vers la vallée de la Tarentaise et ses célèbres stations des Arcs ou de Val Thorens, quelque 200 manifestants ont filtré le trafic samedi matin avant d'aller à la rencontre des touristes arrivant par le train.

"Bienvenus les touristes, et vive les saisonniers", criait un pisteur devant la gare.

"On veut informer et être visibles. On ne veut pas emmerder les touristes, ce sont eux qui nos apportent du boulot", assure Antoine Fatiga de la CGT remontées mécaniques alors que les vacanciers devaient déjà faire face aux bouchons, en ce samedi classé rouge localement dans le sens des départs.

Il a rarement vu une telle mobilisation partout en France sur une seule action.

Le ministère du Travail doit présenter la semaine prochaine "un plan d'accompagnement" pour les saisonniers des remontées mécaniques conscient de la spécificité de la montagne "où il n'y a, dans certaines vallées, simplement pas d'emplois au printemps ou à l'automne".

Selon la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, plus d'un million de personnes ont été en contrat saisonnier (en moyenne de deux mois) entre avril 2018 et mars 2019. Près de la moitié des saisonniers exercent leur activité dans les secteurs de la restauration, de l'hébergement et des loisirs, principalement sur les lieux de vacances.

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