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Olivier Véran, un neurologue pour un hôpital public en pleine crise de nerfs

Le député LREM Olivier Véran, nommé dimanche 16 février ministre des Solidarités et de la Santé, quitte le palais de l'Élysée après la présentation du plan de santé par le président français, le 18 septembre 2018, à Paris.
Le député LREM Olivier Véran, nommé dimanche 16 février ministre des Solidarités et de la Santé, quitte le palais de l'Élysée après la présentation du plan de santé par le président français, le 18 septembre 2018, à Paris. AFP - LUDOVIC MARIN

Macroniste convaincu, Olivier Véran a été nommé, dimanche, à la tête du ministère des Solidarités et de la Santé. Remplaçant au pied levé Agnès Buzyn, désormais candidate LREM à la mairie de Paris, ce neurologue de 39 ans va devoir gérer plusieurs dossiers sensibles, dont la colère des soignants hospitaliers et l’épidémie de coronavirus. 

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"Pour tout ce que tu as fait dans ce beau ministère, je te remercie". Lundi 17 février, la passation de pouvoir entre Agnès Buzyn, désormais candidate LREM à la mairie de Paris et Olivier Véran, son successeur au poste de ministre des Solidarités et de la Santé, a été chaleureuse. Entré en politique en 2012, le député de l'Isère et médecin de 39 ans doit maintenant faire ses preuves en pleine crise de l'hôpital et épidémie de coronavirus

Neurologue au CHU de Grenoble, Olivier Véran débute sa carrière politique à 32 ans comme suppléant de la députée PS Geneviève Fioraso. De 2012 à 2015, lorsqu’elle rejoint les gouvernements Ayrault puis Valls, il lui succède en tant que député de la première circonscription de l’Isère.  

Quand Emmanuel Macron lance son mouvement En Marche !, il quitte les couleurs socialistes pour le rejoindre. Celui qui est alors aussi conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016 se dit séduit par le "dépassement des clivages et de la politique politicienne", tout en prétendant garder "le cœur à gauche". 

Cette nouvelle orientation le pousse à participer à la rédaction du programme Santé du candidat Macron lors de l’élection présidentielle de 2017. Après l’arrivée d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, Olivier Véran est réélu député de la première circonscription de l'Isère, cette fois sous l'étiquette LREM. Si à l’époque, il est pressenti pour devenir le nouveau ministre de la Santé, c’est finalement Agnès Buzyn qui est désignée à ce poste.

Un médecin au parcours engagé

Parallèlement à ses fonctions politiques, le député de l'Isère continue d'assurer des consultations médicales. "Il bosse comme tous ses collègues et prend même des astreintes, certains soirs, en rentrant chez lui avec le téléphone professionnel sur lui", assure au Figaro un médecin qui a côtoyé le nouveau ministre de la Santé. 

Ce profil l'inscrit dans la philosophie du parti LREM, qui s'appuie sur des hommes et des femmes issus de la société civile. Après l'hématologue Agnès Buzyn, c'est donc le neurologue Olivier Véran qui prend sa suite à la Santé, lui qui dit être "tombé amoureux de l'organisation du système de soins".

Le monde de l'hôpital, il le connaît bien : ancien vice-président de l'Inter-Syndicat national des internes (ISNI) durant ses études de médecine à Grenoble, il a financé sa formation en travaillant comme aide-soignant, notamment en gériatrie. Il a également suivi un master en gestion et politique de santé à Sciences-Po Paris et était président de l'Association des assistants des hôpitaux de Grenoble. 

Sa double casquette d’homme politique et de praticien inspire chez certains de la méfiance. Le professeur André Grimaldi du collectif Inter-hôpitaux craint notamment que le ministre de la Santé se transforme en "secrétaire d'État au ministère du budget", comme il l'a expliqué à France Inter.

De son côté, Frédéric Pierru, sociologue de la santé qui a travaillé avec Olivier Véran, émet également des réserves sur cette nomination. "Ce qui m'avait frappé, c'est la rapidité avec laquelle un médecin avec plein de bonnes intentions s'est fait phagocyter par l’ambition politique, par la logique technocratique : à la fin, il parle plus technocrate que les technocrates", a-t-il déclaré à France Inter. 

Défenseur du cannabis thérapeutique 

À l'Assemblée nationale, Olivier Véran, qui est aussi rapporteur général de la commission des Affaires sociales depuis 2017, s'est fait remarquer pour ses prises de position assumées. Il est par exemple à l'origine du dispositif permettant de rémunérer les services d'urgences qui réorientent les patients souffrant de pathologies mineures vers la médecine de ville. Olivier Véran a également fait voter une nouvelle taxe sur les boissons gazeuses sucrées. 

Se décrivant comme "vraiment progressiste", il plaide sur les plateaux de télévision et de radio pour l'utilisation du cannabis thérapeutique. Olivier Véran est également connu pour avoir fait voter un amendement qui interdit désormais le recours à des mannequins en état de dénutrition.

>> À lire aussi : La France se lance à son tour dans le cannabis thérapeutique

Depuis janvier, il est rapporteur du volet organique de la réforme des retraites, portant sur l'équilibre financier. Sa prise de fonction comme ministre intervient le jour même où l’examen du texte de loi à l’Assemblée nationale commence, jour marqué par une nouvelle grève dans les transports.

Dans ce climat social tendu, Olivier Véran va devoir également gérer la crise de l’hôpital public. Le nouveau ministre prend d’ailleurs ses fonctions trois jours après une journée de mobilisation des personnels hospitaliers. Dans plusieurs villes françaises, ceux-ci ont une fois encore exprimé leur attachement à l'hôpital public et leur colère devant l'insuffisance du "plan d'urgence" gouvernemental annoncé l'automne dernier.

Un agenda chargé 

Pour apaiser les tensions, Olivier Véran a annoncé lundi, lors de sa prise de fonctions, "une enquête nationale" auprès de l'ensemble des "hospitaliers". Le but : "tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu'ils nous disent depuis un certain nombre d'années désormais". "Il faut réformer l'hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien", a insisté le nouveau ministre.

Outre la colère des soignants, le nouveau ministre de la Santé doit aussi rassurer face à l’épidémie de coronavirus, venu de Chine. En France, un touriste chinois de 80 ans est décédé et douze personnes sont actuellement contaminées. Lors de la passation de pouvoir, Olivier Véran a assuré que l’expansion de la maladie restait "la priorité numéro 1" du ministère de la Santé. "Je partagerai avec les Français l'ensemble des informations dont je disposerai, (...) je continuerai de faire des compte-rendus réguliers sur la situation", comme l'ancienne ministre l'a fait depuis le début de la diffusion de l'épidémie de Covid-19 hors de Chine, où le virus est apparu en décembre.

Dans la continuité du travail d'Agnès Buzyn, Olivier Véran devra aussi suivre cette année le parcours parlementaire du projet de loi sur la bioéthique ouvrant notamment le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes. "Je connais les dossiers", a assuré lundi un Olivier Véran confiant sur France info.

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