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Comment l’Afrique se prépare à faire face au coronavirus

Une scientifique à l'Institut Pasteur de Dakar, le 3 février 2020.
Une scientifique à l'Institut Pasteur de Dakar, le 3 février 2020. © Seyllou, AFP

Alors que l’Égypte a annoncé un premier cas de coronavirus mi-février, plusieurs pays africains, forts de leur expérience dans la gestion de l'épidémie Ebola, ont pris des mesures pour éviter la propagation de la maladie. Une gageure pour ce continent où le système de santé est défaillant. 

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Le bilan du nouveau coronavirus ne cesse de s’alourdir. Il approche les 1 900 morts en Chine continentale où plus de 72 300 personnes ont été infectées, selon les derniers chiffres officiels publiés mardi 18 février. Malgré des mesures drastiques – confinement de plusieurs villes, construction d’hôpitaux dans des délais record – prises par les autorités chinoises pour éviter sa propagation, une trentaine de pays ont été touchés par l’épidémie virale de pneumonie, rebaptisée Covid-19. Près de 900 cas de contamination ont été confirmés en dehors de la Chine continentale.

Jusque-là épargné, le continent africain a enregistré vendredi son premier cas, en Égypte. Le patient, qui n’est pas de nationalité égyptienne et ne présentait aucun symptôme, a été immédiatement hospitalisé et mis en quarantaine, a annoncé le ministère égyptien de la Santé.

Ce premier cas détecté sur le continent a suscité de grandes inquiétudes. L’Algérie, le Maroc ou l’Égypte ont pu rapatrier leurs ressortissants de Chine ces dernières semaines. Mais de nombreux pays du continent manquent de structures adéquates pour faire face au virus.

"Un système de santé fragile"

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls six pays en Afrique dont le Sénégal, l’Afrique du Sud ou encore le Nigeria, disposent actuellement de laboratoires capables de tester les échantillons prélevés sur d’éventuels cas suspectés. Très peu pour un continent de 1,2 milliard d’habitants. 

"Un nouveau virus est toujours un défi et la plupart des laboratoires en Afrique ne disposent pas du matériel essentiel dont ils ont besoin pour effectuer des tests sur un nouvel agent pathogène", a déclaré Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.

Et sans moyen conséquent, certains pays pourraient ne pas avoir la possibilité de détecter le virus. L’organisation a donc indiqué dans un communiqué avoir envoyé "des kits à 29 laboratoires de la région, ce qui leur permettra de disposer d’une capacité de diagnostic du nouveau coronavirus et de pouvoir également tester des échantillons provenant des pays voisins".

"Nous savons à quel point le système de santé est fragile sur le continent africain et ces systèmes sont déjà submergés par de nombreuses épidémies en cours, il est donc essentiel pour nous de détecter plus tôt afin de pouvoir prévenir la propagation", a expliqué à la BBC Michael Yao, responsable des opérations d’urgence de l’OMS en Afrique. 

Au regard des liens étroits que l’Afrique a avec la Chine, il était peu probable que le continent échappe au virus.

L'expérience Ebola

Certains pays ont donc renforcé les mesures de prévention dans les aéroports. Mettant en avant leur expérience dans la gestion de l’épidémie Ebola, des pays comme le Nigeria ont déployé des dispositifs de détection de température corporelle des passagers, comme des caméras thermiques. Au Sénégal, le gouvernement a mis en place un numéro vert pour les populations depuis la fin du mois de janvier.

"Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo en 2018, l'OMS et les partenaires ont aidé les pays à haut risque à se préparer à d'éventuels cas d'Ebola. Ces efforts, qui ont permis de renforcer les capacités de surveillance et de traitement des cas infectieux, peuvent également contribuer à la lutte contre le nouveau coronavirus", note l’institution. 

La République démocratioque du Congo fait d’ailleurs partie des 13 pays prioritaires identifiés en Afrique par l’OMS sur la base du volume important de voyage vers la Chine et pour lesquels la vigilance doit être accrue. 

D’autres pays comme le Mozambique ou la Guinée équatoriale ont pris des mesures beaucoup plus radicales. Le premier a suspendu en janvier la délivrance de visas aux Chinois et aux Mozambicains voulant se rendre à Maputo ou à Pékin. Et le second a décidé de mettre systématiquement en quarantaine, pendant 14 jours, les voyageurs venant des métropoles chinoises. L’Égypte a elle aussi suspendu début février les vols de sa compagnie nationale vers la Chine et mis en quarantaine environ 300 Égyptiens évacués de Wuhan.

Pourtant, ces mesures vont à l’encontre des recommandations de l’OMS qui a jugé contre-productif la fermeture des frontières avec la Chine. Lundi, l’Organisation s’est voulue rassurante mettant en garde contre toute mesure disproportionnée. Selon son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, plus de 80 % des patients souffraient d'une forme bénigne de la maladie. En dehors de la province chinoise du Hubei (centre), épicentre de l'épidémie, la maladie Covid-19 "touche une très petite proportion de la population" et son taux de létalité n'est pour l'heure que d'environ 2 %.

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