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Face au "séparatisme islamiste", Emmanuel Macron prône la "reconquête républicaine"

Le Président français Emmanuel Macron s'exprimant le 3 décembre 2019.
Le Président français Emmanuel Macron s'exprimant le 3 décembre 2019. © Peter Nicholls, Reuters

Emmanuel Macron se rend, mardi, à Mulhouse pour annoncer ses premières mesures de lutte contre le "séparatisme islamiste", un dossier politiquement sensible à un mois des élections municipales.

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Visite de terrain à l'agenda d'Emmanuel Macron. Le président de la République est attendu, mardi 18 février, dans l'est de la France pour annoncer des mesures visant à lutter contre le "séparatisme islamiste".

Le chef de l'État doit passer huit heures dans le quartier de Bourtzwiller, à Mulhouse, "où la République doit réaffirmer sa présence" face à l'insécurité, les trafics ou le radicalisme, selon son entourage.

Ce déplacement est la première étape d'une séquence qui s'étendra au delà des élections municipales des 15 et 22 mars, durant laquelle Emmanuel Macron détaillera la stratégie du gouvernement contre la radicalisation et l'islam politique. Soit "le séparatisme islamiste", une dénomination jugée plus précise que celle de "communautarisme", longtemps employée par l'Élysée.

"Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant, de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu'il y ait, dans notre République aujourd'hui, ce que j'appellerais un séparatisme", a détaillé le chef de l'État en janvier.

Depuis le début du quinquennat, les oppositions, notamment de droite, pressent Emmanuel Macron d'affirmer sa politique sur ce sujet, le taxant de laxisme. Le débat s'est encore durci ces derniers mois, alimenté par de vives polémiques sur la présence de listes communautaristes aux municipales ou sur le port du voile par une mère accompagnant une sortie scolaire.

En réaction à cette affaire, en octobre 2019, Emmanuel Macron avait appelé à "être intraitable avec le communautarisme", mais sans" stigmatiser nos concitoyens" musulmans. Il a aussi dénoncé le "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.

"Quartier de reconquête républicaine"

À Bourtzwiller, le chef de l'État débutera sa visite par le commissariat de police pour faire le point sur la situation avec les forces de l'ordre. Ce quartier peuplé de plus de 15 000 habitants est l'un des 47 "Quartiers de reconquête républicaine" (QRR) de France, un dispositif créé en 2018 pour lutter contre la délinquance et les trafics, notamment par le renforcement du nombre de policiers.

Il est également l'un des 17 territoires de lutte contre la radicalisation, définis depuis quelques mois, où sont mises en place des cellules contre l'islamisme et le repli communautaire (Clir) dont le chef de l'État souhaite renforcer l'action.

Accompagné de quatre ministres – Christophe Castaner et Laurent Nunez (Intérieur), Gabriel Attal (Jeunesse) et Roxana Maracineanu (Sports) – Emmanuel Macron devrait s'exprimer sur le financement des lieux de culte, notamment depuis l'étranger, la scolarisation d'enfants dans des écoles hors-contrat et la structuration de l'islam de France.

Pourrait ainsi être évoqué le dossier de l'immense mosquée An-Nour en cours de construction à Mulhouse grâce, en large partie, à des financements d'une ONG du Qatar.

Table ronde avec des associations

Emmanuel Macron consacrera la seconde partie de son déplacement au volet "positif" de sa stratégie, à savoir la "reconquête républicaine" des quartiers basée sur des services publics plus présents et efficaces et sur le réseau associatif, dont la vitalité est indispensable pour éviter que les habitants, notamment les jeunes, ne soient tentés par les circuits parallèles.

Au cours d'une table ronde, le président de la République échangera ainsi avec des associations sociales, cultuelles ou culturelles avant de rencontrer des responsables sportifs.

Le chef de l'État ne devrait en revanche pas s'aventurer sur les dossiers très sensibles de la laïcité et du port du voile ou sur une réforme de l'organisation de l'islam de France, actuellement à l'étude.

Sans être la priorité des électeurs sur l'ensemble du territoire, le communautarisme est l'un des enjeux des municipales dans certaines villes, notamment en région parisienne. Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, a proposé dimanche "la mise sous tutelle républicaine" des communes dirigées par des élus "complices des islamistes".

Ian Brossat, porte-parole du PCF, a, lui, accusé lundi Emmanuel Macron de "détourner le débat", par "tactique politique", en mettant en avant la lutte contre le communautarisme en pleine campagne électorale.

Avec AFP

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