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Une distribution d'aide tourne au drame dans le sud-est du Niger

Une vue aérienne de la ville de Diffa, le 21 mars 2015.
Une vue aérienne de la ville de Diffa, le 21 mars 2015. © Joe Penney, REUTERS

Au moins 20 personnes ont été tuées et une dizaine blessées, lundi, dans une bousculade provoquée par une distribution de vivres et d'argent à des réfugiés et des personnes déplacées, à Diffa, au Niger.

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Une distribution de vivres et d'argent à des réfugiés et des personnes déplacées a viré au drame à Diffa, dans le sud-est du Niger. Selon un bilan provisoire, au moins 20 personnes ont été tuées, lundi 17 février, dans une bousculade.

"Malheureusement, il y a eu quinze femmes et cinq enfants qui sont décédées", a déclaré à la télévision publique Issa Lémine, le gouverneur de Diffa, qui a rendu visite aux blessés admis dans des centres de soin de cette ville. Un bilan confirmé par des sources humanitaires.

Selon Issa Lémine, une première distribution s'était "bien terminée" la veille à la Maison des jeunes et de la culture (MJC). Lundi matin, une deuxième opération de ce type devait avoir lieu à "l'arène de lutte traditionnelle" sécurisée pour l'occasion. Mais les réfugiés se sont dirigés vers le lieu de la distribution de la veille. "Très tôt, aux environs de 2 heures, les femmes se sont attroupées devant la MJC et à 6 heures quand on a ouvert le portail, il y a eu un mouvement d'ensemble et beaucoup de personnes sont tombées et ont été piétinées."

Une aide offerte par le gouverneur de l'État nigérian de Borno

"On distribuait des vivres – riz, huile et vêtements – et de l'argent, à raison de 5 000 nairas (15 euros, NDLR) par personne. Il étaient des milliers, en majorité des réfugiés, qui avaient appris la nouvelle de la distribution et qui ont quitté leurs camps, situés parfois à une centaine de kilomètres pour venir à Diffa", a expliqué à l'Agence France Presse un habitant. "Même de simples habitants de Diffa se sont rués pour espérer recevoir l'aide", a témoigné un autre. 

"D'habitude, ce sont des représentants des bénéficiaires qui viennent chercher les aides à Diffa et repartent les redistribuer sur les sites, mais cette fois ce sont les réfugiés eux-mêmes qui ont décidé de parcourir des dizaines de kilomètres pour venir recevoir leur aide", a dit un élu local à l'AFP.

L'aide était offerte par Babagana Umara Zulum, le gouverneur de l'État nigérian de Borno, dans le nord-est du Nigeria, qui est allé lundi visiter les sites de réfugiés nigériens ayant fui les attaques de Boko Haram et qui sont installés dans plusieurs zones de la région de Diffa depuis 2015. Ce responsable avait déjà quitté Diffa avant la bousculade, a précisé à l'AFP un officiel nigérien.

Un pays miné par l'insécurité et de graves inondations

La visite du gouverneur de Borno était la première d'un haut responsable civil nigérian dans cette région. Il s'est notamment rendu à Bosso, Garin-Wazan et Toummour, trois localités qui abritent plus de 100 000 réfugiés du Nigeria, sur un total de 300 000 dans toute la région.

En plus de l'insécurité liée aux attaques régulières de Boko Haram, Diffa est confrontée à de graves inondations provoquées par une crue de la Komadougou Yobé, la rivière qui sépare le Niger du Nigeria, qui ont déjà fait de plus de 20 000 personnes des sans-abri, selon les autorités locales. Les eaux ont également dévasté des champs de poivrons et de riz, deux piliers de l'économie locale.

Au total, le Niger, un des États les plus pauvres du monde, abrite près de 450 000 réfugiés (Nigérians, Maliens et Burkinabè) et déplacés internes, chassés par les violences jihadistes ou des bandes armées, selon les Nations unies, qui s'inquiète du manque de fonds pour couvrir tous les besoins.

Avec AFP

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