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Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim mis à l’arrêt samedi

La centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne des centrales françaises.
La centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne des centrales françaises. © Frederick Florin, AFP

Électricité de France (EDF) lancera samedi l'arrêt du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim en vue d'un arrêt complet du site le 30 juin. Une première étape après des années de débat qui intervient dans le cadre du rééquilibrage de la production d'électricité en France entre le nucléaire et les sources d'énergie renouvelables.

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Le décret confirmant l'arrêt total et définitif des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin juin 2020 et signé par Édouard Philippe et la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, est paru mercredi 19 février au Journal officiel. Il ouvre la voie à l'arrêt définitif, dés samedi, du réacteur n°1, une première étape sur le long chemin du démantèlement.

"Cet événement, annoncé et repoussé de manière récurrente par les précédents gouvernements, (...) constitue une première étape dans la stratégie énergétique de la France, qui vise un rééquilibrage progressif entre l'électricité d'origine nucléaire et l'électricité d'origine renouvelable tout en poursuivant la baisse des émissions de gaz à effet de serre issues de la production d'électricité grâce à la fermeture des centrales à charbon d'ici 2022", s'est félicité Matignon dans un communiqué.

"L’État n’est pas au rendez-vous"

Le Premier ministre a également vanté "l'esprit de responsabilité d'EDF et de ses organisations syndicales, mobilisés pour apporter le meilleur accompagnement social possible pour l'ensemble des salariés concernés".

Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger, président d'une mission d'information sur le suivi de la fermeture du site, a cependant estimé mardi que l'État n'était "pas au rendez-vous" et a alerté sur "les conséquences pour le territoire". Avec l'arrêt de la centrale, Raphaël Schellenberger a aussi pointé la suppression de "plus de 2 000 emplois" directs ou indirects, l'impact sur les commerces ou l'immobilier.

Mercredi, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a assuré que la fermeture n'entraînera "aucune perte d'emploi". "On s'est assuré auprès d'EDF que tous les salariés de la centrale retrouveront un emploi. [...] Les
salariés d'EDF seront tous reclassés, il y aura un accompagnement particulier pour les sous-traitants et aussi un
accompagnement pour les commerçants."

Une centrale devenue le symbole de tous les dangers de l'atome

Mise en service en 1977, la doyenne des centrales françaises en activité aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande, qui scella son sort en promettant sa fermeture dès 2011, mais aussi des grèves de la faim et d'innombrables manifestations d'opposants.

Bâtie à la frontière entre la France et l'Allemagne, non loin de la Suisse, la centrale est devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les anti-nucléaire des trois pays, qui n'ont cessé de pointer, outre le vieillissement qui complexifierait le remplacement de certaines pièces, une situation en contrebas du grand canal d'Alsace et dans une région à la sismicité avérée. Des critiques qui se sont intensifiées après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011 au Japon.

Des voix dénoncent à l'inverse l'absurdité de se priver de cette source d'énergie décarbonée alors que la France s'est fixé pour horizon la neutralité carbone en 2050.

>> À lire : Avec 58 réacteurs, le parc nucléaire français est le deuxième au monde

Dans un paysage français où les centrales nucléaires assurent 70 % de la production d'énergie - de loin la plus forte proportion au monde, avec le deuxième plus important parc nucléaire au monde derrière les États-Unis - un réacteur comme ceux de Fessenheim produit en moyenne chaque mois l'équivalent de la consommation de 400 000 foyers, selon EDF. Cette fermeture s'inscrit dans le cadre du projet du gouvernement de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % dans la production d'électricité du pays d'ici 2035.

L'arrêt en douceur du réacteur de 900 mégawatts (MW) à eau pressurisée commencera à 20H30 vendredi, selon une procédure identique à celle utilisée lors des phases de maintenance. La température et la pression, qui atteignent 306,5°C et 155 bars à pleine puissance, baisseront progressivement dans le circuit primaire du réacteur et, lorsque le réacteur atteindra 8 % de sa puissance, il sera déconnecté du réseau électrique national", explique EDF. Le réacteur n°1 sera donc mis à l'arrêt à 02H30 du matin samedi. Il sera suivi du réacteur n°2 le 30 juin.

Avec AFP et Reuters

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