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Municipales: dans Bordeaux changée, Pierre Hurmic l'opposant vert dure

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Bordeaux (AFP)

Opposant opiniâtre mais longtemps marginal d'Alain Juppé depuis 25 ans, l'avocat écologiste Pierre Hurmic s'assume à la fois "notable" et "frondeur", rêvant de faire basculer Bordeaux à la faveur d'une "vague

Ah, si seulement "la génération Greta" pouvait déjà voter... Un moment émouvant de sa campagne, assure Pierre Hurmic à l'AFP, a été son apostrophe, il y a quelques jours, par des éco-délégués d'un collège "qui ne rigolaient, mais alors pas du tout: pourquoi vous continuez à cimenter la ville ?".

"Mais ils ne votent pas, les gamins !", sourit M. Hurmic. "Ce qui est nouveau par contre, c'est qu'ils emmènent leurs parents voter. Plein de gens de ma génération m'ont avoué avoir voté pour la première fois écolo aux Européennes parce que leur fils, leur fille, leur avait demandé."

Surfer sur cette seule "vague verte", dans la foulée du 21,5% d'EELV des Européennes à Bordeaux, ne suffira pas, il le sait. Même si les sondages le donnent dans un mouchoir (à 30-33%) avec le néo-maire LR "héritier" de M. Juppé, Nicolas Florian (33-34%). Car désormais, tout le monde s'est mis au vert, aux promesses de kilomètres de voies cyclables, de végétalisation, de cantines vertueuses...

"Je ne leur reproche pas de faire de l'écologie le thème majeur de la campagne, j'en suis ravi !, mais d'avoir été méprisants, nous traitant d'archaïques +proposant la bougie+, quand on défendait des solutions qu'ils reprennent aujourd'hui à leur compte", grince l'élu aux 25 ans de conseil municipal.

Mais le Pyrénéen du village de Saint-Palais, venu étudier à Bordeaux pour n'en plus partir, a le cuir épais et l'endurance de celui qui à 64 ans s'avale un semi-marathon tous les samedis depuis 30 ans. "Je suis Basque. Quand j'ai une idée, je la lâche pas."

Bien avant d'entrer au conseil municipal en 1995, comme Alain Juppé, il menait ses premiers combats, associatifs. Contre le métro que souhaitait Chaban-Delmas, au lieu du tramway, "mieux adapté à une ville ni dense, ni compacte" et que M. Juppé eut "l'intelligence" de choisir.

- Bordeaux "magnétique" ou "asphyxiée" -

Et s'il a vu depuis Bordeaux transformée, embellie, son jugement est sévère pour le dernier mandat d'un Juppé "absent" où "la ville soi-disant +magnétique+ et +attractive+ a en fait été asphyxiée par une promotion immobilière débridée. C'est elle qui a défini l'urbanisme des dernières années, pas les pouvoirs publics !".

D'où des options - "zéro artificialisation des sols", "50% de tous aménagements voués aux piétons-cyclistes" - de sa liste "Bordeaux respire", qui a réussi à coaguler, hormis LFI, une gauche en jachère, en intégrant 50% de noms de la société civile.

C'est à son ancien prof de Sciences Po, le sociologue Jacques Ellul, que Pierre Hurmic dit devoir l'étincelle initiale: "Les bases, avec 40 ans d'avance, d'une réflexion critique sur la notion de progrès", l'idée "qu'il existe un autre modèle de société, respectueux de ce que déjà il appelait l'écosystème".

En 25 ans, il aime à penser qu'il a "en tant qu'opposant, eu de l'influence". D'ailleurs, Alain Juppé ne l'a-t-il pas approché en 2008, pour devenir adjoint ? "Il avait mauvais caractère, moi aussi. On se serait engueulé au bout de 15 jours !".

"On ne lui dicte pas une ligne". D'où peut-être au fil des ans "des difficultés avec l'appareil des Verts, qui n'aime pas les autonomes ni les indépendants", sourit Noël Mamère, ex-maire de Bègles, qui fit entrer en politique celui qui était alors son avocat. Défendant aussi, entre autres, faucheurs d'OGM, anti-Linky, ou... réfugiés tibétains. "Pierre c'est un intègre, un homme sain, pas un tordu."

Rien, en somme, à même d'effrayer un électorat bordelais sagement conservateur, pour qui la silhouette menue à vélo de Pierre Hurmic près du tribunal, à la mairie, est une vue familière, presque rassurante d'une conscience verte locale. "Rouage du système", cingle son rival à gauche Philippe Poutou, pour qui présenter M. Hurmic comme "l'alternance" est une "imposture".

"Je suis avocat, économiquement un bourgeois, un notable, élu depuis des années. Je ne renie pas, je ne vais pas jouer un autre personnage", assume le candidat. En rappelant volontiers qu'à leur heure, révolutionnaire, les Girondins ont aussi su être "frondeurs".

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