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Dans "Dark Waters", Todd Haynes s'attaque aux polluants chimiques

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Paris (AFP)

Dans "Dark Waters", en salles mercredi, le réalisateur américain Todd Haynes change de registre pour s'essayer au cinéma de dénonciation, à travers l'histoire vraie d'un avocat qui s'est battu contre le géant de la chimie DuPont, au coeur d'un scandale de polluants.

Dans ce film, l'acteur Mark Ruffalo ("Zodiac", "Avengers") incarne l'avocat Robert Bilott, qui a mené une longue bataille judiciaire contre DuPont, au nom de quelque 70.000 personnes dont l'eau potable avait été contaminée par de l'acide perfluorooctanoïque (PFOA) en Virginie occidentale.

Les composés perfluorés, qui servent notamment dans la fabrication des poêles antiadhésives, certains emballages alimentaires et les revêtements anti-tâches, sont très persistants dans l'environnement et soupçonnés d'être cancérogènes et d'être des perturbateurs endocriniens.

C'est Mark Ruffalo, également militant écologiste et l'un des producteurs du film, qui a été à l'origine du projet, après la publication en 2016 dans le New York Times Magazine d'un article racontant cette affaire. Il l'a proposé à Todd Haynes, qui dit avoir été "stupéfait et choqué" par cette histoire.

"+Dark Waters+ s'éloigne un peu du style de films auquel je suis la plupart du temps associé", reconnaît Todd Haynes, surtout connu pour ses mélodrames élégants dans la lignée de Douglas Sirk, comme "Loin du paradis" et "Carol".

"Néanmoins, cela reste un film de genre: le cinéma de dénonciation, pourrait-on dire faute de mieux. J'ai toujours adoré ce genre là", poursuit le cinéaste dans les notes de production du film, citant parmi ses références "Les Hommes du président" d'Alan J. Pakula et "Révélations" de Michael Mann.

Pour raconter minutieusement cette histoire de lanceur d'alerte solitaire, tout en tenant le spectateur en haleine, Todd Haynes s'est notamment entretenu avec Robert Bilott, certains de ses anciens confrères et les autres parties prenantes à l'affaire.

"C'était pour moi le plus grand défi: être fidèle aux faits et faire preuve de respect envers chaque personnage en prenant en compte sa singularité, tout en rendant l'histoire accessible et captivante", explique le cinéaste, pour qui "ce film est d'une brûlante actualité".

"Les engagements en matière d'amélioration de la qualité de l'eau et de l'air, ou en faveur des espèces en voie d'extinction ou du changement climatique n'ont jamais été respectés", souligne-t-il, estimant qu'il y a "comme une urgence à faire voir ce film, à laisser les gens s'en emparer".

Lors d'une récente visite au Parlement européen à Bruxelles, Mark Ruffalo avait appelé les Européens à être des "héros" de la lutte contre les polluants chimiques.

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