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En Corée du Nord, le coronavirus pourrait créer le chaos, selon des experts

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Séoul (AFP)

L'isolement que la Corée du Nord s'est imposée face à l'épidémie de pneumonie virale qui fait rage en Chine est sa seule protection devant une maladie que son fragile système de santé ne parviendrait pas à contenir, selon des experts.

La Corée du Nord a été parmi les premiers pays à fermer sa frontière avec la Chine, qui est son premier partenaire commercial et son premier fournisseur d'aide. Elle a suspendu les liaisons aériennes et ferroviaires, interdit les visites de touristes et imposé une quarantaine de 30 jours pour les personnes soupçonnées d'être porteuses du virus.

Les autorités de Pyongyang assurent qu'elles contrôlent la situation. Le quotidien officiel Rodong Sinmun l'a affirmé une nouvelle fois vendredi: "Heureusement, l'infection au nouveau coronavirus n'est pas encore entrée dans notre pays".

- Infrastructure médicale faible -

Mais si cela se produisait, le pays serait menacé d'un chaos sanitaire, selon des experts. La Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions économiques internationales en raison de ses programmes d'armement nucléaire et de missiles balistiques, a une infrastructure médicale faible.

Les hôpitaux souffrent d'une alimentation irrégulière en eau et en électricité et de pénuries chroniques de médicaments.

"S'il y a un déclenchement de la maladie, le système nord-coréen sera impuissant", prédit Choi Jung-hun, un ancien médecin nord-coréen passé en Corée du Sud en 2012. "Cela échappera à tout contrôle".

Selon le bureau de l'ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha), il manque à la Corée du Nord "des médicaments essentiels", des matériels pour les laboratoires, "des équipements médicaux, thérapeutiques et diagnostiques et des fournitures pour des interventions sanitaires critiques et urgentes".

Dans l'index 2019 de la sécurité sanitaire mondiale établi par un centre de recherche de l'université américaine Johns-Hopkins, la Corée du Nord arrivait au 193e rang sur 195 pays, devançant seulement la Somalie et la Guinée équatoriale.

Pyongyang a déjà recouru dans le passé à la méthode de l'isolement national devant des menaces sanitaires.

Le pays a interdit les visites de touristes pendant plus de quatre mois à partir d'octobre 2014 pour se préserver du virus Ebola, bien qu'aucun cas n'ait été détecté en Asie.

Et il a bloqué tous les voyages pour six mois pendant l'épidémie de Sras, qui a tué en 2002-2003 près de 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong.

M. Choi, qui est à présent professeur dans un institut de recherches sud-coréen, a raconté que pendant une épidémie de rougeole en 2006, il avait été posté sur les trains allant du port nord-coréen de Chongjin à la capitale Pyongyang avec l'ordre de détecter toutes les personnes présentant des signes de fièvre.

"Le point le plus crucial est de défendre le régime à Pyongyang", a-t-il déclaré à l'AFP, soulignant que la crainte du virus avait fait que le leader Kim Jong Un n'était pas paru en public pendant plus de trois semaines.

- "Survie nationale" -

Les médias d'Etat ont assuré ces dernières semaines une large couverture des mesures anti-virus, qualifiées de lutte pour "la survie nationale".

Des responsables portant des masques ont été montrés en train de tenir des réunions d'urgence, de même que des employés désinfectant les lieux publics.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) n'a pas contredit l'affirmation de Pyongyang qu'il n'y a pas de contaminations en territoire nord-coréen. "Pour le moment, il n'y a pas de signaux ou d'indications que nous ayons affaire à la maladie Covid-19 là-bas", a déclaré à des journalistes Michael Ryan, directeur des urgences de l'OMS.

Cependant des transfuges et des informations de médias sud-coréens affirment qu'il y a eu des infections. Et Thae Yong Ho, ancien numéro deux de l'ambassade de Corée du Nord à Londres qui a fait défection en 2016, doute de la fiabilité de l'information de l'OMS.

Selon lui, les organisations internationales présentes dans le pays ne sont pas en mesure d'établir les faits de manière indépendante.

"La seule information que le bureau de l'OMS à Pyongyang peut obtenir est l'information unilatérale du régime", estime ce transfuge.

Toutefois, Kee Park, conférencier à la Harvard Medical School qui a participé à 18 missions médicales en Corée du Nord, souligne que les autorités ont mis en place "une stratégie de prévention maximale". "Ces mesures reflètent l'évaluation réaliste que le gouvernement fait de la fragilité de son système de santé".

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