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XV de France: Edwards, un infiltré à la défense

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Marcoussis (France) (AFP)

Des retrouvailles forcément spéciales: après onze ans avec les Gallois, l'entraîneur anglais Shaun Edwards retrouve ses anciens protégés samedi à Cardiff, dans la peau cette fois du patron de la défense du XV de France.

"Gros caractère", "perfectionniste", "énervé", "sévère mais précis"... voici en résumé le portrait que dressent les joueurs français du personnage Edwards, en poste depuis janvier dans le staff de Fabien Galthié. Pas vraiment du genre loquace. Plutôt mutique déterminé.

"C'est quelqu'un qui est sûr de ce qu'il fait, qui a énormément de convictions", explique le troisième ligne François Cros, "il nous transmet sa rage d'avancer, de gagner, et ça s'est vu sur les premiers matches" des Six nations.

Si la France est première du Tournoi au moment de jouer à Cardiff un match déterminant, après les victoires contre l'Angleterre (24-17) et l'Italie (35-22), c'est en partie grâce au bébé de l'Anglais, la "rush defense".

Mise doucement en place depuis la Coupe du monde au Japon et intensivement depuis l'arrivée de l'ancienne gloire du rugby à XIII sous les ordres de Galthié, cette méthode exigeante faite de montées défensives rapides et agressives a révolutionné le rugby moderne.

- "Il s'énerve dans le bon sens" -

Restait à voir si cette stratégie et son créateur, qui ont permis aux Gallois de remporter leur quatre derniers Tournois (2008, 2012, 2013, 2019), pouvaient s'exporter de ce côté de la Manche malgré la barrière culturelle et linguistique.

"Il fait énormément d'effort, il prend des cours de français. Au début, on ne comprenait pas trop, c'était particulier, mais il travaille beaucoup et maintenant on arrive à le comprendre, il est plus à l'aise", apprécie Cros.

Le deuxième ligne Bernard Le Roux détaille: "il montre des vidéos, il dit +c'est bien, c'est pas bien+, il s'énerve dans le bon sens".

"A 30 ans, je ne pensais pas pouvoir apprendre beaucoup mais avec lui j'apprends tous les jours, c'est incroyable", poursuit le Racingman, "c'est l'entraîneur le plus exigeant que j'ai eu en défense".

Il faut le voir, à l'entraînement à Marcoussis, imprimer sa marque à coup d'injonctions: "attaque!", "Plaque!", "Lève!". Pas de phrases, des mots-clés.

Paul Willemse, deuxième ligne, acquiesce: "Il ne parle pas trop mais il est très précis, il montre les bonnes et les mauvaises choses, c'est rapide, c'est simple".

Dossard rouge estampillé "Staff" sur le dos, le ronchon chauve de 53 ans dirige des Français tous plus grands que lui, occupés à se plaquer armés de boucliers. Il regarde un temps une note qu'il a en main, un temps sa montre, l'air agacé.

Il pense peut-être aux errances de ses nouveaux garçons sur les deux essais anglais et surtout sur les trois de l'Italie. Des errances qu'il aimerait voir effacées au Millennium.

- "Hâte d'en découdre" -

Dans une enceinte où il se sentira peut-être encore davantage chez lui qu'au Stade de France, où il lui arrive de se perdre, ce match sera forcément particulier pour Edwards. Même si l'homme n'en montre rien.

"On ne peut pas dire qu'il s'implique plus. Il est très nerveux tout le temps", rigole Cros. "Il a hâte autant que nous, si ce n'est plus, d'en découdre".

Edwards n'est "pas spécialement concentré sur le symbole que pourrait représenter pour lui l'idée de revenir en terrain connu", balaie également le manager des Bleus Raphaël Ibanez, qui souligne la "plus-value certaine de Shaun depuis le premier jour".

Un infiltré qui a dû prodiguer des conseils appréciables pour percer le rideau expérimenté gallois. Cros appuie: "c'est une chance dans nos rangs, il les connaît par coeur". Effet miroir, les Gallois aussi, le connaissent par coeur.

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