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Coronavirus: opération déminage des autorités en Normandie

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Danestal (France) (AFP)

"Les masques sont-ils changés tous les jours?" Une poignée de riverains du centre de vacances de Branville (Calvados) ont interrogé les autorités samedi matin sur les conditions d'accueil des Français rapatriés de la zone de Chine la plus touchée par l'épidémie du nouveau coronavirus.

Une vingtaine d'habitants seulement avaient pris place dans la salle des fêtes aux trois quarts vide de Danestal, à quelques kilomètres du centre Pierre & Vacances, à Branville, où sont placés en quarantaine les rapatriés pendant 14 jours.

Cette faible affluence est la preuve, selon la maire de Branville, Stéphanie Clouet, du peu d'inquiétude des quelque 600 habitants des deux communes concernées.

Les 29 Français sont arrivés vendredi après-midi au Normandy Garden, un centre de vacances de 12 hectares dont 77 cottages ont été réquisitionnés pour l'occasion. Parmi eux, figurent au moins trois enfants en bas âge et une personne âgée, selon les autorités.

"On les a vus fatigués. Sans doute que les dernières semaines de leur vie en Chine les a fatigués. Ils étaient contents d'être arrivés, contents d'être accueillis", a décrit Christine Gardel, directrice général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Normandie.

"Il n'y a aucune inquiétude à avoir. Il n'y a que des gens qui n'ont aucun symptôme viral", a rassuré Mme Gardel. "Ils vont se surveiller eux-mêmes. Chaque jour, ils doivent noter leur température et d'éventuels symptômes".

Le préfet Philippe Court a précisé que les rapatriés avaient été accueillis "par un panier de spécialités normandes", dont du cidre et du caramel.

- "Fake news"-

Les habitants ont eu tout le loisir d'exprimer leur interrogations et parfois leur mécontentement sur l'accueil de leurs compatriotes.

"Si vous dites qu'il n'y a pas de risque, j'ai du mal à comprendre que les habitants ne soient pas prévenus avant", a ainsi lancé un homme. "Les habitants comptent pour du beurre?", a-t-il demandé, estimant que les "fake news" venaient de ce "manque de communication".

"Aujourd'hui, le temps médiatique est extrêmement rapide", a répondu le préfet, disant avoir organisé la réunion d'information aussi vite que possible.

"Quand on a un cancer, doit-on prendre des dispositions plus importantes?", a demandé une femme. "Vous n'avez aucune crainte à avoir quant à la présence de ces personnes", a insisté le professeur Renaud Verdon, chef de l'unité maladies infectieuses et tropicales au CHU de Caen.

"Y a deux personnes de Danestal qui viennent de partir au Vietnam. Y a pas de risque quand ils vont rentrer?", a lancé une autre femme au manteau rouge, tandis qu'un homme à catogan s'enquérait sur un éventuel "dédommagement" pour compenser la "médiatisation" de Branville.

"Non, il n'y aura pas d'indemnisation parce que vous avez été sollicités par les médias", a calmement expliqué le préfet.

Les questions ont aussi porté sur les masques de protection portés par les rapatriés lorsqu'ils sortent de leurs cottages. Un simple "principe de précaution", selon le Dr Verdon. Chaque rapatrié a été doté de 50 masques à son arrivée et doit en changer au moins une fois par jour.

"La contagion se fait par voie respiratoire. Il faut être à moins d'un mètre et que la personne parle, tousse ou postillonne", a expliqué le médecin. "Le temps d'incubation, en moyenne, c'est 5 jours", a-t-il ajouté, précisant que la période de 14 jours était un "grand maximum".

En cas de symptôme, la personne touchée serait immédiatement hospitalisée au CHU de Caen.

A la sortie, les habitants étaient globalement satisfaits. "Ils ne nous disent que ce qu'ils veulent bien nous dire", marmonnait cependant une dame âgée.

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