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En Arabie saoudite, le G20 se penche sur les retombées du nouveau coronavirus

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Ryad (AFP)

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 ont entamé samedi une réunion à Ryad consacrée principalement aux retombées de l'épidémie du nouveau coronavirus sur l'économie mondiale.

La réunion des responsables des vingt premières économies organisée en Arabie saoudite, première nation arabe à présider le G20, vise également à avancer vers un consensus sur les moyens de parvenir à un système de taxation international plus équitable sur le numérique.

Elle a lieu sur fond d'inquiétudes grandissantes face au nouveau coronavirus qui a poussé les autorités chinoises à isoler des millions de personnes pour empêcher la propagation de la maladie, ce qui A entraîné des répercussions majeures sur l'économie mondiale.

L'épidémie a déjà fait 2.345 morts en Chine, a paralysé les transports et forcé des entreprises à cesser toute activité.

L'impact de l'épidémie pourrait être de courte durée, mais celle-ci survient dans un contexte de "fragilité" de l'économie mondiale, a déclaré la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, lors d'une réunion préparatoire à Ryad vendredi.

Un plan d'action visant à protéger l'économie mondiale, souffrant déjà d'un ralentissement, des conséquences de l'épidémie est au coeur des discussions, a déclaré samedi le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

- "Question ouverte" -

Le scénario privilégié actuellement est celui d'une chute des activités économiques suivie d'une reprise rapide de la l'économie mondiale "mais la question reste ouverte", a dit M. Le Maire, évoquant la possibilité d'une baisse de la croissance sans reprise vigoureuse.

La Chine n'a pas envoyé de responsables à la réunion et se fait représenter par son ambassadeur.

La rencontre est présidée par le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, et le gouverneur de la banque centrale, Ahmed al-Kholifey.

Un symposium de niveau ministériel a eu lieu samedi matin sur les défis fiscaux posés par la numérisation de l'économie et les ministres doivent se réunir a huis clos dans l'après-midi.

- Consensus sur la taxation -

"Il y a un consensus parmi les membres du G20 sur la nécessité d'avoir un nouveau système de taxation international pour des raisons d'équité et d'efficacité", a déclaré M. Le Maire.

Le consensus concerne aussi le "cadre global" de ce système, a-t-il ajouté, appelant les participants à trouver un "compromis" d'ici la fin 2020, scénario préférable aux multiples "solutions nationales", un point de vue partagé par le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin.

"Dans une économie mondialisée, il est impossible d'avoir des systèmes fiscaux nationaux qui entrent en conflit les uns avec les autres", a déclaré M. Mnuchin à Ryad.

La Grande-Bretagne prévoit d'imposer une taxe sur les géants du numérique, malgré les menaces américaines d'imposer des mesures de rétorsion. D'autres nations européennes comme l'Italie et l'Autriche ont introduit leur propre taxe numérique, mais Paris a suspendu ses plans.

Les Etats-Unis ont ouvert en décembre une procédure contre la France après la mise en application d'une taxe sur le numérique jugée discriminatoire à l'égard des GAFA, acronyme désignant les géants américains Google, Amazon, Facebook et Apple, une accusation que Paris conteste.

En janvier, la France a choisi de reporter le paiement prévu initialement cette année de cette taxe et les Américains ont suspendu les sanctions commerciales qu'ils menaçaient d'appliquer en représailles sur des produits français comme le vin.

Avec cette trêve, les deux pays souhaitent donner du temps à l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) afin de trouver un accord mondial d'ici fin 2020 sur la taxation du numérique.

L'Arabie saoudite, qui a succédé au Japon à la tête du G20, accueillera un sommet des dirigeants du groupe les 21 et 22 novembre prochains.

Selon les organisateurs, l'Arabie saoudite organisera plus de 100 événements et conférences avant le sommet, dont des réunions ministérielles.

Des groupes de défense des droits humains ont exhorté les Etats membres du G20 à faire pression sur le royaume qui a intensifié la répression de toute voix dissidente, emprisonnant militantes, journalistes et opposants.

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