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Jimmy Lennon Jr, LA voix de la boxe qui annonce depuis 30 ans "It's showtime!"

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Las Vegas (Etats-Unis) (AFP)

"It's showtime !": Jimmy Lennon Jr, speaker des plus grands combats de boxe de ces trente dernières années, scande son annonce emblématique à l'AFP, à la veille du "rematch" très attendu entre Deontay Wilder et Tyson Fury, qu'il présentera samedi à Las Vegas.

Quelques minutes avant d'accorder au débotté une interview, le fringant annonceur de 61 ans, à l'élégance vestimentaire éprouvée et à la voix d'une clarté toujours exemplaire, s'est une nouvelle fois retrouvé entre les deux boxeurs qui se sont livré au traditionnel exercice de la pesée, dans une ambiance moins électrique que mercredi lors de leur conférence de presse, où ils se sont invectivés et poussés.

Impassible, concentré à bien lire ses fiches, à soigneusement prononcer les noms et à annoncer le poids de chacun, Jimmy Lennon Jr a, comme à son habitude, parfaitement fait le job.

"Je dois m’assurer que tout le monde soit satisfait. Les télévisions, les promoteurs et les boxeurs. Je m’assure de ne pas écorcher le nom de leur ville ou leur surnom. Et je ne livre jamais un pronostic, car je veux rester neutre, pour que tout le monde soit content", explique-il.

"Sur un ring, ma fonction n'est pas seulement de présenter les boxeurs au public. Pour faire ce métier, il faut aimer la boxe et surtout bien la connaître. Plusieurs fois dans ma carrière, j'ai eu à corriger des décisions de juges ou à clarifier certaines situations. Il faut aussi savoir s'effacer derrière les boxeurs car ce sont eux les stars du spectacle qui est proposé au public, certainement pas moi", ajoute-t-il.

- "Enfant de la balle" -

Comment devient-on speaker de boxe ? Dans le cas de Jimmy Lennon Jr, on se fait inoculer le virus par le paternel qui fut lui même un vénérable annonceur, interprète de l'hymne américain "The Star-Spangled Banner". Une célébrité du genre qui joua même son propre rôle dans des films comme "Raging Bull" ou "Rocky III".

"J'ai grandi dans cet univers, j'ai assisté à des combats qu'il présentait ou je les regardais à la télé. Et finalement j'ai pu moi-même en annoncer. J'ai de la chance car il m'a transmis les bons gènes, un bon patronyme aussi et tout son professionnalisme", dit-il de sa voix légèrement aiguë et chantante.

Celui qui confie avoir "l'impression de faire le meilleur métier du monde", n'a pas vraiment de formule secrète pour donner de la voix sans accroc, tout en devant parfois donner le ton aux soirées qui s'annoncent chaudes. "Je bois du thé, je parle peu avant un évènement, je fais attention... Mais rien de comparable aux précautions prises par les chanteurs."

En trente ans, Jimmy Lennon Jr en a accumulé des souvenirs de rings.

Son "premier méga-combat", il s'en souvient comme si c'était hier. Or c'était il y a pile trente ans, à Tokyo, bien loin de Las Vegas où se concentrent l'essentiel des combats qu'il introduit.

- A Mexico, devant 135.000 personnes -

"C’était Mike Tyson contre James Buster Douglas. L’une des plus grandes surprises de l’histoire de la boxe car Tyson était tombé KO. C’était incroyable, je me suis dit après +c’est un combat historique+", dit-il les yeux brillants.

Quoi de mieux au fond pour lancer une carrière, pour celui qui verra ensuite de près la fameuse morsure de Mike Tyson à l’oreille d’Evander Holyfield - "quelque chose d'énorme!" - en 1997, ou encore les combats entre Floyd Mayweather et Manny Pacquiao…

"Mais mon souvenir sans doute le plus marquant de tous les combats que j’ai annoncés remonte à 27 ans. C'était devant la plus grande foule de l’histoire de la boxe, 135.000 personnes à Mexico, pour l'affrontement entre Julio Cesar Chavez et Greg Haugen", sourit-il.

Jimmy Lennon Jr, qui confie avoir appris à apprécier plusieurs boxeurs différents avec le temps, estime que Floyd Mayweather "est un maître sur le ring". "Il ferait passer bien des champions du monde et futurs Hall of Famers pour des amateurs."

Malgré des situations chaudes qui peuvent se produire, il assure n'avoir jamais vraiment eu peur sur un ring.

"J'ai plutôt dû lutter contre les distractions. Parfois, les boxeurs sautent dans tous les sens, dans les coins ça crie +On va t’avoir! Ça va taper, ça va taper! Allez champion on y va!+. C’est le chaos sur le ring, mais moi je dois me concentrer sur ce que je dois dire."

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