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Réforme des retraites : les députés votent la garantie d'un "niveau de vie digne"

La réforme des retraites est actuellement examinée à l'Assemblée nationale. (illustration)
La réforme des retraites est actuellement examinée à l'Assemblée nationale. (illustration) © Christophe Archambault, AFP

L'Assemblée nationale a adopté dimanche un amendement gouvernemental inscrivant dans le texte un objectif de "niveau de vie digne" pour les retraités. L'amendement figure dans l'article 1 de la réforme des retraites que les députés sont toujours en train d'examiner.

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Peu d'avancées, mais des amendements symboliques. Dimanche 23 février, l'Assemblée nationale a adopté un amendement gouvernemental inscrivant dans le texte un objectif de "niveau de vie digne" pour les retraités. Il s'agit d'inscrire symboliquement cet "objectif de garantie d'un niveau de vie satisfaisant et digne aux retraités" dans les principes généraux du système universel des retraites, objet de l'article 1 que les députés sont toujours en train d'examiner.

Dans un rare moment d'harmonie sur ce projet de loi, les députés de plusieurs bords avaient plaidé en ce sens. Le communiste Stéphane Peu avait requis l'inscription du terme "digne" dans ces objectifs, arguant que la dignité figurait dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme. L'amendement visait à remplacer ainsi le terme de "satisfaisant" avancé par le gouvernement, qu'il a qualifié de "concept gazeux".

Il a été soutenu notamment par l'insoumis Éric Coquerel. Un amendement similaire avait été déposé par la marcheuse de l'aile gauche Martine Wonner. L'UDI Thierry Benoit s'était prononcé pour l'adoption de l'amendement communiste, une "belle proposition".

Dans une "volonté de compromis et d'accélération de nos travaux", le secrétaire d'État Laurent Pietraszewski a proposé d'allier "satisfaisant" et "digne" dans la formulation de l'amendement gouvernemental.

"Une retraite digne, ça a quand même une autre figure qu'une retraite simplement satisfaisante"

Le communiste Pierre Dharréville a salué "la créativité du gouvernement", indiquant que les communistes, "pas jaloux", étaient prêts à voter la proposition gouvernementale. "Une retraite digne, ça a quand même une autre figure qu'une retraite simplement satisfaisante", s'est-il félicité.

Le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, a salué "l'évolution du débat", loin du "concours de synonymes auquel on se livrait" samedi. Il a appelé à avancer dans le texte, pour "donner du sens aux mots".

"M. Fesneau, votre intervention, sauf à remettre de l'huile sur le feu ne me paraît pas judicieuse", a regretté le LR Thibault Bazin, demandant au ministre d'arrêter "de mettre en valeur l'obstruction".

En fin d'après-midi, les députés ont adopté deux autres amendements, présentés par les rapporteurs du texte (LREM et MoDem) au nom de la commission spéciale. Le premier, à valeur symbolique, souligne le caractère "solidaire" des cotisations et contributions retraites. Le second, soutenu par la gauche, insiste sur la prise en compte "des gains de productivité" dans le pilotage du système des retraites.

Un possible recours au 49-3

Mais l'entente cordiale n'a pas duré. Des moments de tension ont émaillé l'après-midi. La majorité a encore reproché aux insoumis et aux communistes de "bloquer" l'Assemblée avec leurs milliers d'amendements, "une logorrhée antiparlementaire", selon le rapporteur Nicolas Turquois (MoDem).

"Vous voulez une opposition qui ne s'oppose pas ? (...) Buvez un bon coup, respirez un bon coup, ça ira mieux après", a réagi Jean-Luc Mélenchon (LFI), en critiquant la tentation "autoritaire", voire "totalitaire" des LREM, pendant que le communiste Fabien Roussel accusait la majorité de vouloir "raser l'Assemblée".

Dans toutes les têtes, après une semaine de piétinement, les spéculations sur un possible recours du gouvernement au 49-3, cet arme de la Constitution qui permet de faire passer un texte sans vote à l'Assemblée.

Avec AFP
 

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