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A Najaf en Irak, ni école ni pèlerinage à cause du coronavirus

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Najaf (Irak) (AFP)

Mausolée fermé, écoles closes et rues désertes: à Najaf, les rares attroupements ont lieu près des pharmacies prises d'assaut par des Irakiens paniqués dans une ville sainte chiite fortement fréquentée par des pèlerins venus d'Iran --premier foyer de coronavirus au Moyen-Orient.

Lundi, les autorités ont annoncé le premier cas de contamination en Irak: un étudiant en religion à Najaf, ressortissant iranien de retour de vacances dans sa famille.

Depuis, la ville sainte située à 200 kilomètres au sud de Bagdad, s'est peu à peu refermée. A commencer par le mausolée de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure fondatrice de l'islam chiite, fréquenté chaque année par des millions de chiites venus principalement d'Irak et d'Iran pour embrasser ou caresser de la main portes, pierres et Coran disséminés dans cette immense lieu de culte.

Les autorités religieuses de la ville ont fermé dès lundi après-midi le bâtiment, ne laissant les pèlerins accéder qu'à l'esplanade à ciel ouvert qui l'entoure.

Mardi matin, écoliers et étudiants sont aussi restés chez eux. "Les 1.028 écoles de la province de Najaf ont été fermées en raison de la détection d'un premier cas de coronavirus dans la ville", a indiqué le porte-parole de la direction provinciale de l'Education. Et ce "pour 10 jours", a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué.

Des opérations de désinfection d'écoles ont déjà débuté, assure la direction de la Santé. Et "13 étudiants en religion ayant fréquenté le premier malade déclaré en Irak sont actuellement soumis à des examens médicaux", a indiqué à l'AFP le gouverneur de Najaf Louaï al-Yasseri.

Le ministère a aussi recommandé à l'ensemble des Irakiens --majoritairement chiites et qui se rendent pour beaucoup régulièrement à Najaf en pèlerinage ou en visite sur les tombes du plus grand cimetière du monde où reposent la plupart des chiites du pays-- d'éviter Najaf, "sauf cas de force majeure".

A Najaf, la vie semblait à l'arrêt, a rapporté un correspondant de l'AFP. Les rares habitants se risquant à l'extérieur se rendaient dans des pharmacies à la recherche de masques et de produits désinfectants.

"Cela fait deux jours qu'il n'y a plus de masques. Comment vais-je protéger mes enfants et ma femme", se lamente Hossam al-Khafaji, 29 ans, rencontré à la sortie d'une pharmacie du centre de la ville.

"Soit il n'y a pas de masques soit ils sont vendus à quatre dollars", près de quatre fois le prix habituel, dit-il encore à l'AFP.

Et, près de cinq mois après le début d'une révolte inédite dont la répression, les intimidations et près de 550 morts ne sont pas venus à bout, le campement antipouvoir était quasiment désert mardi, les protestataires semblant redouter une épidémie.

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