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La Suède convoque l'ambassadeur de Chine et demande la libération de l'éditeur suédois Gui Minhai

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Stockholm (AFP)

Le ministère suédois des Affaires étrangères a convoqué mardi l'ambassadeur chinois à Stockholm et a exhorté la Chine de libérer l'éditeur suédois d'origine chinoise Gui Minhai, condamné la veille en Chine à dix ans d'emprisonnement.

"Nous avons pris connaissance des informations concernant la décision à l'encontre de Gui Minhai et avons demandé confirmation aux autorités chinoises - à cet égard, le secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur chinois", a annoncé à l'AFP-TV Johan Ndisi, porte-parole du ministère.

"Nous avons réitéré nos demandes pour que Gui Minhai soit libéré et pour que nous ayons également un accès consulaire" pour M. Gui, a-t-il poursuivi, sans dévoiler le contenu exact des discussions.

A la fois libraire et éditeur, Gui Minhai, 55 ans, publiait à Hong Kong des livres au ton sensationnaliste sur la vie privée des dirigeants chinois, interdits en Chine continentale.

Un tribunal de Ningbo (Est de la Chine), qui a prononcé la condamnation lundi, a reconnu Gui Minhai coupable d'avoir "illégalement diffusé à l'étranger des informations classées", sans préciser la nature de ces dernières.

M. Gui "a reconnu sa culpabilité, accepté le verdict et ne fera pas appel", selon le communiqué du tribunal.

La justice a aussi assuré que l'éditeur avait demandé en 2018 à retrouver sa nationalité chinoise. Or, la Chine ne reconnaît pas de double nationalité.

Interrogé par l'AFP, le ministère suédois des Affaires étrangères a rappelé mardi que la citoyenneté du pays scandinave "ne pouvait être abandonnée qu'après examen et décision" d'une agence gouvernementale. "Gui Minhai est un ressortissant suédois", a-t-il insisté.

- Relations sino-suédoises tendues -

Plusieurs dirigeants politique de droite et de gauche ont dans le même temps demandé l'expulsion du diplomate chinois.

"L'ambassadeur devrait être déclaré persona non grata (...). La Suède doit maintenant être claire avec la Chine et exiger la libération, l'accès aux soins médicaux et un soutien consulaire" pour Gui Minhai, a défendu Håkan Svenneling, du Parti de gauche, cité par l'agence de presse TT.

Déjà condamné en 2015 en Chine pour une affaire de droit commun, Gui Minhai avait disparu la même année comme d'autres employés de cette entreprise lors de vacances en Thaïlande. Il était ensuite réapparu dans une prison chinoise en "avouant" à la télévision s'être rendu aux autorités en raison de son implication dans un accident de la route en Chine remontant à 2003.

Son entourage dénonce des poursuites à caractère politique.

La détention de Gui Minhai a gravement perturbé les relations entre la Chine et la Suède.

Stockholm avait vivement dénoncé en février 2018 l'interpellation "brutale" de M. Gui dans le train où des diplomates suédois l'accompagnaient, la jugeant "contraire aux règles internationales fondamentales sur le soutien consulaire".

En novembre dernier, la Chine avait exprimé sa colère lorsque la ministre suédoise de la Culture avait remis à M. Gui Minhai, en son absence, un prix de l'association de défense des écrivains PEN.

L'ambassadeur de Chine avait menacé Stockholm de "mesures de rétorsion" et Pékin avait annulé la venue en Suède de deux importantes délégations de patrons chinois.

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