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À New Delhi, affrontements meurtriers entre hindous nationalistes et musulmans

De violents affrontements entre groupes rivaux autour de la loi sur la citoyenneté ont secoué New Delhi, le 24 février 2020.
De violents affrontements entre groupes rivaux autour de la loi sur la citoyenneté ont secoué New Delhi, le 24 février 2020. © Danish Siddiqui, Reuters

La capitale indienne New Delhi est secouée par de nouvelles violences intercommunautaires, qui ont fait au moins 18 morts et plus de 150 blessés depuis dimanche. Il s'agit de la plus importante flambée de violence depuis le début des manifestations contre la loi sur la citoyenneté, il y a deux mois.

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Alors que le Premier ministre indien Narendra Modi vient de recevoir avec faste le président américain Donald Trump pour sa première visite officielle, la capitale New Delhi fait face à une flambée de violence entre groupes rivaux. Des affrontements violents ont lieu depuis dimanche 23 février autour de la loi sur la citoyenneté, jugée discriminatoire vis-à-vis des musulmans par ses détracteurs.

Ces violences ont opposé plusieurs centaines de partisans et détracteurs du texte controversé dans un quartier à majorité musulmane du nord-est de Delhi. Les échauffourées ont fait au moins 18 morts depuis dimanche, a annoncé mardi soir un responsable de l'hôpital de la zone affectée par les émeutes depuis dimanche.

Quelque 150 personnes ont été blessées, dont une dizaine se trouvent dans un état critique. "La plupart des décès ont été causés par des armes à feu", a déclaré le docteur Rajesh Kalra de l'hôpital GTB, situé dans le nord-ouest de la mégapole, précisant que huit de ces décès sont survenus mardi.

"Cette folie doit s’arrêter"

Des émeutiers armés de pierres, épées et parfois même pistolets, sèment le chaos et la terreur dans des zones périphériques à majorité musulmane du nord-est de la mégapole, éloignées d'une dizaine de kilomètres du centre.

Des bâtiments, commerces et véhicules ont été brûlés. Plusieurs journalistes ont été agressés. La tension restait extrêmement vive mardi et de nouveaux incidents ont été signalés. Les autorités ont interdit les rassemblements dans ces zones, en vertu d'une loi datant de la colonisation britannique.

"J'appelle tout le monde à arrêter la violence. Cette folie doit s'arrêter", a déclaré le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, selon des propos rapportés par l'agence Press Trust of India. Le porte-parole de la police a appelé les personnes dans la zone "à ne pas faire justice eux-mêmes" et a affirmé que les autorités puniraient les fauteurs de troubles.

>> À voir aussi : "La laïcité indienne en danger"

Cette flambée de violence survient au moment de la visite d'État en Inde du président Donald Trump, qui s'est entretenu avec le Premier ministre indien Narendra Modi mardi à New Delhi. Le dirigeant nationaliste hindou est confronté depuis décembre à un vaste mouvement de contestation contre une nouvelle législation qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans.

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80 % de la population. La loi a provoqué les plus importantes manifestations dans le pays d'Asie du Sud depuis l'arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014.

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