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Verdict Weinstein : "Un énorme pas vers notre guérison collective", pour le mouvement #MeToo

Les militantes des droits des femmes ont salué le verdict rendu lundi au procès de Harvey Weinstein.
Les militantes des droits des femmes ont salué le verdict rendu lundi au procès de Harvey Weinstein. © Johannes Eisele, AFP (archives)

Le verdict rendu lundi au procès de Harvey Weinstein a été largement salué lundi par le mouvement #MeToo. Les pionnières du mouvement, mais aussi les actrices qui ont notamment accusé le proudcteur d'agressions sexuelles, ont salué "un début de justice". 

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L'actrice Mira Sorvino a fondu en larmes après l'énoncé du verdict. "Le début de la justice. En attendant plus, mes sœurs", a réagi lundi 24 février sur Twitter la comédienne oscarisée, qui affirme avoir été harcelée par Harvey Weinstein. "Il a hanté bon nombre de nos vies, et même de nos cauchemars, longtemps après ce qu'il nous a fait subir à chacune d'entre nous", a ajouté auprès de l'agence AP l'une des 80 femmes qui ont accusé le magnat hollywodien d'abus sexuels.

L'ancien producteur de cinéma, âgé de 67 ans, reconnu coupable d'agression sexuelle et de viol, encourt une peine de 29 ans de prison. La sentence sera prononcée le 11 mars.

"L'ère d'impunité des hommes puissants qui commettent des viols est terminée", a ajouté Mira Sorvino. Elle a également salué les six accusatrices qui ont eu le courage de témoigner et les jurés qui ont cru en leur version. "Nous avons finalement repris ce pouvoir, nous avons dévoilé son mal", a-t-elle dit, la voix brisée. "Il pourrira en prison comme il le mérite, et nous allons pouvoir clore ce chapitre", a-t-elle ajouté. Seul bémol, pour elle : Harvey Weinstein ne risque pas la perpétuité, car le jury l'a disculpé de la circonstance aggravante de comportement "prédateur".

"Aujourd'hui est un grand jour puissant et un énorme pas pour notre guérison collective", a de son côté commenté sur Twitter Rose McGowan, qui dit avoir été violée par Harvey Weinstein en 1997. Celle qui est en première ligne du mouvement #MeToo s'est dit "fière des femmes courageuses qui ont témoigné. Elles ont mis hors d'état de nuire un monstre. Merci aux procureurs et au jury qui ont dit : pas une de plus".
 

La comédienne Ashley Judd, qui affirme que Harvey Weinstein l'a harcelée sexuellement en 1997, a également tenu à rendre hommage à celles qui ont témoigné. "Pour les femmes qui ont vécu un enfer traumatique, vous avez rendu un service public aux filles et femmes du monde entier", a-t-elle tweeté.

L'image la plus marquante de ce procès, capturée dans les croquis de la salle d'audience, reste celle du producteur tout-puissant conduit en prison les menottes aux poignets. "Pour une fois, il ne sera pas assis confortablement", a ajouté Rose McGowan. "Pour une fois, il saura ce que c'est que d'avoir le pouvoir qui se serre autour de son cou."

À la suite du verdict, Harvey Weinstein devait se rendre à la prison de Rikers Island, mais il a été hospitalisé dans la soirée dans une unité verrouillée de l'hôpital Bellevue. Il a récemment subi une opération au dos et ses avocats ont déclaré qu'il avait besoin de soins médicaux.

Le début d'une "nouvelle ère de justice"

Reste que ce verdict de culpabilité partiel concrétise la chute de celui qui fit la pluie et le beau temps dans le monde du cinéma indépendant durant un quart de siècle. C'est le début "d'une nouvelle ère de justice", a abondé la présidente du mouvement Time's Up, Tina Tchen, dans un communiqué.

Il s'agit de la première reconnaissance de culpabilité dans une affaire post-#MeToo. La condamnation, en avril 2018, de l'acteur Bill Cosby résultait de poursuites entamées en 2015, avant que le mouvement anti-agressions sexuelles ne commence en octobre 2017.

Ce verdict "change le cours de l'histoire" dans la lutte contre les violences sexuelles, a affirmé le procureur de Manhattan, Cyrus Vance. "Un viol est un viol, qu'il soit commis par un inconnu dans une ruelle sombre, ou par un partenaire dans une relation intime", a-t-il déclaré à des journalistes. "C'est un viol même s'il n'y a aucune preuve matérielle et si ça s'est passé il y a très longtemps", a-t-il ajouté.

Avec AP

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