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Le Mali promet des "lignes rouges" dans les négociations avec les jihadistes

L'armée malienne est entré le 13 février à Kidal, dans le nord du Mali, pour reprendre le contrôle de la ville.
L'armée malienne est entré le 13 février à Kidal, dans le nord du Mali, pour reprendre le contrôle de la ville. © Agne Coudurier, AFP

Il y aura "des lignes rouges" dans les négociations avec certains groupes jihadistes, envisagées par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, a promis mercredi l'ambassadeur du Mali en France lors d'une audition devant le Sénat français.

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Un dialogue avec des jihadistes, mais certaines "lignes rouges". C'est ce qu'a assuré mercredi 26 février l'ambassadeur du Mali en France lors d'une audition au Sénat.

"On va vers le dialogue, tout simplement pour exploiter toutes les possibilités qui existent", mais "il y aura des lignes rouges : la charia, nous ne marcherons pas, l'intégrité territoriale, nous ne marcherons pas, la situation faite aux femmes, nous ne marcherons pas", a promis Toumani Djimé Diallo, interrogé à plusieurs reprises sur le sujet par la commission Défense du Sénat.

Et "même si on trouvait une solution d'entente, ceux qui ont du sang sur les mains devront en rendre compte", a-t-il ajouté,  au cours de cette audition rassemblant les ambassadeurs des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad).

Un changement de méthode

Le 10 février, Ibrahim Boubacar Keïta avait reconnu lors d'une interview sur France 24 et RFI l'existence de contacts avec les groupes jihadistes, les justifiant par la nécessité d'explorer les voies d'une sortie de crise après huit années de guerre. Il avait cependant affirmé attendre encore une réponse à la démarche d'approche entreprise par l'un de ses représentants.

Il avait alors entériné la possibilité d'un dialogue avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda) d'Iyad Ag Ghaly. Cependant, le président malien était resté flou en ce qui concerne l'organisation État islamique au grand Sahara (EIGS), récemment désignée par la France comme "ennemi prioritaire", indiquant simplement "ne rien exclure"

Le Mali est confronté depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes et aux violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. La crise s'est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins.

La France "heureuse" de ce cadre

 "La commission est heureuse d'entendre que vous avez fixé un certain nombre de lignes rouges", a déclaré le président de la comission Défense du Sénat, le sénateur Christian Cambon, en réaction aux propos de l'ambassadeur malien. "Il faut bien que vous fassiez très attention avec qui on négocie (...) par respect pour vos propres troupes et les nôtres. Si la paix intervient un jour, il faut que ce soit dans l'honneur, et pas à n'importe quel prix".

La France est partie prenante du conflit dans le nord du Mali. La force antijihadiste française Barkhane vient d'ailleurs d'annoncer son passage de 4 500 à 5 100 hommes d'ici fin février, concrétisation de la volonté de la France d'inverser le rapport de force sur le terrain.

Avec AFP
 

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