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Marine Le Pen propose deux milliards contre l'insécurité et le "laxisme"

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Nanterre (AFP)

Marine Le Pen veut consacrer deux milliards d'euros sur cinq ans à la lutte contre l'insécurité, dans un premier Livre blanc qui servira de base à son programme présidentiel, dénonçant le "laxisme" des pouvoirs publics et le "lien flagrant" entre insécurité et immigration.

"Si l'Etat n'assure plus sa mission première", les Français "vont finir par vouloir assurer eux-mêmes leur sécurité voire rendre eux-mêmes la justice", a prévenu la dirigeante d'extrême droite mercredi au siège de son parti à Nanterre, en banlieue parisienne.

Elle s'exprimait devant un mur tapissé de Unes de quotidiens régionaux relatant de nombreux faits divers.

"La vie des Français est gangrenée par l'insécurité" qui "partout gagne du terrain", a estimé la présidente du Rassemblement national, candidate déclarée à la présidentielle de 2022 depuis janvier, pour qui ce thème restera une "priorité" dans deux ans.

Marine Le Pen propose pour la combattre une loi de programmation sur 5 ans avec un budget de 2 milliards d'euros, financé par des économies réalisées notamment sur la fraude.

Cette proposition fait partie de 95 mesures présentées dans un premier Livre blanc d'une soixantaine de pages, conçu notamment par le mystérieux groupe d'experts du RN des "Horaces". Il sera suivi d'autres livrets thématiques, sur la fraude, l'énergie ou l'aménagement du territoire, qui "serviront de base" à son programme présidentiel.

- Inspirer -

La finaliste de la présidentielle de 2017 entend par ces travaux faire valoir sa compétence, qui lui avait manqué selon les experts lors de son débat raté face à Emmanuel Macron entre les deux tours de 2017. "Les Français n'accorderont leur confiance qu'à la condition de la compétence" et "nous devons impérativement être à la hauteur de la tâche", avait-elle insisté début janvier.

Partie tôt dans la course à l'Elysée, la candidate d'extrême droite semble vouloir précéder voire inspirer ses adversaires. Elle a ainsi invité mercredi les médias "à regarder si les propositions" de LR ou du gouvernement "ne sont pas directement inspirées des (siennes)".

Marine Le Pen n'a pas manqué d'attaquer Emmanuel Macron, qui entend investir lui aussi le terrain régalien, accusant de "déconnexion et (de) désintérêt sur les questions régaliennes" le chef de l'Etat, et évoquant "le niveau d'incompétence" de son ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

La cheffe du RN s'en est prise aussi à la "culture du laxisme accompagnée d'une culture du non dit" de tous les gouvernements en évoquant un "lien flagrant entre insécurité et immigration".

"La délinquance et la violence sous toutes ses formes sont encore plus insupportables quand elles sont commises par des étrangers accueillis sur notre territoire", a-t-elle souligné. Les habitants des "quartiers +hors contrôle+" ne "peuvent plus s'habiller comme ils l'entendent, ni sortir le soir, ni manger ce qu'ils veulent en public", selon elle.

- Uniforme -

Immigration et insécurité sont des thèmes fétiches de son parti depuis sa création en 1972. "La sécurité est la première des libertés", a-t-elle lancé en reprenant une expression de son père et ancien président du FN (devenu RN), Jean-Marie Le Pen.

Marine Le Pen a repris certaines propositions de son programme présidentiel de 2017 mais certaines ont été revues à la baisse.

Elle propose ainsi de recruter 7.000 policiers et gendarmes, au lieu de 15.000 en 2017, et de créer en 6 ans 20.000 places de prisons, au lieu de 40.000 en 5 ans selon son programme de 2017. "Je tiens compte des annonces qui ont été faites par le gouvernement. En espérant d'ailleurs qu' (elles) verront le jour", a-t-elle justifié mercredi sur France Inter.

A moins de trois semaines des élections municipales, elle a souhaité armer les policiers municipaux dans les villes de plus de 100.000 habitants et donner davantage de pouvoirs aux maires qui "n'utilisent pas" suffisamment à ses yeux leurs compétences en matière de sécurité.

Marine Le Pen a suggéré également de créer un "uniforme carcéral" qui serait la "marque symbolique" d'une mise "en dehors de la société".

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