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A l'approche des municipales, les prix des logements ne cessent de monter

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Paris (AFP)

Quatre ans de hausse des prix, c'est le dernier bilan en date du marché français du logement. Paris flambe et devrait continuer, mais la province est de plus en plus touchée, à quelques semaines d'élections municipales, pour lesquelles le sujet est régulièrement évoqué.

"Les prix traduisent un déséquilibre assez net du marché", a résumé jeudi le notaire Thierry Delesalle, lors d'une présentation des chiffres annuels établis par sa profession, de concert avec l'Insee.

Ils témoignent d'un marché en plein essor depuis des années. Le nombre de ventes, qui s'était stabilisé un an plus tôt, est reparti en nette hausse et dépasse désormais largement le million.

Surtout, les prix des logements anciens ne cessent de progresser pour enregistrer leur quatrième année de hausse. En moyenne, ils ont augmenté de 3,7%.

D'un côté, la situation de Paris reste symbolique. En 2019, les prix ont dépassé les 10.000 euros le mètre carré, ont augmenté de presque 7% sur l'ensemble de l'année et devraient encore accélérer en ce début d'année 2020, selon les données avancées des notaires.

Mais la tendance majeure de l'an dernier, c'est l'accélération des prix hors de la région parisienne. La hausse est désormais semblable en province (+3,6%) à celle en l'Île-de-France (+3,9%) après des années de nette divergence.

"Il y a juste un marché qui est tendu par endroits: (...) les métropoles dynamiques ou à la mode, comme le Grand Paris, comme Lyon, comme Bordeaux, comme Rennes", a énuméré M. Delesalle.

Dans ce contexte, la question du logement prend une place importante dans la campagne pour les élections municipales dans de multiples villes.

C'est le cas à Nantes ou Bordeaux, où les prix ont nettement progressé ces dernières années et où les principaux candidats ont proposé des mesures pour les réduire.

Quant à Paris, c'est logiquement un thème de campagne crucial, au prix d'une surenchère entre les candidats. Alors que l'actuelle municipalité socialiste a réintroduit un plafonnement des loyers - comme à Lille - , d'autres candidats, comme l'écologiste David Belliard, veulent aller plus loin en les gelant.

- La donne ne change pas -

D'autres ont mis l'accent sur l'accession à la propriété comme l'ancien candidat macroniste Benjamin Griveaux qui voulait verser jusqu'à 100.000 euros d'apport aux ménages parisiens, une proposition qui a laissé sceptique tout le secteur et a vite été enterrée par sa remplaçante, Agnès Buzyn.

Mais, malgré l'inventivité des politiques, les causes de la hausse des prix sont de nature à demeurer après le scrutin de mars.

Elle est "accentuée par un crédit immobilier abondant et (...) toujours un déficit de construction de logement", a rappelé M. Delesalle.

Sur le premier plan, les conditions restent historiquement favorables pour les emprunts immobiliers, conséquence de la politique de la Banque centrale européenne (BCE), et encouragent les achats.

"Les taux, ils sont bas, il n'ont jamais été aussi bas", a souligné M. Delesalle.

Certes, les autorités financières ont demandé fin 2019 aux banques de resserrer un peu leurs critères, notamment en évitant les prêts sur plus de 25 ans, mais les effets restent incertains pour le marché immobilier.

"+On est des commerçants, on va (...) continuer à prêter+, voilà ce que j'entends (de la part) des banques", a minimisé M. Delesalle, admettant que l'on pouvait se poser "quelques petites questions" sur un resserrement éventuel du crédit.

Quant à la construction de logements, même si des chiffres donnés jeudi par le gouvernement témoignent d'un rebond des permis de construire ces derniers mois, le sujet reste politiquement sensible, d'autant que la lutte contre la "bétonisation" a particulièrement émergé dans les discours à l'approche de ces municipales.

"On a vu tous les candidats à la mairie de Paris et (...) ils sont tous unanimes, il ne veulent plus construire", a souligné M. Delesalle.

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