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Coronavirus : les médias s'entourent de précautions

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Paris (AFP)

Face au coronavirus, les médias multiplient les précautions pour protéger leurs journalistes, exposés lors de leurs reportages dans les zones à risques et amenés à se déplacer fréquemment.

Si la plupart des rédactions ont rappelé à l'ensemble de leurs salariés les consignes des autorités sanitaires, certaines vont plus loin, à l'instar de France Télévisions qui a annoncé en interne la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des départs d'équipes vers les zones où le virus circule activement (Chine, Singapour, Corée du Sud, Lombardie et Vénétie en Italie...).

En outre, les salariés qui en reviennent sont invités à "rester à domicile" pendant 14 jours. C'est à ce titre que le présentateur de Télématin, Laurent Bignolas, qui rentrait de Venise, a été prié de rester chez lui et remplacé à l'antenne par Damien Thévenot, a indiqué à l'AFP la direction du groupe, confirmant une information du Parisien.

Le groupe public recommande même d'éviter les "contacts physiques ostentatoires", comme les accolades, les poignées de mains ou les bises.

Enfin, des mesures spécifiques "d'accompagnement et de suivi à distance" ont été prises pour les équipes de tournage encore présentes dans les zones touchées.

C'est le cas pour le journaliste Arnauld Miguet, le dernier correspondant de télévision étranger resté à Wuhan et "qui a souhaité, pour des raisons qui l'honorent, rester sur place pour témoigner de ce qui se passe". Il bénéficie, avec son JRI Gaël Caron, "d'un suivi très particulier", assure-t-on au sein du groupe.

Chez BFMTV, la direction demande aux reporters envoyés dans les zones confinées de porter un masque et des gants, ainsi que lors de l'interview d'une personne revenant d'une zone à risque, tout en respectant une distance de sécurité d'un mètre.

Les équipes envoyées dans les zones à risques sont confinées 14 jours à leur retour et leur matériel est désinfecté.

- Un journaliste espagnol contaminé -

TF1 et sa filiale LCI prévoient eux aussi des masques de protection et l'isolement des personnes qui ont voyagé dans les régions touchées. Mais "on n'en est pas à se dire qu'il ne faudrait pas couvrir" les régions touchées et "il faut se déplacer, on n'a pas le choix", estime pour l'heure un responsable du groupe.

A France Médias Monde (RFI, France 24 et la radio Monte Carlo Doualiya), les employés de retour des zones à risque sont invités à contacter la DRH et le médecin du travail, et à rester confinées chez eux 14 jours (cette vigilance s'applique aussi aux invités des antennes).

Mêmes consignes à l'AFP où les journalistes envoyés dans ces zones doivent s'équiper de masques FFP2 (à haut niveau de filtration) et lunettes de protection, et impérativement contacter la médecine du travail pour un éventuel confinement à leur retour, tout comme les employés de retour de congés de zones touchées. Une cellule de prévention a été mise en place.

Idem à Radio France, où cette cellule participe à l'évaluation au cas par cas de tous les déplacements de journalistes. Dans certaines zones (Chine, Hong-Kong, Macao, Singapour, Corée du Sud, Iran, Lombardie et Vénétie) les déplacements sont "réduits à leur strict minimum et justifiés par un besoin professionnel absolu".

Les reporters couvrant la crise du coronavirus ne sont pas les seuls exposés : un journaliste sportif en Espagne a contracté le virus lors d'un voyage à Milan pour couvrir un match de football, selon la presse espagnole jeudi.

Au Pakistan, le syndicat des journalistes s'est ému de voir des journalistes envoyés interroger des malades sans protection et a rappelé que les journalistes "avaient le droit de refuser de couvrir une information".

La Fédération internationale des journalistes (IFJ) a twitté son soutien et demandé aux "employeurs de prendre leurs responsabilités et de protéger les journalistes qui couvrent le coronavirus".

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ, basé à New York) a publié une longue série de recommandations.

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