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Roman Polanski absent de la cérémonie des César pour éviter un "lynchage public"

Manifestation contre le réalisateur franco-polonais Roman Polanski devant la salle de cinéma Champo à Paris, le 12 novembre 2019.
Manifestation contre le réalisateur franco-polonais Roman Polanski devant la salle de cinéma Champo à Paris, le 12 novembre 2019. © Christophe Archambault, AFP

Nommé pour son film "J'accuse" dans 12 catégories aux César, le réalisateur Roman Polanski a annoncé qu'il ne se rendrait pas vendredi à la cérémonie en raison de manifestations féministes prévues devant la salle Pleyel, à Paris. 

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Le siège de Roman Polanski sera vide à la salle Pleyel. Le réalisateur franco-polonais a d'ores et déjà prévenu qu'il ne se rendrait pas à la 45e cérémonie des César, vendredi 28 février. Des féministes ont annoncé de leur côté la tenue d'une manifestation devant la salle parisienne pour dénoncer les 12 nominations de son film "J'accuse".

"Depuis plusieurs jours, on me pose cette question : viendrai-je ou ne viendrai-je pas à la cérémonie des César. La question que je pose est plutôt la suivante : comment le pourrais-je ?", demande-t-il dans une déclaration transmis jeudi 27 février à l'AFP.

"Un lynchage public"

"Le déroulé de cette soirée, on le connaît à l'avance. Des activistes me menacent déjà d'un lynchage public. Certains annoncent des démonstrations devant la salle Pleyel. D'autres comptent en faire une tribune de combat contre une gouvernance décriée. Cela promet de ressembler davantage à un symposium qu'à une fête du cinéma censée récompenser ses plus grands talents", poursuit-il.

"Les médias et les réseaux sociaux présentent nos 12 nominations comme un cadeau de la direction de l'Académie, geste autoritaire qui aurait provoqué sa démission. On balaie ainsi d'un revers de main le vote secret de 4 313 professionnels qui, seuls, décident des nominations, et plus de 1,5 million de spectateurs qui se sont déplacés pour voir le film."

"Quelle place pourrait-il y avoir, dans ces conditions déplorables, pour un film dont le sujet est la défense de la vérité, le combat contre l'injustice, la haine aveugle et l'antisémitisme ?", s'interroge-t-il.

Il souligne qu'il "se doit de protéger (s)on équipe, deux cents talents remarquables, comédiens, techniciens, production", qu'il "remercie chaleureusement pour leur travail extraordinaire et leur dévouement" et qui "peuvent être fiers" du succès du film. Il explique qu'il "doit aussi protéger sa famille, sa femme et ses enfants, à qui on fait subir injures et affronts, appliquant une responsabilité collective d'un autre âge".

"Un mensonge répété mille fois devient une vérité"

"Les activistes agitent le chiffre de douze femmes que j'aurais agressées il y a un demi-siècle ; ces fantasmes d'esprits malsains sont désormais traités comme des faits avérés. Un mensonge répété mille fois devient une vérité", ajoute-t-il.

"C'est donc avec regret que je prends cette décision, celle de ne pas affronter un tribunal d'opinion autoproclamé prêt à fouler aux pieds les principes de l'État de droit pour que l'irrationnel triomphe à nouveau sans partage", conclut-il.

La 45e cérémonie des César promet de se tenir vendredi sous tension, après la démission de la direction de l'Académie, accusée d'opacité et d'entre-soi, et alors que des féministes ont appelé à manifester contre les nominations de "J'accuse".

Indignées, plusieurs associations féministes, qui n'acceptent plus comme une partie de l'opinion publique que le cinéaste franco-polonais reçoive des honneurs - alors qu'il est visé depuis novembre par une nouvelle accusation de viol et toujours poursuivi par la justice américaine -, ont appelé à manifester vendredi à 18 h devant la salle Pleyel, où se tiendra la cérémonie à partir de 21 h.
 

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