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En Syrie, l'escalade meurtrière entre soldats turcs et syriens monte encore d'un cran

Des fumées s'échappent de la ville de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à la suite du bombardement des forces gouvernementales syriennes, le 27 février 2020.
Des fumées s'échappent de la ville de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à la suite du bombardement des forces gouvernementales syriennes, le 27 février 2020. © Aref Tammawi, AFP

Trente et un combattants du régime syrien ont été tués par des bombardements de représailles menés par l'armée turque dans la province d'Idleb, a rapporté vendredi une ONG, après la mort de 33 soldats turcs dans des raids qu'Ankara attribue à l'armée de Damas.

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Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan se sont entretenus, vendredi 28 février, pour tenter de maîtriser la brusque escalade dans le Nord-Ouest de la Syrie, après la mort de plus de trente soldats turcs dans des frappes du régime de Damas, protégé de Moscou.

Après avoir essuyé ses plus lourdes pertes en une seule attaque depuis le début de son intervention en Syrie en 2016, Ankara a réclamé le soutien de la communauté internationale, brandissant la menace d'un nouvel afflux de migrants vers l'Europe.

Dans une gare routière à Istanbul, des dizaines de personnes, notamment afghanes, s'entassaient dans des bus et taxis à destination de la frontière grecque, où l'on pouvait voir des migrants marcher en file indienne au bord d'une route, selon l'AFP.

>> À voir : Syrie : Idleb, l'ultime bataille d'Assad ?

Jeudi, au moins 33 militaires sont morts dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien dans la région d'Idleb (Nord-Ouest de la Syrie). Ankara a riposté, tuant 31 combattants syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette poussée de fièvre risque d'aggraver la situation humanitaire déjà critique à Idleb, où près d'un million de personnes ont été déplacées ces derniers mois par l'offensive qu'y mène depuis décembre le régime de Damas.

L’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat

Face à cette situation volatile, l'ONU, dont le Conseil de sécurité devait se réunir en urgence vendredi, a appelé à un cessez-le-feu immédiat et l'Union européenne s'est inquiétée d'un "risque de confrontation militaire internationale majeure" en Syrie.

En outre, Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump se sont mis d'accord lors d'un entretien téléphonique pour "prendre immédiatement des mesures supplémentaires pour éviter une grande tragédie humanitaire" à Idleb, selon Ankara.

"Les deux dirigeants ont convenu que le régime syrien, la Russie et le régime iranien devaient stopper leur offensive avant que d'autres civils ne soient tués et déplacés", a par ailleurs fait savoir la Maison Blanche dans un communiqué.

>> À voir : Syrie : des jihadistes français actifs dans la bataille d'Idleb

Dans la matinée, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ont eu un entretien téléphonique au cours duquel ils ont exprimé leur "sérieuse inquiétude" sur la situation à Idleb, a rapporté le Kremlin, ajoutant que les deux dirigeants pourraient se rencontrer à Moscou la semaine prochaine.

Les affrontements entre forces turques et syriennes ont creusé un fossé entre Ankara et Moscou, qui ont renforcé leur coopération depuis 2016 dans plusieurs domaines, comme la Syrie, la défense et l'énergie.

Vendredi, le ministère russe de la Défense a affirmé que les soldats turcs tués jeudi avaient été touchés car ils se trouvaient parmi des "unités combattantes de groupes terroristes", une version fermement démentie par Ankara.

Se voulant plus apaisant, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a présenté ses "condoléances" et affirmé que Moscou faisait "tout pour assurer la sécurité des soldats turcs" déployés en Syrie.

Grèce et Bulgarie bouclent leurs frontières

De nouvelles discussions entre responsables turcs et russes sur Idleb se sont tenues à Ankara vendredi. Les membres de l'Otan dont fait partie Ankara, se sont contentés d'exprimer leur solidarité lors d'une réunion d'urgence vendredi. Ankara a réclamé la mise en place une zone d'exclusion aérienne à Idleb pour clouer au sol les avions du régime syrien et de Moscou. La requête a peu de chance d'aboutir.

Dans une apparente tentative de faire pression sur l'Union européenne pour obtenir davantage de soutien, Ankara a annoncé qu'il ne stopperait plus les migrants qui cherchaient à se rendre en Europe depuis la Turquie, réveillant le spectre de la grave crise migratoire de 2015.

>> À lire : Soldats turcs tués en Syrie : Ankara ne stoppera plus les migrants en route vers l'Europe

Des images prises par des drones montraient des dizaines de migrants coupant à travers champs avec des sacs sur le dos ou la tête, ou encore d'autres personnes se frayant un chemin à travers un bois, en direction de la frontière grecque.

Si aucune hausse spectaculaire du nombre de passages n'était visible vendredi, la Grèce et la Bulgarie, voisines de la Turquie, ont bouclé leurs frontières.

Avec AFP

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