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Incident diplomatique : le Mali rappelle son ambassadeur et envoie un ministre à Paris

Des soldats français au milieu d'un convoi de véhicules blindés le 27 mars 2019, lors du début de l'opération Barkhane, dans la région de Gourma au Mali.
Des soldats français au milieu d'un convoi de véhicules blindés le 27 mars 2019, lors du début de l'opération Barkhane, dans la région de Gourma au Mali. © Daphné Benoit, AFP

L’ambassadeur du Mali en France a été convoqué jeudi à Paris, après avoir accusé des soldats français de "débordements" à Bamako. Des propos jugés "faux et inacceptables" par la France. Le ministre malien des Affaires étrangères se rend à Paris "pour apaiser la situation".

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Les relations se sont tendues entre la France et le Mali depuis quelques jours. Alors que la France est engagée au Mali pour lutter contre le djihadisme dans le cadre de l’opération Barkhane, l'ambassadeur malien en France a accusé mercredi des soldats français de "débordements" dans les quartiers chauds de Bamako. Le diplomate a ensuite été rappelé dans son pays après avoir provoqué la colère des autorités françaises pour des propos "faux et inacceptables".

Au lendemain des déclarations très mal reçues de l'ambassadeur Toumani Djimé Diallo au Sénat incriminant la Légion étrangère, le Mali a en effet décidé jeudi de rappeler son diplomate et de dépêcher son ministre des Affaires étrangères en France pour arrondir les angles, selon des responsables maliens.

"Apaiser les relations"

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, devait partir jeudi soir pour Paris "pour apaiser la situation", d'après une source proche de la présidence. "Cette visite rentre dans le cadre du renforcement des relations d'amitié et de coopération entre les deux pays", renchérit un communiqué des Affaires étrangères maliennes.

L'ambassadeur malien avait été convoqué plus tôt jeudi au ministère français des Affaires étrangères, a appris l'AFP. "On lui a exprimé notre indignation devant ses propos sans fondement et choquants de la part d'un pays allié dans la lutte contre le terrorisme", a-t-on souligné au Quai d'Orsay.

La veille, l'ambassadeur du Mali en France avait dénoncé devant la commission Défense du Sénat français les "problèmes" posés selon lui par la Légion étrangère sur le sol malien.

"Par moments, dans les 'Pigalle' de Bamako, vous les retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n'est pas celle que nous connaissons de l'armée (française). Ça fait peur, ça intrigue", avait-il déclaré, mentionnant explicitement les légionnaires, pourtant absents de la capitale malienne selon l'état-major.

"Clarifier" les positions africaines sur la présence française au Sahel

Des propos très mal vécus à Paris, alors que la force Barkhane fait face depuis de nombreux mois à la montée d'un sentiment anti-français au Sahel, et qu'elle redouble parallèlement d'efforts ces dernières semaines pour tenter d'enrayer la spirale de violences dans la région.

Les militaires français, présents dans la région depuis 2013 pour lutter contre les jihadistes, viennent de voir leur nombre passer de 4 500 à 5 100 face à la recrudescence des attaques.

Ces violences - souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires - ont fait 4.000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, cinq fois plus qu'en 2016, selon l'ONU.

La France a elle-même perdu 13 soldats dans un accident entre deux hélicoptères en opération au Mali, en novembre. Et Paris s'était ouvertement agacé, fin 2019, d'un soutien jugé trop timide de la part notamment des autorités sahéliennes, dont le Mali.

"De fausses accusations"

Les propos de l'ambassadeur malien ont remis de l'huile sur le feu et provoqué une réaction épidermique jeudi du cabinet de la ministre des Armées, dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l'ambassadeur du Mali qu'il mobilise toute son action pour la mise en œuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous", a sèchement asséné le cabinet de Florence Parly, rappelant qu'il n'y a "quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako" depuis août 2014.

La veille, l'état-major français avait déjà objecté que les légionnaires n'étaient pas "stationnés à Bamako" et qu'ils n'avaient pas vocation à y aller. Ils "n'ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles [de Barkhane]", situées dans le nord du pays, avait assuré l'armée française.

Avec AFP

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