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Soldats turcs tués en Syrie : Ankara ne stoppera plus les migrants en route vers l'Europe

Des familles syriennes passant par la ville de Dana, dans le nord de la province syrienne d'Idleb, le 5 février 2020, en route vers la Turquie après une offensive du régime.
Des familles syriennes passant par la ville de Dana, dans le nord de la province syrienne d'Idleb, le 5 février 2020, en route vers la Turquie après une offensive du régime. © Aaref Watad, AFP

La Turquie a annoncé vendredi qu'elle comptait "ouvrir les portes" de ses frontières aux migrants se dirigeant vers l'Europe. Une décision prise après un conseil de sécurité extraordinaire convoqué au lendemain d'une frappe aérienne qui a tué au moins 33 soldats turcs en Syrie. La Grèce a décidé de renforcer la sécurité à ses frontières.

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"Nous ne retiendrons plus [les migrants] qui veulent se rendre en Europe", a déclaré un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. La décision d'"ouvrir les portes" a été prise lors d'un conseil de sécurité extraordinaire présidé par le chef de l'État, Recep Tayyip Erdogan, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 février.

Cette réunion a été convoquée après la mort d'au moins 33 militaires turcs dans la région d'Idleb (nord-ouest de la Syrie) dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien soutenu militairement par la Russie. "Nous ne retiendrons plus ceux qui veulent se rendre en Europe", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.

Selon les médias turcs, des groupes de migrants se dirigeaient vendredi matin en direction de la frontière avec la Grèce dans l'ouest de la Turquie. L'agence de presse DHA a ainsi rapporté qu'environ 300 migrants syriens, irakiens ou encore iraniens étaient arrivés dans la province d'Edirne, à la frontière grecque.

Par ailleurs, les représentants des pays membres de l'Otan vont se réunir en urgence, a annoncé son secrétaire général Jens Stoltenberg.  La réunion du Conseil de l'Atlantique nord, qui réunit les ambassadeurs des 29 pays membres de l'Otan, a été convoquée à la suite d'une demande de la Turquie.

Dans le passé, Ankara a plusieurs fois menacé d'"ouvrir les portes" de l'Europe aux migrants, les observateurs y voyant une manière de faire pression sur les pays de l'Union européenne encore traumatisés par la crise migratoire de l'été 2015.

Plusieurs centaines de milliers de personnes, fuyant en majorité les conflits au Proche-Orient, s'étaient alors rendues en Europe en transitant par la Turquie.

"Aucune entrée illégale ne sera tolérée" en Grèce

En mars 2016, la Turquie et l'Union européenne ont conclu un pacte migratoire controversé qui a fait chuter drastiquement le nombre de passages vers la Grèce. Mais Athènes et l'UE ont noté une hausse des arrivées ces derniers mois.

Des gardes-frontières grecs ont d'ailleurs empêché vendredi des centaines de migrants de traverser le poste frontalier de Kastanies, dans le nord-est du pays, quelques heures après l'annonce par la Turquie qu'elle laisserait les demandeurs d'asile passer en Europe, a-t-on appris de source policière grecque. Des centaines de migrants étaient bloqués dans la zone tampon entre la Grèce et la Turquie, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

"Je veux être clair : aucune entrée illégale ne sera tolérée", a insisté le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, sur Twitter, soulignant que "la Grèce avait renforcé la sécurité de ses frontières" avec la Turquie.

Ankara a plusieurs fois réclamé davantage d'aide européenne pour faire face à la catastrophe humanitaire à Idleb, où près d'un million de personnes ont fui les bombardements du régime de Damas et de son allié russe, se réfugiant pour la plupart près de la frontière turque.

"Nous accueillons déjà près de quatre millions de réfugiés et n'avons pas les moyens ni les ressources d'autoriser l'entrée sur notre territoire à un million de personnes supplémentaires", a déclaré, vendredi, le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun.

Avec AFP

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