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En difficulté, le marché automobile français pourrait se gripper avec le coronavirus

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Paris (AFP)

Les ventes automobiles en France, qui souffrent déjà depuis janvier d'un durcissement du malus anti-pollution, pourraient ressentir l'impact du coronavirus si l'épidémie se prolonge, ont prévenu dimanche les constructeurs, dont les stocks restent toutefois dans l'immédiat suffisants pour livrer les acheteurs.

Au total, 167.785 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France en février, soit une baisse de 2,7% sur un an, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles CCFA.

"La baisse n'est pas aussi importante que ce qu'on aurait pu croire" en février, a déclaré à l'AFP François Roudier, du CCFA, "les plus pessimistes annonçaient moins 10%, voire plus".

La chute avait ainsi atteint 13,44% en janvier, lorsque les constructeurs avaient subi le contrecoup d'une hausse drastique des malus sur les gros véhicules les plus polluants en début d'année.

Quant à l'effet possible du coronavirus, "il n'est pas visible encore", les véhicules et les pièces attendus par bateaux étant pour l'instant arrivés en temps et en heure, détaille le responsable du CCFA. A partir de mars toutefois, les constructeurs pourraient souffrir de "bateaux qui ne sont pas partis et peuvent faire que certains modèles pourraient ne pas être disponibles en France", prévient-il.

Certains concessionnaires pourraient ainsi ne pas être à même de garantir une livraison dans les deux mois à leurs clients s'ils manquent de stocks.

Mais "peut-être qu'on ne le verra pas du tout sur les immatriculations si l'effet coronavirus s'arrête assez tôt, car on fera un amortissement avec le stock de véhicules et ce sera fluide pour le consommateur", estime encore M. Roudier.

- remontée des rejets de CO2 -

Le mois de février a par ailleurs mis en évidence que les constructeurs allaient avoir du mal à respecter le plafond de 95 grammes de CO2 rejetés par kilomètre en moyenne sur l'ensemble de leur gamme, une limite au-delà de laquelle ils seront soumis à de fortes amendes.

Ces rejets sont en effet remontés à 101,5 grammes en février, contre 96 grammes en janvier.

Le CCFA met notamment en cause la diminution de moitié du bonus accordé aux entreprises pour les achats de voitures électriques, avec "un impact sur le coût total d'utilisation pour les directeurs de flottes, l'électrique devenant trop cher par rapport au diesel", selon M. Roudier.

Les motorisations diesel baissent quand même légèrement sur un an en janvier-février, à 33,7% du marché contre 35% un an plus tôt.

Et la part des véhicules à essence chute de 57,8% à 48,5%, surtout au bénéfice des voitures hybrides, qui passent de 5,3% à 11% du marché, et des véhicules électriques, qui ont pris 6,8% du marché contre seulement 1,8% à la même période de l'an passé. Mais pour les électriques et les hybrides, il s'agit d'immatriculations de voitures commandées en décembre, relève le responsable du CCFA.

Parmi les constructeurs français, le groupe PSA tire son épingle du jeu en février avec 60.874 voitures immatriculées (+0,49%) grâce à la marque Peugeot (+1,71%) et aussi à DS qui fait plus que doubler ses ventes (+113,48%), tandis que Citroën lâche 6,25%.

Le groupe Renault perd 9,78%, notamment à cause d'un plongeon de près de 27% de Dacia. "Dacia est en renouvellement de motorisation, il y a donc moins d'offre", explique M. Roudier.

Les groupes étrangers perdent globalement 1,42% en termes de véhicules vendus, ce qui ne les empêche pas de voir leur part de marché très légèrement progresser à près de 42%.

Les ventes du groupe allemand Volkswagen gagnent 1,42%, grâce notamment à Audi qui bondit de 30,8%. Sur le segment haut de gamme, son compatriote BMW progresse aussi fortement de 18,88%.

A l'inverse, le groupe italo-américain Fiat-Chrysler (FCA) trébuche de 28,26%, l'américain Ford de 26,06%, et l'allemand Daimler de 12,13%.

Les japonais Nissan et Toyota, qui affichaient déjà une tendance haussière en janvier, continuent pour leur part à progresser, respectivement de 14,89% et de 13,54%, tout comme le sud-coréen Hyundai (+16,42%).

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