Accéder au contenu principal

Afghanistan : deux jours après l'accord historique avec Washington, les Taliban rompent la trêve

Des Taliban dans la province de Laghman, en Afghanistan, le 2 mars 2019.
Des Taliban dans la province de Laghman, en Afghanistan, le 2 mars 2019. © AFP

Les Taliban ont annoncé lundi mettre un terme à la trêve partielle instaurée le 22 février et reprendre leur offensive contre les forces de sécurité afghanes, seulement deux jours après la signature d'un accord historique avec les États-Unis. Un attentat non revendiqué a été rapporté au même moment.

Publicité

Fin de trêve en Afghanistan. Les Taliban ont annoncé lundi 2 mars mettre un terme à la trêve partielle instaurée le 22 février et reprendre leur offensive contre les forces afghanes, deux jours seulement après la signature d'un accord historique avec les États-Unis.

Un attentat, non revendiqué, a été rapporté au même moment. L'explosion d'une moto piégée durant un match de football a tué au moins trois civils et en a blessé onze autres, a déclaré à l'AFP Sayed Ahmad Babazai, le chef de la police de la province de Khost (est). Les trois tués sont des frères, a indiqué Abdul Fatah Wakman, le président de la fédération de football de Khost.

À Washington, le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, a déclaré : "Nous ne savons pas exactement qui est responsable pour l'instant."

"Je mets en garde les gens qui pensent qu'il y aura une cessation absolue des violences en Afghanistan", a-t-il ajouté.

L'attentat intervient après neuf jours de trêve partielle, durant lesquels le nombre d'attaques s'était effondré en Afghanistan, à la grande satisfaction de la population, qui avait enfin pu respirer après quatre décennies de conflit.

"Nos opérations vont revenir à la normale"

La période de réduction des violences "a pris fin et nos opérations vont revenir à la normale", a déclaré lundi à l'AFP Zabihullah Mujahid, le porte-parole des insurgés. "Conformément à l'accord (américano-taliban), nos moudjahidines n'attaqueront pas les forces étrangères, mais nos opérations continueront contre les forces du gouvernement de Kaboul."

La commission militaire du mouvement a diffusé un document, transmis à l'AFP par une source talibane, demandant à ses combattants de relancer leurs opérations contre les forces afghanes.

Dans la province de Badghis (nord-ouest), "les Taliban ont commencé à attaquer les positions de l'armée (...) vers 15 h (10 h 30 GMT). Un soldat a été tué et un autre blessé", a rapporté un haut gradé.

"Nous attendons des Taliban qu'ils soient sérieux en ce qui concerne leurs obligations", a réagi le général américain Austin Scott Miller, soulignant que "les États-Unis ont été très clairs sur leurs attentes. Le niveau de violence doit demeurer bas."

Michael Kugelman, analyste au Wilson Center, un centre de recherche américain indépendant, a dit qu'il n'était "pas surpris" par la reprise des attaques. "La violence est un levier pour les Taliban (...) qu'ils exploitent pour renforcer leur capacité à négocier en vue des discussions interafghanes", souligne-t-il.

La libération des prisonniers, pierre d'achoppement des discussions

Dimanche, le président afghan Ashraf Ghani avait annoncé la prolongation de la trêve partielle au moins jusqu'au début des discussions interafghanes, prévu pour le 10 mars, et "ce pour but d'atteindre un cessez-le-feu complet".

Mais il avait également rejeté l'un des principaux points de l'accord signé samedi à Doha par Washington et les insurgés, de la négociation duquel son gouvernement a toujours été tenu à l'écart, à savoir la libération de 5 000 prisonniers talibans en échange de celle de 1 000 membres des forces afghanes détenus par les rebelles.

Cette mesure est "un prérequis pour les discussions interafghanes", a toutefois rappelé Zabihullah Mujahid, illustrant les difficultés à venir pour que Kaboul et les insurgés parviennent à un compromis.

"La position de Ghani montre que les Américains n'ont pas fait les préparations nécessaires avant de signer l'accord", a réagi une autre source talibane, basée au Pakistan.

D'après l'accord de Doha, un éventuel cessez-le-feu n'est par contre qu'un "élément" des discussions à venir et non une obligation pour que celles-ci se déroulent, comme le souhaite Ashraf Ghani.

Depuis la signature de l'accord, les Taliban ont été vus se réjouir en public de leur "victoire" contre les États-Unis. Dans le Laghman, une province frontalière de Kaboul, 3 000 habitants et combattants talibans se sont réunis lundi pour célébrer un "accord de fin de l'occupation" ou encore la "défaite" de Washington.

Les militants se sont aussi engagés à continuer leur offensive contre le gouvernement de Kaboul jusqu'au retour d'un "gouvernement islamique".

En vertu de l'accord de Doha, les Américains et leurs alliés s'engagent à retirer toutes leurs troupes d'Afghanistan sous 14 mois si les insurgés respectent les termes de l'accord, dont l'ouverture de discussions entre les insurgés et Kaboul visant à mettre en place une paix durable.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.