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Au royaume du freeride, la prudence est reine

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Ordino (Andorre) (AFP)

Le freeride est un sport extrême ... en matière de sécurité. Qualité de la neige, risque d'avalanche, météo, matériel de secours, rien n'est laissé au hasard. Une réalité bien loin de l'image de casse-cous devalant des pentes vertigineuses à toute allure au mépris du danger.

A Ordino, où doit se dérouler mardi la troisième étape du Freeride World Tour (FWT), cela fait une semaine que les organisateurs scrutent les sommets avec inquiétude. En cause: l'absence de flocons depuis un mois.

"Pour l'instant, la neige est trop dure, trop tassée, c'est trop dangereux", annonce aux participants Laurent Besse, directeur technique et juge en chef du FWT.

Le président de ce championnat du monde de ski et de snowboard hors pistes, Nicolas Hale-Woods, est lui aussi formel: "Hors de question de chercher à forcer les choses pour que la compétition ait lieu. Si on doit repousser, voire annuler, tant pis. La sécurité passe avant tout".

Depuis la création de la compétition en 2008, un protocole draconien pour limiter les risques au maximum a été mis en place.

En amont des courses, la neige, le vent, la visibilité sont examinés par des guides de haute montagne certifiés. Il sont entre 3 et 6 sur chaque étape du FWT.

Parmi eux, Jérôme Ruby, 50 ans et 30 années d'expérience sur les sommets. A flanc de montagne sur une pente inclinée à près de 40 degrés, il inspecte le manteau neigeux avec minutie. Sa mission est claire: choisir la face la plus sécurisée possible pour les riders.

Cela passe par une analyse des différentes couches de neige, notamment pour repérer les éventuelles strates trop friables pour supporter le passage des freeriders.

Pour cela il se fie à son expérience, mais aussi à différents outils (sonde, thermomètre, loupe) qui lui permettent d'examiner la consistance de la neige.

"Suivant la forme des cristaux, mais aussi la température, l'exposition, cela peut créer une instabilité synonyme de danger", explique-t-il.

Son rôle est aussi de détecter les ruptures de pente, propices à la création de coulées, et de décider s'il est nécessaire ou pas de déclencher des avalanches "en prévention" pour éviter qu'elles ne se produisent pendant la course.

L'opération est délicate, mais essentielle. Et sans son feu vert, pas de compétition possible.

- pas de têtes brulées -

"Mais ceci n'est que le premier maillon. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la prudence fait partie de l'ADN du freeride", souligne M. Hale-Woods.

Le risque zéro ? Impossible. Mais toutes les précautions sont prises pour éviter l'exposition des sportifs au moindre danger, explique-t-il.

Et pour cela tout est une question d'anticipation. "Quand on décide du choix de la face à "rider" (skier, NDLR), ce qu'on regarde en premier, ce sont les possibles échappatoires en cas de coulée".

Et pendant la compétition, la vigilance est maximum, avec la présence de secouristes et de médecins sur plusieurs points-clés.

Le contrôle et la maîtrise de la descente par les riders sont également pris en compte dans les critères de notation. "Quelqu'un qui prendrait trop de risques serait immédiatement sanctionné", précise le dirigeant.

Mais chez les participants aussi, la prudence est de mise. A chaque descente, chacun d'eux part avec tout un équipement (système de détection des victimes sous la neige, pelle, sac à dos à airbag pour créer des poches d'air en cas d'ensevelissement). Et ils suivent régulièrement des cours de secourisme pour appréhender les dangers.

"La sécurité, on y pense tout le temps. Quand on ride, on est constamment en éveil, à se poser des questions, à évaluer les possibles risques", explique Elisabeth Gerritzen, actuellement 4e au classement FWT en ski féminin.

Avant chaque descente, elle observe longuement la pente, lit les bulletins d'avalanche, inspecte le vent ...

"C'est un mélange de connaissances de la montagne, de documentation, et d'instinct", explique la skieuse de 24 ans.

"Parfois quand on ne le sent pas, il faut savoir renoncer. Ca m'est arrivé plus d'une fois. Faut pas croire: dans le freeride, on n'est pas des têtes brulées, personne n'a envie de se retrouver enseveli sous 10 kg de neige".

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