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Israël : troisième élection en moins d'un an, l'opposition veut en finir avec Netanyahu

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu , a voté à Jérusalem le 2 mars 2020.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu , a voté à Jérusalem le 2 mars 2020. AFP - ATEF SAFADI

Israël vote lundi pour ses troisièmes élections législatives en moins d'un an. L'opposant Benny Gantz a appelé à tourner la page de l'ère de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, alors que le pays est plongé dans la plus grave crise politique de son histoire.

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Bis repetita en Israël. En l'absence de coalition gouvernementale, les électeurs israéliens sont appelés aux urnes pour les troisièmes législatives en moins d'un an, lundi 2 mars. L'opposant Benny Gantz espère que cette élection permettra de tourner la page de l'ère de Benjamin Netanyahu.

À l'heure du nouveau coronavirus, ce vote a donné parfois lieu à des scènes de science-fiction dans des bureaux désignés, où du personnel électoral en combinaison de protection accueille des Israéliens entrés en contact avec des personnes contaminées ou ayant voyagé dans des pays touchés par l'épidémie.

Après avoir voté à Jérusalem, Benjamin Netanyahu a appelé ses partisans à voter en masse pour assurer la "victoire", affirmant que "cette affaire de coronavirus est totalement sous contrôle".

Dans le camp adverse, Benny Gantz, son principal rival, a dit "espérer qu'aujourd'hui marquera le début d'un processus de guérison (...) Aujourd'hui, nous allons changer de disque, mettre fin aux dérapages, aux mensonges et à la manipulation."

Après des élections en avril et septembre 2019 n'ayant pas réussi à départager le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu, 70 ans, et la formation centriste Kahol Lavan (Bleu-Blanc) de Benny Gantz, 60 ans, les Israéliens sont appelés à boucler ce triathlon politique.

Une chose a changé depuis le dernier scrutin : l'inculpation de Benjamin Netanyahu, devenu en novembre le premier chef de gouvernement israélien en fonction à être mis en examen, et de surcroît pour corruption, malversations et abus de confiance.

L'analyse de notre correspondant Antoine Mariotti en Jérusalem

Benjamin Netanyahu joue son avenir politique à deux semaines de son procès le 17 mars. Son inculpation n'a pas causé de fléchissement de ses soutiens au Likoud, selon les derniers sondages qui prévoient une nouvelle lutte serrée avec Benny Gantz, pouvant se jouer à un ou deux sièges près.

Quelque 6,4 millions d'électeurs sont appelés à voter jusqu'à 22 h 00 (20 h 00 GMT). Suivront des sondages à la sortie des urnes et des résultats préliminaires.

Le besoin d'une coalition

Ni le Likoud, ni Bleu-Blanc ne peuvent former un gouvernement sans l'appui d'autres partis.

Benjamin Netanyahu, au pouvoir pendant 14 ans dont la dernière décennie sans interruption, compte sur le soutien des formations ultra-orthodoxes du Shass, du Judaïsme unifié de la Torah ainsi que de la  liste Yamina (droite radicale).

Bleu-Blanc mise sur le soutien des partis de gauche, réunis au sein d'une liste unique, et pourrait bénéficier d'un appui de la "Liste unie" des partis arabes israéliens qui avaient provoqué la surprise en septembre en gravissant la troisième marche du podium avec 13 sièges.

"Nous espérons cette fois en obtenir 16", a dit le chef de la "Liste unie", Ayman Odeh, dont l'objectif avoué est de barrer la route à Benjamin Netanyahu, "parrain" selon lui du plan du président américain Donald Trump pour un règlement du conflit israélo-palestinien.

La "Liste unie" tente de récolter les fruits de la frustration chez la minorité arabe israélienne (environ 20 % de la population) face à ce plan applaudi par Israël et rejeté par les Palestiniens.

Une campagne pleine de coups bas

Benjamin Netanyahu a mené sa campagne sur le socle du projet Trump, en promettant l'annexion rapide de la vallée du Jourdain et de colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, comme prévu par le plan. Benny Gantz soutient lui aussi le projet américain.

La campagne électorale a été marquée par des scandales, des mots parfois durs, voire des conversations personnelles de responsables politiques enregistrées à leur insu puis diffusées dans les médias...

"Nous ne méritons pas une autre campagne sale et lamentable comme celle qui s'est achevée aujourd'hui et nous ne méritons pas cette instabilité sans fin", a déclaré le président Reuven Rivlin, qui a dit ressentir une "honte profonde".

Dans cette élection, la grande inconnue demeure la participation liée entre autres à la crainte du nouveau coronavirus. Des bureaux de vote spécifiques ont été désignés pour environ 5 600 Israéliens entrés en contact avec des personnes contaminées ou ayant voyagé dans des pays touchés par l'épidémie. Selon un dernier bilan, dix cas ont été recensés en Israël. Des partis redoutent que la propagation de "fausses nouvelles" sur cette épidémie pousse les électeurs à éviter les bureaux de vote.

Avec AFP

 

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