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Le visa, "arme" de la Chine contre la presse

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Pékin (AFP)

Le pouvoir chinois utilise les visas de travail comme "une arme" contre les médias internationaux, accuse lundi le Club des correspondants étrangers en Chine (FCCC), qui dit redouter de nouvelles expulsions de journalistes.

Dans son rapport annuel sur la liberté de la presse, le club rappelle qu'un reporter a dû quitter la Chine en 2019 parce que son permis de travail n'avait pas été renouvelé.

Chun Han Wong, un Singapourien, a été ainsi de facto expulsé en août après avoir écrit un article sur un cousin du président Xi Jinping dans le quotidien américain Wall Street Journal (WSJ).

Trois autres journalistes du WSJ ont été expulsés la semaine dernière en représailles au titre d'un éditorial de ce quotidien des affaires qui a déplu à Pékin.

"Les autorités chinoises se servent des visas comme d'une arme contre la presse étrangère comme elles ne l'avaient jamais fait auparavant", dénonce l'association professionnelle.

Alors que la durée normale d'une carte de presse -qui fait office de permis de travail renouvelable chaque année- était habituellement d'un an, Pékin a délivré l'an dernier un nombre record de permis "tronqués", d'une durée de six, voire trois mois.

L'an dernier, au moins 12 journalistes ont reçu des cartes de presse d'une durée de six mois ou moins. Parmi les médias concernés : le New York Times, le Wall Street Journal, la BBC, le Telegraph, le Globe and Mail, Le Monde, le Sankei Shimbun et La Voix de l'Amérique.

Le club dit craindre que la Chine "ne se prépare à expulser d'autres journalistes : depuis le début de 2020, deux correspondants ont reçu des visas d'une durée d'un mois".

Depuis 2013, juste après l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, neuf journalistes étrangers ont été expulsés, soit à l'expiration de leur titre de travail, soit alors même qu'il était encore valable, selon l'étude, à laquelle ont répondu 114 journalistes membres du FCCC, sur un total de 186.

Parmi les résultats de l'enquête, 55% des journalistes étrangers ont affirmé que leurs conditions de travail s'étaient dégradées l'an dernier.

Pas moins de 82% d'entre eux ont assuré avoir été victimes d'ingérence, de harcèlement, voire de violences, de la part des autorités au cours de leurs reportages.

Et 70% ont dit avoir vu un entretien annulé avec un interlocuteur du fait d'une intervention du pouvoir.

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