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Bali prie contre le virus et pour le retour des touristes

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Denpasar (Indonésie) (AFP)

La fête hindouiste de Galungan à Bali marque la victoire du Bien sur le Mal, mais cette année un nouvel ennemi menace l'équilibre cosmique : le nouveau coronavirus.

Les fidèles qui ont afflué dans les temples de l'île des Dieux fin février pour faire des offrandes de fleurs et d'encens espèrent que l'île indonésienne pourra vite se relever de la baisse du nombre de visiteurs qui plombe son secteur touristique.

"Nous prions pour les bonnes choses de l'univers, que le virus parte vite et pour que le tourisme à Bali puisse rebondir", explique le prêtre Made Langgeng Buwana à l'AFP dans la capitale balinaise Denpasar.

Les Balinais apportent des offrandes dans des boîtes, les déposent sous des ombrelles, et font leurs dévotions en famille, tour à tour dans les temples privés puis dans les plus grands temples publics.

Un million environ de Chinois visitent l'île chaque année, le deuxième contingent de touristes après les Australiens, apportant des millions de dollars à l'économie locale.

Mais le flux de touristes chinois a été brutalement interrompu quand le nouveau coronavirus a émergé à Wuhan et paralysé plusieurs provinces chinoises au moment du Nouvel an lunaire.

- la faillite menace -

Les autorités indonésiennes ont interrompu toute liaison aérienne avec la Chine et l'absence des touristes chinois est un coup dur pour de nombreux restaurants, hôtels, guides touristiques et interprètes.

A Bali, certains établissements tournés vers la clientèle chinoise ont fermé et d'autres se disent au bord de la faillite.

L'industrie touristique de Bali a déjà encaissé des périodes difficiles, notamment après l'éruption du volcan Agung en 2018.

"Il y avait eu une chute mais pas aussi brutale", se rappelle Robin, un interprète indonésien de 29 ans qui travaille d'habitude comme guide auprès de Chinois aisés dans l'île.

Le gouvernement de la plus grande économie d'Asie du Sud-Est prépare des aides de quelque 700 millions de dollars pour relancer le tourisme et des responsables de Bali ont recruté des influenceurs pour attirer les visiteurs.

Le chef de l'agence du Tourisme de Bali Putu Astawa reconnaît que la perte de 100.000 touristes chinois par mois est douloureuse.

Mais les flux de touristes d'Australie, du Japon, d'Amérique du Nord et d'Europe résistent jusqu'à présent, dit-il.

Et il assure se soucier moins du virus que "des infox sur les médias sociaux qui portent atteinte à l'image de notre secteur touristique".

L'Indonésie a annoncé lundi avoir identifié deux premiers cas de porteurs du Covid-19 à Jakarta, et aucun n'a été confirmé à Bali pour l'instant.

Mais une étude du service de santé publique de l'université américaine Harvard avait mis en doute le mois dernier l'absence de cas de contamination par le nouveau coronavirus dans cet archipel de 260 millions d'habitants. Au vu de ses liens importants avec la Chine, les auteurs de l'étude estimaient que c'était statistiquement improbable.

- complexe déserté -

Au milieu des incertitudes, le complexe Dream Island, sur une plage du Sud de l'île, craint pour sa survie.

Destination privilégiée des touristes chinois qui venaient y prendre des photos de mariage, se faire masser dans des cabanes, dîner en regardant un spectacle ou faire des tours de chameau sur la plage, est déserté.

Les restaurants avoisinants sont vides, Dream Island a mis en congé la moitié de son personnel et pourrait faire faillite rapidement, se lamente son directeur Wayan Tirta.

"En ce moment, nous essayons d'attirer des étudiants locaux, parce qu'il n'y a plus de touristes". "On est gravement touchés par l'épidémie et on essaye juste de survivre", souligne-t-il.

Dans l'un des restaurant du complexe, La Baie des Sirènes, Arik et deux autres employés jouent sur leur smartphone à côté d'un couple de chameau qui se repose dans le sable.

"On n'a rien à faire. On espère vraiment que des clients vont venir", dit-elle.

A l'hôtel OYO 1992 China Town, orné d'idéogrammes chinois, c'est aussi la crise.

Cet établissement de Denpasar avait des dizaines d'employés qui offraient des massages à la clientèle chinoise. Mais cette manne s'est tarie.

"Avant le coronavirus on prévoyait de rajouter des lits de massage", observe le directeur de l'hôtel Vincent Fonda. "Mais finalement, il est probable que l'on mette la clé sous la porte".

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