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Les marchés applaudissent la Fed, Wall Street est sceptique

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Paris (AFP)

Après leur spectaculaire correction de la semaine dernière, les marchés boursiers ont applaudi mardi la baisse surprise des taux américains par la Fed pour contrecarrer les effets de l'épidémie de coronavirus sur la croissance, à l'exception de Wall Street, sceptique quant à son efficacité.

A 16H07 GMT, les Bourses européennes restaient enjouées à Paris (+2%), Francfort (+2,06%), Londres (1,94%), Madrid (+1,77%), Milan (+1,31%), Amsterdam (+2,69%) ou Bruxelles (+2,64%). En revanche Wall Street déchantait après s'être envolée au moment de l'annonce de la Fed: le Dow Jones cédait 2% et le Nasdaq 1,58%.

Les marchés, qui tablaient sur une baisse des taux à l'issue de la prochaine réunion du Comité monétaire de la Réserve fédérale américaine, les 17 et 18 mars, ont été surpris par la baisse des taux de 0,5 point de pourcentage annoncée mardi par la Banque centrale américaine.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a estimé derechef mardi que la Fed devait aller encore plus loin.

La baisse des taux de la Fed est "une très grosse surprise", commente auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France. "On ne pressentait pas l'imminence d'une action et là, la Fed a clairement surpris son monde de manière immédiate avec une grosse baisse de taux de 0,5 point de pourcentage: c'est la première fois de mémoire depuis 2008, juste après l'effondrement de Lehman Brothers."

"Le marché a été encouragé (dans la matinée) par les espoirs d'une action coordonnée de la part des nations de premier plan mais nous n'avons pas vraiment de coordination ni d'action", observe pour sa part Neil Wilson, analyste pour markets.com.

Les grands argentiers du G7, qui regroupe la plupart des plus riches Etats de la planète, se sont dits dans un communiqué "prêts à agir, y compris à prendre des mesures budgétaires si c'est approprié, pour (...) soutenir l'économie", mais sur le volet de politique monétaire aucun engagement commun n'a été pris: ils se contentent de "soutenir la stabilité des prix et la croissance économique tout en maintenant la résilience du système financier".

Or, pour les marchés, il est urgent de remettre la machine en route après que l'OCDE a prévu que la croissance mondiale ne devrait pas dépasser 2,4% cette année, et que l'économie planétaire pourrait même connaître une récession au premier trimestre à cause de l'épidémie de Covid-19, dont le bilan dépasse les 3.000 morts dans le monde.

- Scepticisme -

La baisse de taux américains décidée en urgence en 2008 "n'avait pas stoppé la baisse des marchés, c'était plutôt l'inverse, elle l'avait même accélérée car la baisse de taux actait une situation dangereuse", a rappelé M. Baradez.

Beaucoup estiment aussi qu'une baisse des taux n'aura qu'un effet limité sur une offre essoufflée par des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement à cause de l'activité au ralenti en Chine. Par conséquent, les marchés pourraient repartir à la baisse après un temps de réflexion.

"La panique est telle qu'il n'est même plus certain, à ce stade, qu'une baisse des taux de la Fed soit réellement en mesure de l'endiguer", affirme Christopher Dembik, responsable de la recherche économique à Saxo Banque, dans une note.

Mais "même si personne ne croit que les banques centrales peuvent résoudre la crise, elles peuvent aider les entreprises endettées à affronter la tempête et éviter un resserrement des conditions de financement", souligne M. Wilson.

Pour lui, "le vrai espoir réside dans une réponse budgétaire (...). Etant donné que les banques centrales n'ont plus beaucoup de munitions, particulièrement la BCE, il reste l'espoir que l'Allemagne fléchisse sa position budgétaire".

Première à franchir le Rubicon, la banque centrale australienne a annoncé mardi une baisse de son taux d'intérêt à 0,5%, contre 0,75%, son plus bas historique. La Banque du Japon et la Banque d'Angleterre se tiennent prêtes.

Quant à la Banque centrale européenne, elle a donné rendez-vous au marché le "12 mars", date de sa prochaine réunion, pour apporter d'éventuelles réponses aux risques que l'épidémie fait courir à l'économie.

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