Accéder au contenu principal

Maintenir les matchs ou pas : le football face au coronavirus

Des spectateurs près des barrières mises en place pour empêcher le contact entre les joueurs et les supporters au Parc des Princes à Paris, le 29 février avant le match de Ligue 1 PSG-Dijon.
Des spectateurs près des barrières mises en place pour empêcher le contact entre les joueurs et les supporters au Parc des Princes à Paris, le 29 février avant le match de Ligue 1 PSG-Dijon. © Franck Fife, AFP

Face à la propagation du virus, tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes dans des endroits confinés et certains événements sportifs ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre. Mais pour l'heure, le football a été relativement épargné.

Publicité

Les terrains de football semblent jusque là immunisés contre le coronavirus. Alors que le semi-marathon de Paris et tous les événements sportifs se déroulant dans des salles confinées de plus de 5 000 personnes ont été annulés, le football demeure à ce stade le grand oublié des préconisations sanitaires. C'est du moins ce que d'aucuns affirment sur les réseaux sociaux. "Annuler le semi-marathon de #Paris mais maintenir les matchs de football de Ligue 1, interdire les marchés mais laisser les grandes surfaces. Pour le gouvernement, le meilleur remède contre le #coronavirus c'est le fric !", s'est notamment désolé Julien Odoul, candidat Rassemblement national à la mairie de Sens, le 2 mars sur son compte Twitter.

Contactée par France 24, la Ligue de football professionnel (LFP) se défend de toute considération pécuniaire. "Nous suivons l'évolution de la situation jour après jour, heure par heure et sommes prêts à nous adapter. On discute des circonstances sanitaires avec les autorités locales. Puis, c'est au préfet que revient la décision finale de maintenir, annuler le match ou le jouer à huis clos."

"Au cas par cas"

C'est justement ce qu'a fait le préfet de l'Oise. La rencontre de Ligue 2 Chambly-Le Mans est pour l'heure la seule rencontre de football en France qui a fait l'objet d'un huis clos. Elle se jouera vendredi soir à Beauvais, dans le département le plus touché par le Covid-19. Les responsables avaient songé dans un premier temps déplacer cette rencontre dans un autre stade, comme celui de Charléty à Paris, avant que le préfet ne prenne la décision du huis clos.

Pour le reste, les rencontres de la 28e journée de Ligue 1 et de Ligue 2, devraient donc se dérouler normalement ce week-end. Tout comme les demi-finales de Coupe de France mercredi à Lyon et jeudi à Saint-Étienne. Idem concernant le Tournoi de France féminin, nouvel événement amical qui débute mercredi avec France-Canada et durera jusqu'au 10 mars entre Calais et Valenciennes. 

Il faut dire que ces rencontres sportives se jouent dans des stades à ciel ouvert et n'entrent pas dans le cadre des mesures imposant une annulation. "Aujourd'hui les matchs de football de Ligue 1 ne sont pas soumis à des restrictions particulières, a renchéri la ministre des Sports Roxana Maracineanu, mardi 3 mars, sur le coronavirus et ses conséquences sur le foot. Les spectateurs sont issus en grande majorité des territoires régionaux, où aucune mesure de restriction de circulation n'est appliquée". Mais "ce sujet va s'étudier au cas par cas avant chaque match avec les préfets", a expliqué Roxana Maracineanu, qui organisait dans la matinée une réunion avec des représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif.

Incertitude autour de la rencontre PSG-Dortmund

La ministre est cependant restée prudente concernant le 8e de finale retour de Ligue des champions entre le Paris SG et Dortmund, le 11 mars, affirmant qu'"a minima le match se tiendra" mais qu'un huis clos était une hypothèse. "La santé des joueurs et des spectateurs reste notre priorité", a rappelé de son côté Nathalie Boy de la Tour, la présidente de la Ligue de football professionnel. "Pour nous, c'est responsabilité et mesure. On prend nos responsabilités mais il faut aussi raison garder", a-t-elle déclaré. Un conseil d'administration est prévu mercredi matin à ce sujet pour faire un point sur la situation.

Pour l'heure, la Ligue professionnelle de football affirme s'être déjà adaptée au risque de coronavirus. L'instance a bouleversé, samedi, le dispositif qui précède les rencontres de L1 et de L2, en invitant joueurs, arbitres et autres acteurs à ne plus se serrer la main avant le coup d'envoi. "Nous allons poursuivre ce nouveau protocole, car nous avons un devoir d'exemplarité. Il n'y aura pas de serrages de mains, conformément aux recommandations du ministère de la Santé", a déclaré la dirigeante.

Au-delà de nos frontières, des règles plus strictes ont pourtant été mises en place. La fédération japonaise de football a reporté tous ses matches jusqu'au 15 mars. En Italie, le match d'Europa League entre l'Inter et Ludogorets qui se tient jeudi se disputera à huis clos. Mais ces règles drastiques s'appliquent dans des pays jusqu'à présent plus durement touchés que la France par le virus.

En Europe, la Suisse qui n'a récensé que 55 cas a pourtant décidé de suspendre le championnat de football jusqu'au 23 mars, une première en Europe depuis le début de l'épidémie de Covid-19.

"Annuler les matches, c'est ajouter à la panique"

Une telle décision qui n'est pas d'actualité en France. Pour le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, annuler les matchs reviendrait à "ajouter à la panique". Il préfère faire "confiance" aux autorités pour prendre des mesures. "Il y a beaucoup de cas, dont quelques uns malheureux. Mais ceci dit, annuler les matchs, c'est ajouter à la panique, je crois. Toutes les régions ne sont pas victimes d'une contamination importante", a lancé le dirigeant à Amsterdam, en marge du Congrès de l'UEFA auquel il participait mardi matin.

Restent les grandes compétitions internationales. Si la situation persiste, des questions sur le maintien d'importants rendez-vous sportifs pourraient se poser. Raison pour laquelle les grandes instances sportives, comme le Comité international olympique (CIO) ou l'UEFA, se sont réunies en comité exécutif lundi puis en congrès mardi à Amsterdam, pour s'interroger sur le maintien des compétitions sportives et sur les mesures de précaution à prendre. Officiellement, l'optimisme domine. L'UEFA a assuré mardi à l'AFP qu'il "n'est pas nécessaire de modifier quoi que ce soit dans le calendrier prévu" pour l'Euro. Mais la compétition doit débuter le 12 juin en Italie, pays européen le plus touché par le virus, avec plus de 2 500 cas positifs et 79 décès, selon un dernier bilan mardi soir.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.