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Retraites: le gouvernement face à deux motions de censure et de nouvelles mobilisations

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Paris (AFP)

Une sur sa droite, une sur sa gauche: le gouvernement affronte mardi deux motions de censure des oppositions très remontées après le recours à l'arme du 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, et de nouvelles manifestations.

Après 13 jours d'un parcours hors norme à l'Assemblée en première lecture pour cette réforme emblématique visant à créer un système "universel" par points, Edouard Philippe a signé samedi la fin de la partie avec le recours surprise à cet arme constitutionnelle permettant de faire adopter le texte sans vote.

Aussitôt, LR et les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - ont déposé des motions, qui seront débattues jusque tard dans la soirée après une séance de questions au gouvernement qui s'annonce animée.

Dans le même temps, les organisations syndicales, mobilisées depuis le 5 décembre contre le projet, ont appelé à manifester partout en France contre ce "passage en force", alors que dès lundi soir, quelques milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille et Montpellier.

A l'Assemblée, les motions feront l'objet d'une discussion commune lancée par Damien Abad (LR) et André Chassaigne (PCF). Suivront les autres chefs de file des groupes politiques.

Avant les votes sur chacune dans la soirée, c'est le Premier ministre qui donnera la réplique. Il avait expliqué samedi vouloir mettre un terme à un "non débat", la majorité taclant depuis des jours "l'obstruction" revendiquée de la gauche radicale à coups de milliers d'amendements.

Même si le 49-3 est inédit pour lui, ce n'est pas la première fois qu'Edouard Philippe se prête à l'exercice de la censure: il avait fait face à une motion de gauche dans le cadre de la crise des "gilets jaunes" fin 2018 (70 voix pour) et des motions de droite (143 voix) et de gauche (74) à la suite de l'affaire Benalla.

L'adoption est encore très improbable cette fois: ni LR avec 104 députés, ni la gauche avec 63 élus, ne peuvent rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement, encore fort de plus de 340 élus. Les élus RN non-inscrits, prêts à voter les deux motions, ne changeront pas la donne.

- "Match nul" -

La droite compte défendre "une motion de propositions" plus que "d'obstruction", afin de présenter son contre-projet, selon Damien Abad.

La gauche entend, elle, s'en prendre à "un gouvernement qui piétine la procédure parlementaire".

Le débat se déroule dans un climat déjà tendu pour l'exécutif, entre coronavirus et élections municipales. Et en interne, la majorité, qui a découvert quasi en direct le recours au 49-3, est aussi confrontée à un enjeu de cohésion, sur fond de départs au compte-goutte depuis le début du quinquennat. Deux nouveaux départs ont été annoncés lundi par Hubert Julien-Laferrière (Rhône) et Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-provence) en raison notamment du 49-3, le premier restant toutefois "apparenté" au groupe majoritaire.

Et l'histoire ne s'arrête pas là pour les députés: ils ont encore au menu à partir de mercredi le projet de loi organique, objet de 1.800 amendements. Les oppositions ne lâcheront rien et les députés siègeront à nouveau le week-end.

Roland Lescure (LREM) observe que "le risque existe" d'un nouveau blocage. "On peut dire que sur le 49-3 on a fait match nul", les Français n'étant "pas dupes" face à l'"obstruction manifeste des Insoumis", cette fois "la balle est dans leur camp", dit-il à l'AFP.

L'ensemble du projet poursuivra ensuite son parcours au Sénat, à majorité de droite, en avril. Le 49-3 ne peut y être utilisé.

Il reviendra ensuite à l'Assemblée, le gouvernement visant toujours une adoption définitive à l'été, avec entre temps les conclusions de la "conférence de financement" attendues d'ici fin avril.

Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, veut croire que "le pays est disponible pour l'action" et a dénoncé des "pulsions totalitaires" de la Macronie. Pour lui, l'"objectif reste le retrait de ce texte".

Alors que depuis samedi des manifestations de colère ont éclaté, avec plusieurs permanences et locaux de campagne ciblés, dont ceux du Premier ministre au Havre, il ne faut "surtout aucune violence", a-t-il plaidé.

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