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Aurélie Valognes, la discrète romancière aux millions de lecteurs

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Paris (AFP)

Son nom est moins familier que celui de Guillaume Musso ou Marc Levy pourtant Aurélie Valognes qui publie mercredi "Né sous une bonne étoile", son sixième roman, fait partie du club très restreint des auteurs francophones comptant des millions de lecteurs.

Depuis trois ans, la romancière est constamment dans le Top 5 des auteurs les plus lus de France.

Publié par Mazarine/Fayard, "Né sous une bonne étoile" bénéficie d'un tirage de 120.000 exemplaires. Son précédent best-seller, "La cerise sur le gâteau", publié l'an dernier, sort simultanément mercredi au Livre de Poche.

A la fin de chacun de ses romans, l'écrivaine qui vit en Bretagne aux côtés de son mari et de leurs deux jeunes enfants, tient à s'adresser directement à ses lecteurs. Il y a une forme de naïveté touchante et une sincérité bouleversante dans les confidences et remerciements qu'elle distille ainsi.

Loin de l'écrivain dans sa tour d'ivoire, la romancière n'hésite pas à dévoiler dans ses livres son adresse mail pour dialoguer avec ses lecteurs.

"Je n'ai jamais été choisie par un éditeur. Je n'ai jamais été poussée par les médias. Je dois tout aux lecteurs", insiste la jeune femme rencontrée à Paris par un journaliste de l'AFP.

Issue d'une famille modeste, son père était ouvrier, sa mère assistante scolaire en classe maternelle en banlieue parisienne, la romancière affirme: "l'école républicaine a sauvé ma vie". Son dernier livre peut se lire comme un hommage au monde enseignant.

Si elle rêvait de devenir écrivain ("Quand je serai grande, je serai écrivain", a-t-elle promis à sa grand-mère à l'âge de 6 ans), elle a d'abord été cadre commercial dans plusieurs multinationales.

Le déclic viendra à l'occasion d'une mutation professionnelle de son mari à Milan dans le nord de l'Italie.

"C'était une période compliquée à titre personnel", confie la jeune femme. Tout juste mère d'un petit garçon, elle souffre d'un sévère "baby blues". Une cousine de son âge dont elle était très proche succombe à un cancer du sein.

- "J'avais trop peur" -

La jeune femme est hantée chaque nuit par un "cauchemar récurrent". "Je voyais ma tombe avec l'inscription +Aurélie Valognes, écrivain+".

Écrire un roman avant de mourir devient son obsession. Elle fait des recherches sur internet, tombe sur l'atelier d'écriture de Bernard Werber ("Les fourmis") et, en élève studieuse, suit ses conseils à la lettre.

"Et ça a marché. Au bout de quatre mois j'avais écrit +Mémé dans les orties+", premier roman et premier best-seller.

"J'avais trop peur de l'envoyer à des maisons d'édition", précise l'écrivaine qui choisit de publier son roman sur la plateforme d'autoédition d'Amazon.

"Mémé dans les orties" va rester pendant six mois numéro un sur la plateforme du géant américain. La jeune autrice prend enfin confiance en elle. Elle envoie son texte à des maisons d'édition. Michel Lafon publie en 2015 le livre qui dépassera vite le million d'exemplaires en poche.

Suivront "En voiture Simone!", "Minute papillon!", "Au petit bonheur la chance!" et "La cerise sur le gâteau" (tous au Livre de Poche).

L'écriture d'Aurélie Valognes est simple. Ses chapitres, tous affublés d'une expression populaire, sont courts. On sourit souvent et soudain on se surprend à être ému aux larmes.

Comme ses titres précédents, "Né sous une bonne étoile" se termine bien mais est-ce pour autant un "feel good book", un de ces bouquins qui font du bien, aussi vite lu qu'oublié?

Pas si sûr. Aurélie Valognes, qui n'oublie pas d'où elle vient, profite de son intrigue pour raconter de façon subtile les difficultés du quotidien dans les cités de banlieue, de la violence sociale, du harcèlement subi notamment par les jeunes filles... Au fil de ses romans, elle a su parler à ses millions de lecteurs de la solitude des personnes âgées ou de la dégradation de l'environnement.

Elle espère que ses livres puissent avoir "un écho", peut-être "changer un peu le comportement d'une personne sur cent".

A la suite de l'affaire Matzneff, la romancière discrète et populaire a signé une tribune intitulée "nous ne serons plus celles qui encaissent" pour dénoncer le harcèlement et les agressions sexuelles dans le milieu littéraire.

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