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Jean-Louis Murat, soleil d'Auvergne et nuit américaine

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Paris (AFP)

C'est un de ses plus beaux albums, éclairé d'un groove made in USA qu'il aime tant: Jean-Louis Murat fait rimer solitaire avec solaire dans "Baby Love", à paraître vendredi.

Que montrait sa boussole en entrant en studio avec son complice Denis Clavaizolle ? "L'idée c'était: on travaille sur la forme, on est en 1985. L'année où il fallait que je cravache, que j'enregistre rapidement une K7 et monte à Paris en stop pour tenter de séduire une maison de disques". "Ce sont des petits présupposés, bien à poser", raconte l'Auvergnat de sa voix douce à l'AFP.

Puis il a fallu libérer les paroles. "Une partie de ce que je disais, c'est assez douloureux, alors on ne s'attarde pas, je ne suis pas maso quand même (sourires). Tout est vrai mais tout est codé chez moi. Je raconte jusqu'au plus infini détail toute ma vie sentimentale, comme depuis le début de ma carrière".

- "Liberté et générosité" -

Il balance ici entre naissance du sentiment amoureux et clap de fin, qui hante le titre "Montboudif", nom d'une commune du Cantal connue pour avoir vu naître Georges Pompidou. "J'habite à Douharesse (en Auvergne), c'est plus difficile à mettre en bouche (sourires). Mais ça y ressemble. Montboudif, c'est le bout du bout. Le désamour passe par le divorce sur le lieu. T'as pas de réseau, faut casser le bois, tout ça. C'est le début de la fin si un des deux ne s'est jamais posé la question et l'autre se dit +pourquoi habiter ici?+".

"Je suis seul dans une ferme, comme tous les paysans du coin, les gonzesses ne restent pas", souffle-t-il, sans s'apitoyer, "c'est d'un commun".

Et "Baby Love" ne verse jamais dans la déprime. "Ça fait extrêmement plaisir de le retrouver avec cette légèreté, avec cet œil qui n'avait pas pétillé comme ça depuis longtemps, même s'il garde son côté grinçant", commente pour l'AFP Antoine Dabrowski, directeur d'antenne de Tsugi Radio, webradio du magazine éponyme. "Il y a des tubes en puissance, comme +Réparer la maison+".

Frédéric Lo (coauteur avec Bill Pritchard du majestueux "Rendez-vous streets" sorti en novembre) aime lui "la liberté et la générosité" de Murat, qu'il a vu au théâtre parisien de La Madeleine en décembre. "Il impose le respect, ce serait bien qu'il connaisse à nouveau la consécration avec cet album, ça le récompenserait", espère le compositeur auprès de l'AFP.

- "Des vertes et des pas mûres" -

On entend sur ce disque la musique américaine qu'aime à conter Murat, comme cette "soul et ce rythm'n'blues, des années 1966 à 1972". "Ce qu'il y a essentiellement sur mon téléphone: la Stax, les prémices de ce pourrait devenir le funk, les mélodies, les musiciens sont forts, les débuts de la technologie, une insouciance, encore, portée par les années 1960", poursuit-il, passionné.

Comme quand il parle de ses guitares. "Je suis assez affectueux, un peu +bébête+, là je suis tombé sur une guitare et je lui ai fait la promesse de faire tout l'album avec elle, ce que j'ai fait". A La Madeleine, il jouait sur une douze cordes, autre nouvelle venue, pour la scène. "Ça marche ou ça ne marche pas, ça va plus vite qu'avec une nana (sourires) et ça a marché".

"On sentait que ça lui amenait un plaisir nouveau, c'est toujours bienvenu", a d'ailleurs ressenti dans la salle Frédéric Lo.

"La musique est dans les guitares, il y a 200-300 chansons dans chaque guitare, quand je m'en sépare, il ne reste plus rien dedans", insiste Murat. Et que deviennent les "ex"? "Dans une pièce, il y en a une quarantaine, elles se racontent des histoires, comment elles ont été délaissées, +j'ai pas su lui plaire+ (rires). Elles doivent en dire des vertes et des pas mûres sur moi".

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