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XV de France: "Je dois me conduire en patron", clame Ntamack

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Marcoussis (France) (AFP)

Il n'a que 20 ans et 15 sélections mais Romain Ntamack s'est imposé comme un des leaders du XV de France. L'ouvreur assume d'ailleurs son statut: "Je dois me conduire un peu en patron", a confié le Toulousain à l'AFP, avant le match en Ecosse dimanche.

Q: Vous allez affronter l'Ecosse, c'est un bon souvenir pour vous.

R: "Je me rappelle bien du match de l'année dernière. C'était ma première titularisation à l'ouverture en Bleu, j'avais marqué mon premier essai... C'est un bon souvenir (victoire 27-10, NDLR). On avait fait un bon match. Surtout que, juste avant, on avait chargé contre l'Angleterre (défaite 44-8). Il fallait qu'on remette les points sur les i. On avait fait un bon match, le Stade de France était plein, j'avais eu de bonnes sensations. C'est un très bon souvenir mais, la dernière fois qu'on a joué les Ecossais, on a perdu en préparation (17-14 en août 2019) donc on a encore ce match en tête. On va s'en servir pour travailler et essayer de savoir à quoi s'attendre."

Q: Qu'est-ce qui a changé depuis ce dernier match?

R: "Peut-être l'insouciance du résultat. Quand je suis arrivé en équipe de France, la plupart des joueurs étaient dans une période un peu sombre, un peu en manque de confiance... La qualité et les joueurs étaient là, il y avait un potentiel énorme. Mais à force d'avoir de mauvais résultats, de passer tout près de la victoire, il y avait un manque de confiance dans l'équipe. Depuis la Coupe du monde, je sens que tout se remet à zéro. Depuis l'arrivée d'un nouveau staff et le début du Six nations avec un renouvellement de génération, on sent énormément d'insouciance. Personne ne s'inquiète du résultat, qu'il soit bon ou mauvais. Tout le monde joue avec le sourire et prend énormément de plaisir."

Q: Vous n'avez que 20 ans mais vous êtes déjà un des patrons des Bleus...

R: "J'ai 20 ans mais je commence à avoir un peu d'expérience en Bleu: j'ai quinze sélections et je sais que je dois me conduire un peu en patron, parce que le poste le veut et que les joueurs attendent de la charnière, que ce soit Antoine Dupont ou moi, de prendre des décisions et d'être des patrons. On n'a pas vraiment le choix, le poste nous oblige à avoir cette mentalité-là. Les autres s'en fichent qu'on ait 20-23 ans, ils nous demandent juste de jouer comme on sait faire, de les guider pour faire de beaux matches."

Q: Justement, quelle est votre relation avec Antoine Dupont? Vous partagez votre chambre à Marcoussis?

R: "Si on partageait la chambre, on finirait par se taper dessus (rires)! On a une très bonne relation, on s'entend très bien, on est très potes. C'est important d'avoir une bonne relation en dehors du terrain pour s'entendre dessus. On discute beaucoup pour savoir comment on va gérer les choses. On a une bonne entente, une bonne communication. Il faut que ça continue. On commence à avoir quelques matches ensemble et c'est important pour avoir des repères et savoir comment l'autre fonctionne. On est coéquipiers en club, ça nous permet d'avoir des repères plus rapidement en équipe de France. J'espère que, au club, j'aurai plus l'occasion de jouer en dix avec Antoine à la mêlée pour améliorer encore ces repères."

Q: Vous ressentez l'engouement qui se crée autour de cette équipe?

R: "Evidemment qu'on le sent. On le ressentait déjà avant de commencer le Tournoi. Après ce premier match contre l'Angleterre, de voir un Stade de France plein à craquer, en ayant en plus gagné, on a vraiment senti une vague positive. Au fur et à mesure des résultats, tout le monde commençait à pousser derrière nous et on s'en est vraiment rendu compte au Millennium (à Cardiff): on s'attendait à un bruit assourdissant et, au final, on a entendu énormément les supporters français, pendant la Marseillaise mais aussi pendant le match. Forcément, on lit tous les journaux, on lit les messages sur les réseaux, on sent les gens derrière nous."

Q: Quelle est l'influence de votre père Emile Ntamack, ancien international (46 sélections)?

R: "A chaque match, même les peu médiatisés, il est toujours là à m'écrire un message ou m'appeler quelques minutes pour me souhaiter bon match, pour essayer de me rassurer... Avant le match du pays de Galles, il est venu une dizaine de minutes à l'hôtel pour discuter, voir comment j'allais, comment le groupe allait aussi. Il me parle toujours avant les matches et, la plupart du temps, il me dit de me régaler, de m'éclater et de faire comme je sais faire. J'attends toujours son message, c'est une routine qui s'est installée depuis quelques années."

Q: Il a été deux fois meilleur marqueur du Tournoi (1996, 1999). Vous êtes le meilleur marqueur de l'édition 2020. C'est un objectif?

R: "Il me pousse à faire mieux que lui! Il n'a qu'une envie, c'est que je le dépasse partout. Mais c'est pas quelque chose qui m'anime plus que ça. Je ne savais même pas que j'étais meilleur marqueur. J'ai vu ça, par hasard, après le pays de Galles. Mais ça fait plaisir. Ca montre aussi que l'équipe de France marche bien et qu'on a une bonne équipe. C'est le travail collectif qui est récompensé. Et si je reste meilleur marqueur jusqu'à la fin, c'est bon signe!"

Propos recueillis par Illtud DAFYDD, Olivier LEVRAULT et Nicholas Mc ANALLY

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