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Au procès Fillon, les témoignages surprise de la défense

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Paris (AFP)

Trente-quatre attestations pour tenter de renverser la vapeur: les avocats de François Fillon et de son épouse Penelope ont dégainé jeudi des témoignages écrits visant à démontrer la réalité du travail d'assistante parlementaire de Mme Fillon, qualifié de fictif par l'accusation.

Les avocats du couple, qui avaient obtenu du tribunal correctionnel une matinée supplémentaire pour interroger leurs clients, ont souhaité verser aux débats ces témoignages récents, qui ne figurent pas au dossier.

"La plupart sont des personnes qui, à l'approche du procès, se sont proposées", assure l'ancien Premier ministre.

Ces témoignages sont distincts des dizaines de pièces de la défense balayées par les enquêteurs, dont l'évocation lundi dernier s'était révélée plutôt douloureuse pour les Fillon.

"Il est trop facile" de les brandir "aujourd'hui en fin de parcours", s'offusquent les procureurs, qui estiment que l'on "peut discuter de la régularité" de ces attestations.

Pour les représentants du parquet national financier (PNF), les avocats du couple Fillon "avaient tout le temps" de demander l'audition de ces personnes par les juges d'instruction, ce qu'ils n'ont pas fait sciemment.

Il était inutile de soumettre ces témoignages à décharge aux enquêteurs, réplique M. Fillon, dénonçant à nouveau les "biais" de l'enquête. L'ancien candidat de la droite à la présidentielle 2017, dont la campagne avait été atomisée par cette affaire, s'emporte: "Cette enquête à charge restera dans les annales comme l'exemple d'un dysfonctionnement judiciaire".

"Vous avez eu les fuites" judiciaires pendant l'enquête, "nous avons la stratégie !", lance au parquet l'un des avocats de François Fillon, Antonin Lévy.

La défense considère que ces témoignages apportent la preuve d'un travail tangible de Penelope Fillon comme assistante parlementaire, dans trois domaines: ses activités de représentation du député Fillon, sa gestion du courrier et la réception des administrés dans leur manoir.

- Vie privée, vie publique -

Ainsi tel commerçant assure avoir "toujours eu affaire à Penelope Fillon pour solliciter François Fillon", tel élu atteste avoir "fréquemment" vu Mme Fillon, seule ou avec son mari, à des manifestations ou des banquets...

Au détour des témoignages, qui émanent aussi bien de l'ancien maire de Sablé-sur-Sarthe que du "PDG de la Société Moules et Outillages", l'on apprend aussi que "Mme Fillon s'est personnellement déplacée au sein de la SARL +Le fournil+" pour traiter la demande d'un administré ou qu'elle a géré une requête concernant une maison de retraite.

Après chaque lecture, Joris Monin de Flaugergues, autre avocat de M. Fillon, demande à Penelope Fillon si les faits relatés correspondent bien à son rôle. La Galloise acquiesce: "Oui, oui", "sa vision est exacte"...

Certains de ces témoignages interpellent la présidente, Nathalie Gavarino: ainsi ces agriculteurs qui expliquent que Mme Fillon "organisait l'agenda" de son mari, alors que personne n'était au courant de son statut de collaboratrice parlementaire puisque les Fillon avaient décidé de ne pas le mettre en avant.

"Comment pouvaient-ils savoir ça ?, demande la présidente

- Dans le canton, les gens savaient que j'intervenais", assure Penelope Fillon.

Inlassablement, les débats achoppent sur la question centrale du procès: ces activités méritaient-elles une rémunération dans le cadre d'un contrat d'assistant parlementaire ?

La réponse ne va pas de soi, d'autant que tout se mélange: les invitations en tant qu'"épouse de", l'aide au Fillon, ministre, ou le transfert du courrier du député... Sans compter que Mme Fillon explique avoir poursuivi ces activités "discrètes" et "immatérielles" lorsqu'elle n'était pas sous contrat d'assistante parlementaire.

Chacun campe donc sur ses positions, l'accusation considérant que les activités de Mme Fillon relèvent du "rôle social" d'un conjoint de parlementaire et donc qu'elle a été rémunérée pour des prestations "fictives ou surévaluées", la défense que cette notion de "rôle social" est un non-sens sexiste.

"Il y a une confusion entre la vie sociale, la vie politique de François Fillon et la vie professionnelle" alléguée, résume le procureur Bruno Nataf. En politique, "c'est impossible de séparer la vie privée de la vie publique", rétorque François Fillon.

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